Notre
Papa est un héros, un homme de conviction, un homme d’action. Notre Papa est un
battant et un grand sensible. On n’a qu’un seul Papa. Nous voulons parler de
lui au présent.
Notre
Papa est un héros. C’est comme cela qu’on le voyait,
quand on était petits. Il est Ulysse bravant les éléments, il a tant de
cicatrices, comme les chevaliers anciens, il est Roland à Roncevaux et, bien
plus fort que le Musclor de la télé de notre enfance, il soulève les bottes de
foin comme des fétus, et d’une seule main, nous prenait dans ses bras
puissants.
Notre
Papa est un homme de conviction. Il est fort de
belles valeurs : le partage, la générosité, le souci de ne jamais laisser
quelqu’un sur le bord du chemin. Il croit qu’on est plus fort quand on est uni,
il croit en la collectivité. Il est aussi un homme d’utopie et de projets.
C’est un visionnaire. C’est un homme de gauche, la Confédération Paysanne
fait de lui un syndicaliste, il s’engage. C’est un homme de partage : il donne
de son temps pour l’agriculture : la
CBS, l’UPRA, la
Fédération des Races de l’Arc Alpin, la COPELSA, l’UCEAR...des
présidences dont il est fier et il le peut : il a fait avancer l’agriculture
savoyarde, il l’a promue en France et dans le monde entier.
Notre
Père est un homme d’action. Les convictions
ne sont rien, si elles ne se concrétisent pas : il a toujours mis en pratique
les valeurs auxquelles il croyait. A la création du GAEC, on lui dit que ça ne
marchera jamais, que les kolkhozes n’existent plus, que les communautés du
Larzac, ce n’est pas pour chez nous. Il insiste, il fonce, il croit en son
projet. Grâce à cela, aujourd’hui, plusieurs familles vivent et travaillent à
Saint Pierre et les terres sont entretenues. Quand il a décidé de passer en
bio, on lui a dit que ça ne marcherait jamais. Que c’était un truc de bobo, ou
un truc de baba. C’était en 1993. Aujourd’hui, personne ne remet en cause le
bien fondé de l’arrêt des pesticides et des désherbants. Quand il a décidé de
faire des colis de viande, on lui dit qu’il n’est pas boucher, on ne comprend
pas l’intérêt d’une production de qualité et de proximité. C’est maintenant
plus que jamais dans l’air du temps.
Notre
Papa est un grand sensible et un battant. Il aime
plus que tout les fêtes de famille, il aime avoir du monde autour de lui. Il
aime retrouver les amis autour d’un verre, d’une pétanque, d’un bon repas. Il
met l’humain en premier et au cœur de toute chose. Papa, ce que tu nous a
appris, ce que tu nous a transmis, c’est cela et c’est tellement plus encore.
Le respect, l’ouverture d’esprit, l’humour, se réveiller chaque jour avec un
rêve, avec un projet et puis parler de ceux qu’on aime avec des larmes dans les
yeux :
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Les associés du GAEC, tous
différents, si complémentaires, Dédé, le co-fondateur, avec qui l’aventure a commencé,
Christian qui a dû arrêter bien trop tôt, Maurice, Pierrot et Jean-Noël, son
fils, là depuis le début, Jacky et Thierry, lui aussi parti bien trop
tôt...mais aussi les petits nouveaux, et tous ceux qui sont passés sans
forcément rester, mais en laissant toujours un souvenir précis.
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Les associés de la vie
professionnelle, Alain, Nicole, les copains de la Conf, les éleveurs de Tarine
de partout en France et d’ailleurs,
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Les associés de la vie à Saint
Pierre, les amis de toujours et les amis plus récents, avec qui il jouait à la
pétanque et tous ceux pour qui il cuisinait, une fois par mois.
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Et puis la famille, bien sûr, Jo’
l’amour de sa vie, nouant une complicité et une union sans faille et dont il
est si fier. Laurent, son digne successeur, qu’il a sans cesse conseillé et
soutenu et Florence qu’il a accueilli comme une fille. Céline, avec qui il
partageait les discussions de politiques, enflammées, passionnées. Merci à lui
d’avoir accueilli son amie. Avec ses frères, il adorait aussi débattre et parler
fort...Et ses belles-sœurs tempéraient tout ça...Et puis les neveux et les
nièces, qu’il aime comme ses enfants, fier de la réussite de chacun.
Tu
nous aimais tous.