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mercredi 4 juin 2025

La musique des mots


Ecrire, c'est souvent être obsédé par une musique, par un rythme et par une mélodie. On a dans la tête des ritournelles sans parole, d'abord. Des alexandrins pompeux ou de petits octosyllabes si vifs qu'on a presque envie de danser. 

Les mots viennent parfois comme une évidence sur ces petites rengaines. Selon ce qu'on veut écrire, on sait si la musique sera lente et solennelle, ou enjouée, nerveuse, sautillante. On sait si ce sera une valse ou un blues, une symphonie ou un tango. Et les mots s'invitent. Ils se glissent sous les doigts, comme sur les touches d'un piano. 

Je ne sais pas encore quelle sera la tonalité du prochain roman que je veux écrire. Il sera plus sombre, je crois, mais il y a toujours plusieurs mouvements dans une symphonie. 

J'ai quelques pages, un début. Je crois que ça commence un peu comme la Gnossienne n°1 de Satie. Ou comme Pyramid Song de Radio Head. C'est mystérieux et surréaliste. Des accords mineurs. On ne sait pas où on est, ni avec qui. La réalité se dévoile lentement, mais on accroche à la mélodie, on a envie de l'entendre encore. De la chantonner. 

Je voudrais que la suite se développe avec le soutien d'un orchestre à mille cordes. J'aimerais que ce texte prenne son envol et me dépasse, me déborde. J'ai envie d'écrire quelque chose d'épique et de plus grand que moi. Et quelque chose qui ressemble à une chanson pop.

Je ne sais pas encore ce que ce sera. Au début, il n'y aura rien. Rien que quelques notes de piano, entêtantes. Et puis cela grandira. Et au bout, il y aura du bleu, l'immensité du ciel. 





mercredi 16 avril 2025

Ecoute ! Khruangbin, ça te fera décoller !

Khruangbin, ça veut dire avion, en thaïlandais. Pour un groupe de musique, ça peut sembler étonnant de choisir un nom aussi imprononçable. C'est pourtant ce qu'à fait ce groupe texan incroyable. 

C'est grâce à mon cousin Sylvain, qui voyage beaucoup, qui change souvent de pays, que j'ai découvert cette musique envoutante. Planante comme un avion ou comme un pad thaï...Ah...la coriandre et le citron vert...

En fait, il faut que je vous l'avoue, avant d'écrire cet article, je n'avais absolument aucune idée de la signification du mot Khruangbin et je ne savais pas plus d'où étaient originaires les membres du groupe. 

Quand on écoute cette musique, envoutante, cool, chaude, aux basses tendres et profondes, aux notes de guitare épicées, on ne sait pas vraiment si l'on est en Afrique, en Asie, sur la côte californienne ou sous emprise d'une dose considérable d'extasie. 

Vous connaissez peut-être le tube Texas Sun, qui nous indique la provenance de ce groupe. Ne vous arrêtez surtout pas à cela. Quand on pense au Texas, on pense à Trump, à ces états d'Amérique rétrogrades, réactionnaires, on pense aux ségrégationnistes, aux manifs anti avortement, aux fanas des fusils à pompe...

On ne pense pas à cette musique qui mêle guitare africaine, rythmes afrocubains, influences brésilienne ou moyennes-orientales. 

Si, dans la théorie sociologique du Anywhere et du Somewhere, il fallait classer ce groupe, ce serait clairement dans la catégorie Anywhere qu'il faudrait le placer. C'est-à-dire parmi les gens qui se sentent chez eux partout, dans le monde entier. Parmi les oiseaux de passage, parmi les mondialistes, les anti murs, les anti barbelés, les anti frontières. 

La musique permet cela, parce que c'est un langage universel. Sauf peut-être pour le yoddle, toutefois. 

Bref, je ne peux que vous conseiller d'écouter le dernier album de ce groupe extraordinaire : A la sala

 


dimanche 22 novembre 2020

On garde le moral !


Je n'ai pas à me plaindre, je suis d'une nature optipessimiste...ou pessoptimiste, si vous préférez. Je m'explique : je suis du genre à me dire que puisque tout va mal et que ça va aller en empirant, nous n'avons pas d'autre choix que de voir le bon côté des choses. 

Je ne vais pas vous refaire le coup des petits plaisirs de la vie, quoi que le confit de canard et ses légumes d'automne, suivi d'une tarte aux pommes, ce midi, ça valaient le coup de fourchette.

Je ne vais pas vous refaire le coup des lectures revigorantes, bien que je vous conseille la lecture du 1 de cette semaine : "Comment ne pas devenir fou ?": en voilà une question, qu'elle est bonne !

Je ne vais pas vous bercer de douces mélodies anesthésiantes, bien que la musique, il n'y a que ça de vrai, croyez-moi ! L'avez-vous écouté, le dernier album de Norah Jones, Begin again ? C'est bien. Sa voix, depuis 2002, depuis Come away with me, est devenue plus profonde, plus patinée, tout en conservant sa douceur. 

Je ne vais pas occuper votre espace cérébral disponible avec des séries à n'en plus finir, mais vraiment, The Undoing dont j'ai vu les 4 premiers épisodes ce week-end, est vraiment captivante. 

Par contre, je veux vous parler de l'action du Secours populaire qui consiste à préparer des cadeaux de Noël pour les plus démunis : quelque chose de chaud, quelque chose de bon, un mot doux, un loisir, un produit de beauté. Et on emballe ça avec amour dans une boîte de chaussure. 

Par contre, je peux vous parler des collectivités qui ont mis de l'argent pour financer des bons d'achat chez les commerçants de notre coin : pensez à tout ces petits artisans, ces marchands de bonheur de notre ville, qui nous font de belles vitrines, qui nous permettent de trouver ce qu'on ne peut pas essayer sur Amazon et ce qu'on ne peut pas toucher sur Wish. Ils nous permettent d'être sûrs de ne pas être déçus en déballant un colis venant de Chine, et ça, ça n'a pas de prix ! Pensez aussi aux restaurateurs, qui nous permettent de passer des soirées sympa, entre amis ou en amoureuses. S'ils venaient à faire faillite, nous déprimerions encore plus. 

Tant qu'il y a de la solidarité, tout n'est pas perdu. Et continuons d'être prudents ! Portez-vous bien !

dimanche 24 mai 2020

Ces chansons du bon vieux temps

Êtes-vous partis, vous, pour ce long week-end de l'Ascension ? On rêve d'Italie, on rêve d'un petit voyage à l'impromptu, un voyage sur le pouce, trois jours de rêve pour se faire des souvenirs à n'en plus finir...

"Viens, fais tes bagages.
On part en voyage.
J'te donne rendez-vous
A la gare de Lyon,
Sous la grand horloge,
Près du portillon.
Nous prendrons le train
Pour Capri la belle,
Pour Capri la belle,
Avant la saison."


J'espère qu'il reviendra le temps des escapades, des départs au petit matin, pour un ailleurs qui fait du bien, pour un petit hôtel et pour les flâneries dans les villages touristiques, pour les bords de Saône, pour les bords de mer, pour les villes médiévales et les vignobles et les caves de dégustations...

"On partira de nuit, l’heure où l’on doute
Que demain revienne encore
Loin des villes soumises, on suivra l’autoroute
Ensuite on perdra tous les nords"


Les petits moments piqués en fraude, la route qui fait partie de l'aventure, les longues discussions amoureuses et les restos romantiques, dans des lieux que l'on découvre, rien qu'à deux, anonymes, et où l'on ne rencontre des gens que l'on connaît que par hasard...

"Week-end à Rome 
Afin de coincer la bulle dans ta bulle 
D'poser mon cœur bancal dans ton bocal"




samedi 23 mai 2020

Samedi 23 mai : rien.

(Pour le titre, référence à Louis XVI qui aurait écrit dans son journal, le 14 juillet 1789 "Rien". Aujourd'hui, "rien" pour la chloroquine, qui ne marche pas, finalement, paraît-il. Cela ne soignerait que les biens portants, à condition qu'ils ne meurent pas des effets secondaires.)

Un peu de fatigue, une soirée bien arrosée avec des gens biens, un moment de décompression. Une réunion ce matin, la préparation d’un conseil municipal qui aurait dû se tenir il y a deux mois. Un film, un très beau film. De la musique, beaucoup de musique.

Je suis tellement fatiguée, comme miaulent les Beatles. I’m so tiiiiired…



Comme dans la chanson, voilà des semaines que mon cerveau ne s’arrête pas.

Sept mails reçus de mes collègues, il faut penser à la reprise. Je n’en ai pas l’énergie aujourd’hui, mais l’objectif est là, obsédant, il faudra bien que je m’y mette. C’est une petite inquiétude qui va m’empêcher, encore de dormir.

Une inquiétude de moins, le conseil municipal d'installation qui va enfin se tenir lundi soir ? Pas vraiment, car ensuite les choses vont s’enchaîner. Mais nous entrerons dans une phase de perspectives et de projets, ce qui sera plus intéressant, au moins que cette gestion de crise - qui sera là quand même - qui n’en finit pas.

Passons aux doux moments de cette journée pluvieuse : la grisaille, la fraîcheur et la pluie nous donnent l’occasion de rester sans regret dans nos pénates. Alors nous avons regardé le film très sensible de Céline Sciamma, Le Portrait de la jeune fille en feu. C’est délicat, c’est esthétique, c’est romantique. C’est beau. Les actrices sont belles et bien filmées. Les paysages, les lumières et les ambiances sont magnifiques. Les références picturales, la manière de parler des femmes, de la condition des femmes, au XVIIIe siècle, l’amour, la rencontre entre deux âmes, entre deux corps, tout est parfaitement et subtilement raconté.

 De la musique. La douce voix de Damien Rice…



Bonne soirée

mardi 12 mai 2020

Sombre printemps



Hier soir, soudain, il m'est apparu qu'il y avait de belles correspondances entre la Sicilienne de Gabriel Fauré et la magnifique chanson d'Emily Loizeau Sombre printemps. 

En concert, je me souviens qu'Emily Loizeau avait expliqué que le texte de cette chanson était inspiré des lettres écrites par son grand-père à sa grand-mère, alors qu'ils étaient séparés par la guerre.

"Cela me prendrait toute une lettre pour te conter les jeux du soleil sur la Crête avant l'été..."





vendredi 1 mai 2020

Journal de guerre contre un virus #47

Je n’ai pas de fièvre.

Comme rien n’a de sens, après le mois de mai sous un soleil d’une chaleur douce et paisible, vient le gris, le pluvieux, le froid mois d’avril. Pourvu que ça dure.

Comme rien n’a de sens, on découvre que les masques chirurgicaux qu’on attendait légitimement pour les chirurgiens et autres professions de santé, depuis le début du mois de mars, seront désormais en vente dans les supermarchés pour des prix faramineux : plus du double de ce que nous les trouvions il y a un mois.

Comme rien n’a de sens, le président Macron fait désormais des allocutions sur le pire réseau social - aka Twitter, le réseau des haters - pour dire que le 1er mai est la fête de ceux qui aiment le travail, qui le chérissent. La fête des masos, on est beau ! Il oublie complètement l’aspect “droit du travail”, tellement moins festif, tellement moins sexy, tellement moins “chamailleur” (mais où va-t-il chercher des idées pareilles ?) que les “1er mai heureux” que le président appelle de ses voeux…

En tout cas, il est bronzé comme un petit pain “maison” de confinement sortant du four, Manu, c’est plaisant à regarder. Pour lui, je suis sûre que c’est un 1er mai heureux : ne pas être obligé d’accueillir à l’Elysée des syndicalistes barbus et moustachus, chantonnant du Jean Ferrat et fleurant bon le vin rouge et la merguez. Il jubile sur sa vidéo, je vous jure.

Sinon, ce midi, j’ai fait un rôti de porc au thym, à l’ail, à l’huile d’olive et au miel. Le miel, juste pour que le rôti caramélise doucement au four. Cela forme une petite croûte très croustillante sur la viande...Un délice. Amandine avait trouvé des pommes de terre nouvelles au marché et cela était parfait.

Allez, j’ai assez travaillé pour aujourd’hui. Il est temps que je me consacre entièrement au repos imposé par ce 1er mai chamailleur et joyeux, comme dit l’autre !

Ciao...Bella, ciao !


jeudi 23 avril 2020

Journal de guerre contre un virus #39

Je n’ai pas de fièvre.

On ne peut pas toujours être cynique et désabusé. J’inquiète ma famille inutilement. Certes, ce que l’on vit en ce moment n’est guère réjouissant.

Essayons cependant de relativiser. Toujours. C’est ce que fait toujours l’être humain.

Hier soir, on a regardé le dernier spectacle d’Alex Lutz. J’aime beaucoup cet artiste. Dans un de ses sketchs, il faisait très justement remarquer que l’être humain était le seul, dans le règne animal à commettre les pires horreurs et puis, immédiatement après, les plus grandes oeuvres…

Il prenait l’exemple de la seconde guerre mondiale : l’humanité a passé 6 ans à se flinguer, à se balancer des bombes sur la tronche. Puis immédiatement après, Saint-Germain-des-Prés, le jazz...Tanks, camps de concentration, et hop ! Trompette ! Le lion, ajoutait-il, quand il a zigouillé une antilope, ne fait pas la fête, juste après.

C’est beau, cette capacité, ce don pour le bonheur.

C’est souvent sur ces contrastes propres à la vie que les oeuvres d’art un peu intéressantes fonctionnent.

Un Nocturne de Chopin peut commencer par quelques notes guillerettes, sur un accord majeur, puis continuer par des passages beaucoup plus sombres. La vie est ainsi faite, de ses hauts et de ses bas.

La mort se cache toujours dans les plis de l’oreiller qui accueillit le plus grand des bonheurs.

Comme je n’ai pas grand chose à dire aujourd’hui, mis à part ces banalités, je vous offre un poème de Rimbaud, qui nous suggère ce que nous pourrions faire à la fin du confinement :

Sensation
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Mars 1870
Arthur Rimbaud

Et une chanson de Juliette, qui tient un peu du Nocturne de Chopin...et qui dit si bien les contrastes de la vie.


Sur l'oreiller 
J'aurai beaucoup trop chaud peut-être 
Il fera sombre, que m'importe 
Je n'ouvrirai pas la fenêtre 
Et laisserai fermée ma porte 

Je veux garder pour en mourir 
Ce que vous avez oublié 
Sur les décombres de nos désirs 
Votre parfum Sur l'oreiller 

Laissez-moi deviner 
Ces subtiles odeurs 
Et promener mon nez 
Parfait inquisiteur 

Il y a des fleurs en vous 
Que je ne connais pas 
Et que gardent jaloux 
Les replis de mes draps 

Oh, la si fragile prison! 
Il suffirait d'un peu de vent 
Pour que les chères émanations 
Quittent ma vie et mon divan 

Tenez, voici, j'ai découvert 
Dissimulées sous l'évidence 
De votre Chanel ordinaire 
De plus secrètes fulgurances 

Il me faudrait les retenir 
Pour donner corps à l'éphémère 
Recomposer votre élixir 
Pour en habiller mes chimères 

Sans doute il y eut des rois 
Pour vous fêter enfant 
En vous disant 
"Reçois Et la myrrhe et l'encens" 

Les fées de la légende 
Penchées sur le berceau 
Ont fleuri de lavande 
Vos yeux et votre peau 

J'ai deviné tous vos effets 
Ici l'empreinte du jasmin 
Par là la trace de l'oeillet 
Et là le soupçon de benjoin 

Je pourrais dire ton enfance 
Elle est dans l'essence des choses 
Je sais le parfum des vacances 
Dans les jardins couverts de roses 

Une grand-mère aux confitures 
Un bon goûter dans la besace 
Piquantes ronces, douces mûres 
L'enfance est un parfum tenace 

Tout ce sucre c'est vous 
Tout ce sucre et ce miel 
Le doux du roudoudou 
L'amande au caramel 

Les filles à la vanille 
Les garçons au citron 
L'été sous la charmille 
Et l'hiver aux marrons 

Je reprendrais bien volontiers 
Des mignardises que tu recèles 
Pour retrouver dans mon soulier 
Ma mandarine de Noël 

Voici qu'au milieu des bouquets 
De douces fleurs et de bonbons 
S'offre à mon nez soudain inquiet 
Une troublante exhalaison 

C'est l'odeur animale 
De l'humaine condition 
De la sueur et du sale 
Et du mauvais coton 

Et voici qu'ils affleurent 
L'effluve du trépas 
L'odeur d'un corps qui meurt 
Entre ses derniers draps 

Avant que le Temps souverain 
Et sa cruelle taquinerie 
N'emportent votre amour ou le mien 
Vers d'autres cieux ou d'autres lits 

Je veux garder pour en mourir 
Ce que vous avez oublié 
Sur les décombres de nos désirs 
Toute votre âme sur l'oreiller.

Juliette Noureddine

mardi 21 avril 2020

Journal de guerre contre un virus #37

Je n’ai pas de fièvre.

[Aujourd'hui, j'ai une pensée toute particulière pour une amie qui vit des moments difficiles.]

Un virus, je suppose - je ne suis pas virologue - ça change à la vitesse de la lumière : les générations se succèdent rapidement, ça se reproduit très vite, ça peut donc se modifier génétiquement pour s’adapter à la situation.

C’est notre problème, à nous, pauvres humains. Nous mettons des dizaines d’années à changer, à comprendre ce qu’il faudrait changer pour s’adapter mieux. Par exemple, voilà environ 40 ans, peut-être même 50 ans, que les premiers scientifiques s’occupant de l’environnement ont remarqué qu’il y avait péril en la demeure, que la maison brûlait, que les glaciers fondaient, que la couche d’ozone était trouée de tous côtés, que les cours d’eau s’assèchaient sérieusement.

Et nous n’avons pas changé. Nous avons continué de brûler du pétrole, de plus en plus de pétrole, dans des voitures toujours plus grosses. Aujourd’hui, ce pétrole, nous serions même prêt à payer les gens pour qu’ils s’en servent. Nous avons continué avec les mêmes réflexes, les mêmes stupides dépenses d’énergie, d’eau, de pollution partout où la main de l’homme met le pied. Pour toujours plus de profit.

C’est un peu comme quand un type qui vient de se planter sa dernière seringue d’héro dans le bras vous jure que demain, il arrête. Un homme ne change jamais vraiment. On a des défauts à vie. Moi je suis paresseuse et ce n’est pas près de s’arrêter, par exemple.

En ce moment, certains nous jurent, main sur le coeur, que l’on va arrêter les conneries, après cette crise. Qu’on va changer de paradigme. On peut toujours y croire. Après la première guerre mondiale, on a dit, c’est la der des der. On a dit “Tiens, les femmes ont bien bossé, on va les récompenser.” Il a fallu attendre une deuxième guerre mondiale pour leur filer le droit de vote : c’était justement le 21 avril 1944.

Tout ça pour dire que pour que l’on change, comme ça, presque par magie, il va falloir le vouloir, le réclamer, l’exiger. Est-ce qu’on va vraiment arrêter l’agriculture intensive ? Est-ce qu’on va arrêter de polluer la planète à coup de kérosène pour en envoyant des avions partout, livrer des conneries en plastique depuis la Chine ? Est-ce qu’on va se recentrer sur l’essentiel : une alimentation saine et des rapports plus humains entre les gens ? Les gens plutôt que l’argent. On a tout pour être heureux : la connaissance, la technologie, l’abondance. On pourrait juste trouver des solutions pour gérer cela plus harmonieusement et arrêter de vouloir la lune pour soi, contre tous les autres.

Mais pour changer, il faut des années, des générations entières. Et finalement, ce n’est pas certains que l’homme en soi capable. L’homme a toujours voulu plus dans un monde fini, depuis toujours. C’est sa nature. Pourtant, il suffirait qu’il veuille plus d’amour, plus de fraternité, plus de solidarité. Nous serions heureux. Imaginons.


lundi 20 avril 2020

Journal de guerre contre un virus #36

Je n’ai pas de fièvre.

9h30
C’est ce matin que cela s’est produit. Soudain le temps m’a semblé ralentir. Jusque là, j’avais compensé, je crois. J’étais parvenue à occuper, à combler, à distraire le vide. J’avais les cours à préparer, j’avais les cellules de crise de la mairie, j’avais les repas à imaginer.

Ce matin, sous la douche, déjà, j’avais prévu le repas. J’étais en vacances, je n’avais pas à penser à mes élèves. La cellule de crise me semblerait sans doute longue et inutile. Je le présentais. En une douche de 5 minutes, j’avais bouclé la journée. J’avais aussi déjà l’idée de ce que j’écrirai ici. Alors la journée me semblait une perspective interminable qu’il faudrait meubler d’une manière ou d’une autre. Une perspective sans fin. Peut-être serait-ce le déclic pour enfin lire un peu. Pour écrire plus, pour me promener (mais cela n’occupe qu’une heure). Pour téléphoner à la terre entière. Mais ce week-end, déjà j’avais passé une heure avec ma meilleure amie au téléphone, j’avais eu toute la famille. Je passerai évidemment 20 bonnes minutes avec ma mère. Il me semblait que je ne verrai jamais le bout de ce tunnel de 24 heures et que cela recommencerait demain, puis après-demain et cela jusqu’au 11 mai.

Ensuite, j’irai au collège pour retrouver mes élèves névrosés, changés irrémédiablement par ce qu’ils avaient vécu. En craignant qu’ils soient bien plus “vecteurs” de la maladie qu’on ne le dit aujourd’hui. Ce matin, au petit déjeuner, j’ai entendu deux virologues qui n’étaient pas d’accord sur le sujet : la première affirmait que les enfants étaient porteurs de toute petite quantité de virus. Je ne suis pas virologue. Cela me semble étrange. Et puis on a quand même entendu que certains enfants mourraient. Elle disait que cela ne risquait pas grand chose de renvoyer les enfants à l’école. Elle me semblait oublier que les enfants ne sont pas seuls dans une école : qu’il y a des adultes qui les amènent et qui les reprennent le soir et qu’il y a des enseignants toute la journée avec eux. Le deuxième virologue émettait des doutes bien plus grands.

15h34
Est-ce que ça va mieux ? Non (même si la cellule de crise était bien, finalement). Mais, je ne peux pas m’empêcher de faire des remarques acides à chaque fois que j’entends les infos. Un cynisme total. Sur le mode “on nous ment”. Mais mon regard est faussé par ce que je constate sur le terrain. Je sais que les annonces du gouvernement ne correspondent pas à la réalité. Qu’il n’y a pas de masques ou trop peu pour les aides-soignants, les aides à domicile, pour les Ehpad, et qu’il n’y aura probablement pas non plus de masques “grand public” pour tout le monde le 11 mai. Tout simplement parce que quand on fait le tour des entreprises françaises qui peuvent en fabriquer (essentiellement la bonneterie, les petits pulls marins, les fabriques de textiles de luxe, de robes de mariée, de lin, de percale et de satin…), on a vite fait le tour et on se rend compte que leur capacité de production est limitée. Normal. On ne sait pas fabriquer du tee-shirt chinois à 2€ main d’oeuvre et transport compris, à des centaines de millier d’exemplaires jour. Donc, on ne sait pas non plus fabriquer des masques en tissus trois plis lavables en machine 20 fois à moins de 5€ (oui, c’est à peu près le tarif, tu te rends compte ? C’est le moment de se lancer : découpe tes vieux draps, il y a du pognon à se faire) dans des délais courts.

De toute façon, ne nous leurrons pas : les masques “grand public”, ça ou rien c’est à peu près pareil. Ils portent tous la mention “A utiliser tout en respectant les gestes barrières”. Donc tu vas t’étouffer et suer dans un masque “grand public”, tout l’été, tout ça sans pouvoir pour autant faire des papouilles à ceux que tu aimes.

Bref. Cet après-midi aussi je suis d’une humeur de chien.

J’ai lu une interview d’André Comte-Sponville, qui remet bien les idées en place, je trouve. Je vous la conseille : CLIC

Et comme cela fait plusieurs jours que je me plains sur ce blog que ce qui m’angoisse le plus, c’est l'incertitude, le philosophe me rappelle justement que l’incertitude, c’est depuis toujours notre destin.

Il y a des évidences qu’il faut parfois rappeler, dans notre monde écrasé de certitudes…


mardi 14 avril 2020

Journal de guerre contre un virus #30

Je n’ai pas de fièvre.

Hier soir, un mec tout bronzé a parlé à la télé. Son maquilleur devait être en télétravail. Ou alors il est allé au ski. C’est assez suspect.

Ce sera donc au début des Saints de Glace que nous nous dégèlerons. Peut-être.

« Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace. » nous dit la tradition proverbiale fort riche pour le mois de mai. Cependant, je pense que l’on peut oublier le plus connu des aphorismes de ce joli mai : en mai, fais ce qu’il te plait. Non. Tu restes à la maison. Comme au mois d’avril et comme au mois de mars.

Le soleil nous fera de l’oeil derrière les carreaux…

Encore un mois à savourer la douceur du foyer, les longues soirées télé, les rêves de ciné, coincé devant les navets multidiffusés avec Louis de Funès. Nous ne sommes pas obligés de regarder.

Nous pouvons aussi lire de la poésie, faire de la musique, dessiner, dormir. Rattraper des heures de sommeil perdues. Souvenez-vous de l’époque d’avant, celle où l’on était si fatigués. Tellement épuisés que les journaux féminins nous donnaient des conseils pour mieux dormir, pour faire de la méditation. Ces unes, ces gros titres, nous les regardions avec un haussement d’épaule “Si j’avais le temps…”

Et maintenant que nous l’avons, nous nous lamentons. Nous n’apprécions jamais ce que nous avons. 

Carpe diem.

Profitons deux fois plus de l’or du soir qui tombe, regardons se balancer les branches dans le doux zéphyr du printemps. Admirons les camaïeux gris, bleu et mauve des levers de soleil.

Devenons contemplatifs, devenons des moines bénédictins, et dans nos foyers, ces petites abbayes intimes, faisons des confitures et des gâteaux. Distillons des liqueurs enivrantes. Cultivons la douceur de vivre. Si nous ne savons pas méditer, prions et si nous ne savons pas prier, chantons. Pas forcément des chants grégoriens, tout le monde n’a pas la voix grave qu’il faut pour cela, mais chantons pour les fraises et pour les fleurs, chantons pour l’amour et pour la vie, chantons pour oublier.

Pour oublier que Macron a dit qu’il fallait que plus de gens soient contaminés pour qu’on puisse sortir du confinement, tout en restant confinés pour éviter de se contaminer.

Pour oublier que les profs et les élèves seront sacrifiés pour la cause le 11 mai, pour se contaminer tous en choeur, pour que les parents puissent retourner travailler. Mais qu’on pourra même pas se faire un resto pour fêter ça.

 En attendant, buvons…avec celui dont Macron est le sosie, mais qui était quand même beaucoup plus intéressant que notre président.



Bonne soirée !

vendredi 3 avril 2020

Journal de guerre contre un virus #19

Je n’ai pas de fièvre.

Je vous dis ça depuis 3 semaines, mais à part le premier jour, je n’ai pas pris ma température. Ne faites pas confiance à la tenancière de ce blog, elle raconte n’importe quoi...mais franchement, vous aimez ça, prendre votre température ?

Prenons la température du pays.

Les collégiens, les lycéens, pour la première fois de leur vie ont écouté avec attention une intervention ministérielle. Ils ont perdu des cours, mais je veux croire que derrière leurs écrans, entre quatre murs, ils apprennent autrement, autre chose. Ils apprennent la solitude, l’isolement, la promiscuité, l’ennui. L’autonomie, on l’espère. Ils apprennent sûrement la colère, la frustration, l’énervement. Ils apprennent que la politique est importante et a des répercussions concrètes sur leur vie. Un élève de 3e qui me rend parfois des copies écrites avec les pieds, mais qui est loin d’être idiot, malgré son profil si peu scolaire, a été le premier à retranscrire les propos de Blanquer sur Discord, tout à l’heure. Ils apprennent à écouter un discours, à l’analyser, à en tirer un avis nuancé. Au format SMS. Mais les échanges étaient intéressants : est-ce que les notes comptent depuis le début de l’année ? Oui. Est-ce que les notes obtenues pendant le confinement compteront ? Non. Et pendant le confinement, ce qu’on fait ne sert à rien ? Mais non, ça sert à préparer la seconde et puis si tu n’es pas absent, que tu fais preuve de sérieux, tout ça, ce sera pris en compte. D’accord, d’accord. N’empêche qu’on est “les élus” ! Pas de brevet, les gars, la classe ! Ouais, tu parles, toute notre vie, on sera les secondes qui n’ont pas le brevet…

Bref. J’ai trouvé qu’ils avaient mûri, en trois semaines.

Le constat, je crois, c’est que nous apprenons chaque jour un peu plus sur nous-même et sur ceux qui nous entourent. C’est dans les moments difficiles que certains se révèlent particulièrement. Particulièrement pénibles ou particulièrement brillants. Je ne balancerai personne. On découvre les hypocondriaques au bord du gouffre qui palissent et qui suent au moindre énoncé d’un symptôme du coronavirus : ça, c’est moi. On découvre les amoureux des grands espaces qui deviennent des lions dépressifs en cage, qui sont incapables de vivre juste l’instant et de prendre les problèmes tels qu’ils arrivent, au jour le jour. Qui se projettent systématiquement dans un futur trop incertain pour être rassurant. Ceux qui paniquent, qui sont pas logiques, du moins pas comme il faut, qui cherchent des solutions frénétiquement, le cerveau embrouillé par la peur et le doute. Et puis on découvre les calmes, les froids, les pragmatiques. Ceux qui gèrent, avec optimisme et énergie les dossiers quand ils se présentent. Ceux qui se noient dans le travail, dans les tâches à réaliser, dans le concret, parce que ça empêche de penser, de mettre les mains dans le cambouis.

On découvre surtout que chacun est capable de prendre l’un de ces rôles, au fil du temps.

J’aime les gens. Et ça, ce n’est pas près de s’arrêter.

J'aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer
J'aime les gens qui disent et qui se contredisent et sans se dénoncer
J'aime les gens qui tremblent, que parfois ils ne semblent capables de juger
J'aime les gens qui passent moitié dans leurs godasses et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent, ceux qui sont pas logiques, enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes pour pas que ça nous gêne font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte de n'être au bout du compte que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire "délivrez-nous du pire et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent s'approprier les choses, encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être, qu'une simple fenêtre pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme et daltoniens de l'âme ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires pour que jamais l'histoire leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent mais voudraient qu'on leur foute la paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène jamais quand ils promènent leurs automnes au printemps
Qu'on leur dise que l'âme fait de plus belles flammes que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie qu'on leur dise, on leur crie "merci d'avoir vécu!"

Merci pour la tendresse
 Et tant pis pour vos fesses
  Qui ont fait ce qu'elles ont pu

 Anne Sylvestre (Spéciale dédicace aux Gallezot, qui sauront...)


dimanche 17 novembre 2013

Vins et spiritueux

Il m'est arrivé une chose étonnante ce week-end. Par amour pour ma chère et tendre et par amour de la musique, j'ai assisté à la messe de la Sainte Geneviève patronne des gendarmes. Ma douce jouait donc avec son orchestre. La prestation était superbe, très solennelle, l'acoustique étant particulièrement bonne dans l'église.

Je m'étais installée au deuxième rang, bonne élève que je suis.

C'est alors que tous les gradés de la gendarmerie sont venus s'installer autour de moi. Et juste à côté, la conseillère générale UMP. Je me suis faite toute petite et par chance, la presse locale n'a pas publié cette photo. Voilà un sentiment étrange, que d'être entourée de tout ce beau monde.

Évidemment, comme j'ai une très solide culture de la messe, j'étais à l'aise. Mais il n'empêche : mon petit cerveau faisait tourner en boucle les images des manifs pour tous durant lesquelles l'UMP n'était pas en reste. Me retrouver sur le même banc qu'une élue de ce parti m'a perturbée. Bien entendu, je ne communie plus depuis très longtemps puisque cette religion me damne d'office et que je préfère les cacahuètes avec l'apéro...Bref, j'ai eu l'impression de faire tâche, quand même.

Enfin, je n'en suis pas morte.

Le soir, au salon des vins, j'ai croisé un député et un sénateur de gauche. Au salon des vins, ces derniers ne sont pas bénis, mais je m'y suis sentie bien plus à mon aise.

CC


mardi 9 juillet 2013

La radio des blogueurs

Voilà encore une année qui s'est écoulée bien vite et voilà le retour, déjà, de la radio des blogueurs ! J'ai été taguée quelques fois et il me semble que je suis bien en retard pour répondre !

Cette année, je propose une chanson d'Alexis HK qui parle de ma génération...Fils de...



CC

dimanche 23 juin 2013

I don't love you no more

Une bombe sur scène...Cette musique soul pleine d'énergie et ces couleurs musicales délicieusement rétro...C'était encore un bon moment au festival Rencontres et Racines !


samedi 22 juin 2013

J'aime le bruit que fait la vie

J'aime bien quand les basses de la musique trop forte me font vibrer la poitrine.

J'aime bien la foule qui se détend, d'un coup, après une semaine de labeur.

J'aime la bière et même les odeurs de pétards.

J'aime bien cette foule souriante et apaisée.

Les rapports humains changent. Même dans la bousculade, les gens s'excusent avec le sourire : l'agressivité de tous les jours est gommée par la musique et l'alcool. On est là pour se vider la tête, pour oublier les soucis. C'est un plaisir sensuel, une sorte d'orgie de bruits et de rencontres.

J'aime le festival Rencontres et Racines...

CC

vendredi 7 juin 2013

Heymoonshaker

J'ai vraiment hâte de découvrir ça sur scène ! Du blues, une "human beat box" d'exception, une voix bien cassée, bien rugueuse, bien écorchée, comme je les aime...

Ce sera à Rencontres et Racines, à Audincourt, le 22 juin !



CC

samedi 24 novembre 2012

Barbara

Outre le fait qu'elle est tout à fait mon type de femme, élégante, troublante, avec du caractère, Barbara a écrit des chansons que je connais presque toutes par coeur, qui me viennent souvent aux lèvres et qui rythment ma vie depuis longtemps...

Ce matin, c'est Nantes qui m'a tiré des larmes...



Mais heureusement, Les Amis de Monsieur m'ont fait sourire...




 CC

mardi 13 novembre 2012

vendredi 12 août 2011

Trois chansons de droite ?

Des chansons de droite...Quelle idée ! C'est Juan qui pose la question. Cela ressemble au jeu Humiliation.

Vous connaissez le jeu Humiliation ? C'est David Lodge qui a inventé cela. Ses personnages sont des professeurs de Lettres, de brillants professeurs d'université. Quand ils se réunissent, ils jouent à ce jeu qui consiste à "avouer" un livre qu'on n'a pas lu. Attention ! Pas un livre méconnu du fin fond des réserves des bibliothèque, non. Un grand classique de la littérature que tout prof de lettres est censé avoir lu. Le but est donc de s'humilier. Le gagnant est celui qui n'a pas lu un livre que tous les autres ont lu.


Non, je n'écoute pas Sardou. Je hais Sardou !

Mais j'aime bien Elvis Presley. Presley, en 1955, était subversif, anti- Républicain. En vieillissant, il est devenu conformiste puis ringard, puis beauf. Malgré tout, j'aime bien. Même l'Elvis à rouflaquettes de la fin...


Elvis Presley - Suspicious Minds par fredozydeco

J'aime bien aussi Madonna. Elle a été subversive, elle aussi, au début. Jouant sur les symboles religieux, le blasphème et le sexe, elle choquait aussi les conservateurs. Aujourd'hui, on la voit en bonne mère de famille dans les journaux et elle est en passe de se ringardiser. J'aime surtout cet album de la fin des années 90 très inspiré de la musique de Kate Bush.


Madonna - Frozen par Warner-Music

J'aime, enfin, le vieux Sinatra, malgré son côté sale type. Mais quel chanteur...Même pour une chanson aussi conservatrice que celle-ci, tiens !



Il passe le relais à MrsClooney, Gabale, Nicolas, Juju, Disparitus, Ruminances, Dagrouik, YannDadavidov, Falconhill, Des pas perdus, Jean, El Camino, Jacques, Romain, Le Grumeau, Bembelly, Le Griffon, Guy Birenbaum, Ménilmuche, Slovar, Seb, Trublyonne, Lolobobo, Stef, Homer, Des fraises, Minijupe, Marc, un autre Romain, Vallenain, Melclalex, Cui cui, David, Vogelsong, CyCee, Eric, Olympe, Rimbus, GdC, Polluxe, et à celles et ceux qui veulent.

Fouillez !
CC