Affichage des articles dont le libellé est Marcel Durupthy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Marcel Durupthy. Afficher tous les articles

mercredi 3 octobre 2012

Papa



Notre Papa est un héros, un homme de conviction, un homme d’action. Notre Papa est un battant et un grand sensible. On n’a qu’un seul Papa. Nous voulons parler de lui au présent.

Notre Papa est un héros. C’est comme cela qu’on le voyait, quand on était petits. Il est Ulysse bravant les éléments, il a tant de cicatrices, comme les chevaliers anciens, il est Roland à Roncevaux et, bien plus fort que le Musclor de la télé de notre enfance, il soulève les bottes de foin comme des fétus, et d’une seule main, nous prenait dans ses bras puissants.

Notre Papa est un homme de conviction. Il est fort de belles valeurs : le partage, la générosité, le souci de ne jamais laisser quelqu’un sur le bord du chemin. Il croit qu’on est plus fort quand on est uni, il croit en la collectivité. Il est aussi un homme d’utopie et de projets. C’est un visionnaire. C’est un homme de gauche, la Confédération Paysanne fait de lui un syndicaliste, il s’engage. C’est un homme de partage : il donne de son temps pour l’agriculture : la CBS, l’UPRA, la Fédération des Races de l’Arc Alpin, la COPELSA, l’UCEAR...des présidences dont il est fier et il le peut : il a fait avancer l’agriculture savoyarde, il l’a promue en France et dans le monde entier.

Notre Père est un homme d’action. Les convictions ne sont rien, si elles ne se concrétisent pas : il a toujours mis en pratique les valeurs auxquelles il croyait. A la création du GAEC, on lui dit que ça ne marchera jamais, que les kolkhozes n’existent plus, que les communautés du Larzac, ce n’est pas pour chez nous. Il insiste, il fonce, il croit en son projet. Grâce à cela, aujourd’hui, plusieurs familles vivent et travaillent à Saint Pierre et les terres sont entretenues. Quand il a décidé de passer en bio, on lui a dit que ça ne marcherait jamais. Que c’était un truc de bobo, ou un truc de baba. C’était en 1993. Aujourd’hui, personne ne remet en cause le bien fondé de l’arrêt des pesticides et des désherbants. Quand il a décidé de faire des colis de viande, on lui dit qu’il n’est pas boucher, on ne comprend pas l’intérêt d’une production de qualité et de proximité. C’est maintenant plus que jamais dans l’air du temps.

Notre Papa est un grand sensible et un battant. Il aime plus que tout les fêtes de famille, il aime avoir du monde autour de lui. Il aime retrouver les amis autour d’un verre, d’une pétanque, d’un bon repas. Il met l’humain en premier et au cœur de toute chose. Papa, ce que tu nous a appris, ce que tu nous a transmis, c’est cela et c’est tellement plus encore. Le respect, l’ouverture d’esprit, l’humour, se réveiller chaque jour avec un rêve, avec un projet et puis parler de ceux qu’on aime avec des larmes dans les yeux :
-   Les associés du GAEC, tous différents, si complémentaires, Dédé, le co-fondateur, avec qui l’aventure a commencé, Christian qui a dû arrêter bien trop tôt, Maurice, Pierrot et Jean-Noël, son fils, là depuis le début, Jacky et Thierry, lui aussi parti bien trop tôt...mais aussi les petits nouveaux, et tous ceux qui sont passés sans forcément rester, mais en laissant toujours un souvenir précis.
-   Les associés de la vie professionnelle, Alain, Nicole, les copains de la Conf, les éleveurs de Tarine de partout en France et d’ailleurs, 
-   Les associés de la vie à Saint Pierre, les amis de toujours et les amis plus récents, avec qui il jouait à la pétanque et tous ceux pour qui il cuisinait, une fois par mois.
-   Et puis la famille, bien sûr, Jo’ l’amour de sa vie, nouant une complicité et une union sans faille et dont il est si fier. Laurent, son digne successeur, qu’il a sans cesse conseillé et soutenu et Florence qu’il a accueilli comme une fille. Céline, avec qui il partageait les discussions de politiques, enflammées, passionnées. Merci à lui d’avoir accueilli son amie. Avec ses frères, il adorait aussi débattre et parler fort...Et ses belles-sœurs tempéraient tout ça...Et puis les neveux et les nièces, qu’il aime comme ses enfants, fier de la réussite de chacun.

Tu nous aimais tous.

Tes beaux yeux bleus si volontaires et déterminés vont nous manquer : tu voyais si loin et tu avais toujours un temps d’avance. Tu occupais une place tellement grande que le vide va être immense. Mais tu continueras de nous guider car tu nous as donné une philosophie et tu as tracé le sillon qu’il faut continuer de creuser...