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dimanche 11 avril 2021

PMA fait le cirque à l'Axone


En ces temps de disette culturelle, nous avons assisté jeudi soir à un triste spectacle : une mise en scène qui confirme que le ridicule ne tue pas et un discours poussif aux références littéraires et historiques discutables, entre François Ier, le roi guerrier à la tête d’une monarchie absolue et un apocryphe Voltaire le libertaire, un échec de la pensée, repris le lendemain par des articles de presse à la grammaire fautive. Le symptôme d’une vision de la politique qui pense que le symbole suffit, que seule la communication compte et que le travail n’a pas sa place quand il s’agit de gérer les affaires de la cité. Un naufrage qui fait sombrer la démocratie. Tentons d’élever le débat, que diable ! 

Depuis le mois de juillet dernier, je découvre le fonctionnement de l’agglomération du Pays de Montbéliard. J’en découvre les compétences, le côté technocratique, l’aspect complexe, les vastes contours. J’ai été frappée par sa lourdeur, d’abord, par cette impression d’immense paquebot, renforcée par ce bâtiment de verre et d’acier, par le caractère administratif et contraint des délibérations, par les codes et les lois qui régissent la gestion de l’eau, des ordures ménagères, des transports en commun. Code des collectivités, règlements et décrets confèrent à la collectivité un aspect gestionnaire, une allure de caisse d’enregistrement des lois édictées plus haut, à l’assemblée nationale, au parlement européen. 

Depuis le mois de juillet, la première impression passée, il m’a semblé pourtant que de véritables choix politiques, que des mesures concrètes pouvaient y voir le jour et qu’on pouvait y faciliter la vie des habitants d’ici, au-delà des clivages politiques et pour l’intérêt général : la mise en place des aides pour les commerçants touchés par la crise, le travail en commissions conjointes sur les ordures ménagères, un travail conciliant les côtés pratiques et les contraintes écologiques, la solidarité intercommunautaire qui permet aux petites communes de conserver un budget grâce à la prise en charge du FPIC. Tout cela est compliqué et il m’a fallu ces quelques mois pour me familiariser avec les acronymes, pour comprendre ce qu’ils recouvrent. La démocratie exige du travail et c’est bien normal. 

Depuis le mois de juillet, j’ai cessé de me demander qui avait perdu, qui avait gagné, parce que j’ai la conviction que les seuls vainqueurs doivent être les habitants du Pays de Montbéliard et que pour eux, nous devons engager des mesures sociales et environnementales ambitieuses, le plus vite possible. Et lorsque j’écris cela, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de politique. Au contraire. Pour défendre des convictions, pour mettre en œuvre des idées, en démocratie, il faut d’abord être élu. C’est la règle. Vouloir faire croire que l’on n’a pas de camp, pas de parti, que l’on est des pragmatiques, des concrets et que l’on ira où le vent du temps nous pousse est dangereux, au plus haut point. Je crois qu’il y a des différences entre la gauche et la droite. L’intérêt général ou la somme des intérêts particuliers... Je crois qu’il a des visions de la société fondamentalement différentes. 

Mais, depuis le mois de juillet dernier un poème de Louis Aragon me revient sans cesse “Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat, fou qui songe à ses querelles, au cœur du commun combat.” Car les blés sont sous la grêle : nous traversons une période historique, une pandémie mondiale et dans son sillage, une crise économique sans précédent. Le Pays de Montbéliard a besoin de toutes les forces pour faire face. Nul ne peut nier qu’ici plus qu’ailleurs la situation est critique : chômage en hausse, situations précaires pour beaucoup de nos concitoyens, baisse des revenus depuis un an, entre le chômage partiel et le déclin de l’intérim, activité industrielle peu réjouissante, manque de perspectives, population en baisse, crise sanitaire particulièrement éprouvante, au milieu de cette troisième vague que nous prenons à nouveau de plein fouet. Le sentiment d’abandon est immense : hôpital exsangue, police défaillante, justice à bout de souffle, services publics toujours moins dotés. Les impressions de déclassement et d’éloignement de la République sont toujours grandissantes. Ici, plus qu’ailleurs, bien avant la crise du COVID, le mouvement des Gilets jaunes a justement trouvé un retentissement particulier. 

Alors qui sont-ils, ceux qui, depuis le mois de juillet dernier, viennent en commission pour ne rien y faire ou pire pour pinailler sur le détail puis changer d’avis en conseil communautaire au moment de voter - voter contre une aide pour acheter des vélos électriques, contre l’argent rendu aux communes via le FPIC, contre le budget enfin...? Qui sont-ils ceux qui depuis presqu’un an pleurent sur leur sort sans proposer l’once d’une idée constructive, sans le début d’un véritable travail en commun ? Qui sont-ils ceux qui produisent des documents de 19 pages faisant appel à des archives de l’Est Républicain de plus de 20 ans ? Sont-ils vraiment sérieux et responsables ? Qui sont-ils ceux qui sans vergogne lors d’un conseil diffusé publiquement se lèvent et applaudissent, offrent des fleurs à ceux qui, sans avoir protesté en commission, sans avoir défendu en amont une autre vision des choses, sans avoir travaillé, proposé, cherché à imposer des idées, ont juste voté contre un budget en espérant rester dans l’exécutif qui le mettrait en oeuvre ? Où est la logique et la cohérence de tout cela ? Qui pour défendre devant les électeurs un tel comportement puéril ? Et finalement, quel comportement pourrait faire plus le ferment du populisme, alimenter le “tous pourris” tellement dans l’air du temps ? 

Nous sommes dans la même galère, alors, quel est celui qui tient l’échelle et quel est celui qui monte sauver la belle ? Voilà des questions qui n’ont pas lieu. Au travail !

 

samedi 23 janvier 2021

#NoLibidoMeToo


C’est un symptôme que l’on a pas perçu immédiatement. Il faut dire que ce n’était pas aussi perceptible que la perte du goût ou de l’odorat. Il faut dire que tout le monde n’a pas la même perception de la chose. Il faut dire que ce n’est pas quelque chose dont on parle facilement. Et puis, même les plus attentifs, les plus concernés, les plus intéressés par le sujet se disaient qu’il était sans doute normal, après une maladie si fatigante, si exténuante , si éreintante, de ne pas retrouver tout de suite une libido optimale. 

C’est un symptôme dont les plus grands spécialistes de la COVID ont mis plus d’un an à parler dans les publications scientifiques. C’est un article britannique qui a soulevé la question : “Les effets de la COVID sur la libido : perte de désir et de sensations.” La communauté internationale s’est d’abord moquée de ces Anglais aux dehors si prudes et aux manières si frigides, par nature, avant de se mettre à investiguer sérieusement. On enquêta, on rappela des patients, on fit des statistiques et des relevés, on fit passer quelques tests sur des volontaires : des électrodes, un scanner, des stimuli externes, quelques revues pornos. Les résultats furent sans appel et concordèrent assez vite avec ceux des Anglais. Sur les panels testés, entre 55 et 75% des anciens malades ne répondaient d’aucune manière aux sollicitations, même les plus alléchantes. Dans les mêmes proportions, les réponses à la question “avez-vous fait l’amour depuis que vous êtes guéri?”, était non. 

Personne n’en avait parlé, alors il semblait incongru d’en parler. Cela n’avait peut-être rien à voir avec le Corona virus. C’est ce que s’était dit Jérôme, 35 ans, en pleine possession de ses moyens avant de choper la maladie après une rencontre sur Tinder, entre deux confinements. Sa partenaire, Sonia, n’avait pas semblé particulièrement malade lorsqu’ils s’étaient retrouvés sur un banc, dans le parc, un beau dimanche après-midi du début du mois de septembre. Ils s’étaient parlés un peu, ils avaient fait connaissance, elle avait dit “Je suis un peu fatiguée, mais ça me fait tellement de bien de rencontrer quelqu’un…” Ils avaient parlé d’eux, du télétravail - elle était intendante dans une cantine d’entreprise, elle avait été en chômage partiel une bonne partie de l’année -. Jérôme - journaliste pour un magazine de jeux vidéo - annonçait clairement la couleur sur son profil Tinder : il cherchait des rencontres brèves et sans prise de tête. Il aimait tellement le sexe. Il cherchait des filles aimant s’amuser sans penser à demain. Des femmes libres. Et il trouvait sans problème : il était charmant, un grand brun avec déjà un début de calvitie qui le rendait sympathique, un sourire qui inspirait la confiance. Il avait la côte sur le réseau de rencontre, on vantait sa discrétion et ses talents d’amant. Il aimait tellement la bagatelle, les femmes, toutes les femmes… 

Sonia était libérée et joyeuse. Les yeux pétillants, quand il passa son bras autour de sa taille, donnait le signal d’une soirée agréable, d’une nuit douce. Elle le fut. Ne croyez pas que ces deux-là étaient irresponsables : ils avaient bien évidemment utilisé un préservatif. Mais Sonia était, sans le savoir, dans sa période d’incubation. Et le préservatif ne servait à rien contre la COVID. Ils avaient bien entendu partagé des baisers à perdre haleine, ils avaient collés leur peau et leurs sueurs l’un à l’autre dans des étreintes chaleureuses, ils avaient échangés quelques fluides, inévitablement, dans le feu d’une action bien menée, en amants d’un soir tout à fait passionnés. 

Ensuite, ils ne s’étaient plus revus, d’un accord commun, mais Jérôme fut surpris de recevoir un SMS désolé de Sonia, quelques jours plus tard, lui déclarant qu’il était cas contact, qu’il devait s’isoler et se faire tester. La poisse, pensa-t-il. Le bon souvenir tourna vinaigre. Il perdit l’appétit, ressentit une fatigue immense, commença, au troisième jour, à tousser douloureusement, après avoir enduré des migraines persistantes. Et puis lui qui ne pensait qu’à cela, auparavant, n’y pensa soudain plus du tout. Plus la moindre petite pensée coquine, même le matin au réveil, plus de ces petits flashs agréables en apercevant la silhouette fine d’une jolie fille et en la déshabillant du regard, plus aucun soubresaut pelvien en pensant à sa collègue de bureau, Gisèle, qui portait si bien les robes moulantes et les talons hauts, laissant deviner des portes jarretelles et des dessous chics. Plus aucun rêve érotique. Rien en pensée, rien en action. S’il avait eu à se confesser, il n’aurait rien eu à raconter. En était-il surpris ? Il ne le nota pas vraiment, pour commencer. Il mettait cela sur la fatigue, sur l’inquiétude causée par cette maladie, par l’isolement imposé. Et puis quelques jours passèrent, la convalescence allait bon train : à 35 ans, on récupère vite. Il fut sur pied rapidement, il reprit le télétravail, les visioconférences, les interventions à distance...Il se disait, quelle sale période, on ne voit personne, on a plus de vie. Il se disait, c’est pour cela que je ne désire plus. Et puis j’ai chopé la maladie après une nuit torride, allez savoir, ça m’a peut-être coupé tous mes moyens. 

Il essaya, quelques fois, de se mettre en condition, une main sur la souris, cliquant sur quelques vidéos coquines, l’autre main tentant d’éveiller un peu de désir, un peu de plaisir. En vain. C’est une tristesse immense qui le saisit alors. Surtout qu’il n’avait pas besoin de support extérieur, avant, pour s’amuser seul. Il avait une imagination et des souvenirs, il avait des fantasmes à n’en plus finir. Mais tout cela l’avait fui. 

Profitant alors de sa main sur la souris, il chercha à savoir si cela avait un lien avec la maladie. Il tomba sur l’article anglais, sur les enquêtes mondiales. Il n’était pas le seul. Un vertige le prit. Il extrapola, il délira, il se prit à imaginer le pire des complots, celui qui aurait pour finalité ultime le génocide total. Le virus chinois signait la fin de l’humanité, rien de moins. Il écrivit alors un long article confus et embrouillé, mais citant la recherche sur le sujet, une diatribe enflammée et illuminée, mais documentée, un pamphlet propre à exciter les masses paranoïaques, les anti-vax, et les suspicieux. Il concluait ainsi : “Plus de désir, plus d’amour...plus d’amour, plus de relation sexuelle...Plus d’enfant ! C’est la fin de l’humanité !” 

L’article publié dans la revue où il travaillait et repris des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux provoqua l’indignation, la peur, la détresse. Les cas se signalaient, de plus en plus nombreux. Des #FrigideMeToo et des #NoLibidoMeToo fleurirent un peu partout. On faisait le lien avec la baisse de la natalité, que l’INSEE avait révélée quelques jours plus tôt. Chacun en profitait pour donner des détails de sa vie sexuelle, pour parler de ses désirs les plus intimes. Chacun voulait savoir s’il avait ce symptôme ou pas. S’il était possible de faire l’amour sans désir, de désirer en refaisant l’amour, quoi qu’il en coûte. Au diable la propagation de la maladie, il fallait pouvoir à nouveau se toucher, se caresser et jouir sans entrave. 

Neuf mois plus tard, on connut enfin ce baby boom tant promis et qui n’avait pas eu lieu en décembre 2020.


dimanche 10 janvier 2021

Mais que veut le gouvernement ?


Je suis professeur : j’ai l’habitude de manier la bienveillance, en toute circonstance. Tu n’y arrives pas, je comprends, ce n’est pas grave, c’est nouveau pour toi, on est là pour apprendre, on va s’entraîner, tu vas y arriver. 


C’est ce que j’ai dit sans doute un peu au début de toute cette histoire. La pandémie, tout ça. J’ai dit, le gouvernement n’y arrive pas, bien malin qui pouvait prévoir tout ça, c’est nouveau pour tout le monde, on fera mieux la prochaine fois. 

Pour les masques, par exemple. Oui, jusque-là, les masques, ce n’était pas notre spécialité, à nous, les Français. On regardait les Asiatiques comme des extraterrestres, rappelez-vous. 

On a dit ça pour le confinement : c’était une première, tout de même, alors qu’il y ait un peu de mou, pourquoi pas...

On a dit pareil pour le déconfinement. Les injonctions contradictoires, le bordel, les couvre-feux désordonnés, les préfets qui font ce qu’ils veulent, les masques dans telle rue, mais pas dans celle d’à côté...On était dans l’inédit, le nouveau, l’exceptionnel. Passe encore. 

Après, on a dit ça pour la campagne de test. On a dit, c’est quand même pas évident à mettre en place, on n’aurait pas forcément fait mieux, on va finir par se roder. 

On a dit, pour les vaccins, ils ont quand même plus de temps pour prévoir. Parce que le vaccin était annoncé, on savait qu’il allait arriver. Et que le réseau mis en place pour les tests pouvait être un galop d’essai. 

Et puis c’est encore le bordel. 

C’est donc une marque de fabrique. C’est même un exercice élevé au rang d’art majeur, à ce niveau : les vaccins ne sont pas là, les démarches administratives pour se faire vacciner sont un labyrinthe, on a peur de faire peur aux antivax, on effraie ceux qui ne l’étaient pas, (sérieusement, pour que l’accès au vaccin soit si compliqué, il faut croire qu’il y a une bonne raison de le craindre, non ? Si je n’étais pas farouchement pour le vaccin, je me prendrais à douter), on refuse de faire des “vaccinodrômes”, on confie le vaccin aux médecins de ville, puis on change d’avis en se rendant compte que ça ne marche pas pour vacciner des millions de personnes, on ouvre quelques centres de vaccination, mais trop peu, le site internet pour s’inscrire rame, les aiguilles pour vacciner sont trop courtes

Résultat, plus de 10 jours après la vaccination de Mauricette, seulement quelques milliers de personnes ont pu se faire piquer. 

Et pendant ce temps, le variant anglais arrive, les services de réanimations débordent, plusieurs centaines de personnes en meurent encore chaque jour. 

Mais on prend des pincettes, on n’essaie pas de convaincre. 

Et ne nous comparons pas à nos voisins, aux Allemands, aux Anglais...aux Américains ou aux Chinois...On aurait encore plus honte. 

Ou on finirait par croire que notre gouvernement ne croit pas au vaccin. Qu’il fait partie des complotistes. Qu’il pense que les laboratoires qui produisent le vaccin sont des Hitler en puissance. Et qu’en ne nous permettant pas de nous vacciner rapidement, il nous protège. 

A moins que Macron ne cherche pas à se faire réélire en 2022, qu’il a décidé de tout foirer exprès, pour mettre à plat l’économie française, définitivement, qu’il veut que l’on reconfine indéfiniment, qu’on tue les restaurateurs, le tourisme, l’économie du loisir, de l’événementiel...qu’on fasse des générations de débiles en fichant en l’air les études de nos jeunes… 

Je ne sais pas ce que veut ce gouvernement. Rien d’autre que nous prouver son incompétence, sans doute. 

Et ça, il y arrive très bien !

dimanche 29 novembre 2020

Déconfinement progressif d'un demi-confinement brutal


Dans cette période étrangement inexistante qui nous sépare de Noël, nous sommes donc en non-déconfinement, autrement dit en déconfinement progressif, suite à un confinement à demi, un confinement pas tout à fait confinant pour tout le monde, durant lequel on pouvait travailler et consommer dans les supermarchés et sur internet, mais où l'on ne pouvait pas acheter de culotte dans une lingerie ni même dans le rayon adéquat chez Carrefour, mais où l'on pouvait porter ses cachemires au pressing et où l'on ne pouvait pas acheter de livres, ni dans une librairie indépendante, ni à la Fnac, mais par contre, un ordinateur, une tablette, un iPhone 12, oui. 

Aujourd'hui, on peut réserver un séjour à la neige, à condition de maîtriser l'art de la peau de phoque, si l'on veut monter au sommet avant de redescendre les pistes. On ne pourra pas non plus manger de fondue dans un restaurant, naturellement, ni boire de vin chaud aux pieds des pistes, ce qui fait tout de même le charme de ces séjours coûteux et mal confortables (qui aime vraiment marcher sur du verglas avec des chaussures de ski alpin et chargé comme une mule avec ses skis à l'épaule, qui se désolidarisent et qui glissent en vous coupant les doigts, je vous le demande ! Qui aime vraiment aller faire pipi en combinaison de ski, dites-le moi !)

On pourra faire Noël, mais sa messe sera soumise à des règles strictes : ne vous passez pas la paix, ne buvez pas de ce vin, ne mangez pas de ce corps !

Et puis tout cela, ce ne sont que des recommandations, dans le fond. Personne n'y comprend plus rien : qu'en est-il du couvre-feu, de la règle des retrouvailles familiales à 6 personnes, à ces interminables attestations à remplir, à ne pas remplir (faut-il l'attestation de l'employeur et une attestation individuelle de déplacement, en plus, oui ou non ? Et savez-vous que les forces de l'ordre n'ont pas d'outil pour lire les QR codes générés par l'appli du gouvernement ?) 

On nage tellement en plein n'importe quoi qu'on ne sait plus tellement quoi faire, en vrai. 

Depuis hier, c'est déjà ça, on peut retourner dans les magasins en ville. C'est une bonne chose pour les commerçants. Je ne suis pas épidémiologiste, mais il m'apparait clair que je fais bien plus confiance à l'abus de gel hydroalcoolique qu'on y pratique plutôt qu'à la moindre poignée de caddie. 

Et j'ai pu retourner chez le coiffeur. Mais pas au restaurant, par contre. Sauf au seul resto qui marche pendant la crise sanitaire : les Restos du Coeur. Quel crève-coeur que ce soit le seul resto qui fasse le plein - et comment...- en ce moment ! Donnons, si nous pouvons : https://www.restosducoeur.org 

Et puis déconfinons-nous en douceur de ce non confinement. Pour moi, par exemple, rien ne change vraiment : je vais continuer d'aller en classe, avec mes petits 6e affreux, sales et méchants, dont le masque sert de mouchoir, de bavoir, de buvard et de cache-nez par intermittence. Je vais continuer de les voir se checker et se faire des câlins dans la cour, se refiler leurs stylos après les avoir grignotés, laisser traîner leurs mouchoirs en papier usagés partout. Je vais tenter de ne pas être parano. Je dois être immunisée, si je n'ai pas encore été contaminée. 

Protégez-vous, protégez vos proches et portez vous bien !

dimanche 22 novembre 2020

On garde le moral !


Je n'ai pas à me plaindre, je suis d'une nature optipessimiste...ou pessoptimiste, si vous préférez. Je m'explique : je suis du genre à me dire que puisque tout va mal et que ça va aller en empirant, nous n'avons pas d'autre choix que de voir le bon côté des choses. 

Je ne vais pas vous refaire le coup des petits plaisirs de la vie, quoi que le confit de canard et ses légumes d'automne, suivi d'une tarte aux pommes, ce midi, ça valaient le coup de fourchette.

Je ne vais pas vous refaire le coup des lectures revigorantes, bien que je vous conseille la lecture du 1 de cette semaine : "Comment ne pas devenir fou ?": en voilà une question, qu'elle est bonne !

Je ne vais pas vous bercer de douces mélodies anesthésiantes, bien que la musique, il n'y a que ça de vrai, croyez-moi ! L'avez-vous écouté, le dernier album de Norah Jones, Begin again ? C'est bien. Sa voix, depuis 2002, depuis Come away with me, est devenue plus profonde, plus patinée, tout en conservant sa douceur. 

Je ne vais pas occuper votre espace cérébral disponible avec des séries à n'en plus finir, mais vraiment, The Undoing dont j'ai vu les 4 premiers épisodes ce week-end, est vraiment captivante. 

Par contre, je veux vous parler de l'action du Secours populaire qui consiste à préparer des cadeaux de Noël pour les plus démunis : quelque chose de chaud, quelque chose de bon, un mot doux, un loisir, un produit de beauté. Et on emballe ça avec amour dans une boîte de chaussure. 

Par contre, je peux vous parler des collectivités qui ont mis de l'argent pour financer des bons d'achat chez les commerçants de notre coin : pensez à tout ces petits artisans, ces marchands de bonheur de notre ville, qui nous font de belles vitrines, qui nous permettent de trouver ce qu'on ne peut pas essayer sur Amazon et ce qu'on ne peut pas toucher sur Wish. Ils nous permettent d'être sûrs de ne pas être déçus en déballant un colis venant de Chine, et ça, ça n'a pas de prix ! Pensez aussi aux restaurateurs, qui nous permettent de passer des soirées sympa, entre amis ou en amoureuses. S'ils venaient à faire faillite, nous déprimerions encore plus. 

Tant qu'il y a de la solidarité, tout n'est pas perdu. Et continuons d'être prudents ! Portez-vous bien !

dimanche 15 novembre 2020

Il faut partager ses recettes


La recette du bonheur, parfois, c'est juste de partager ses recettes. Aujourd'hui, j'ai fait un rosbif au four. Une recette sans rien de particulier, je le masse avec amour avec un peu d'huile d'olive, de l'ail écrasé, du sel, du poivre de Madagascar, un peu de thym et je l'entoure d'un peu de beurre. Ensuite, on compte un quart d'heure par livre dans un four bien chaud et c'est prêt. 

J'ai accompagné cette belle pièce avec un gratin de fenouil. J'ai fait un roux brun à ma manière, c'est à dire que j'ai fait fondre du beurre avec de l'ail écrasé — je suis très ail écrasé, aujourd'hui, c'est bon pour la circulation du sang — j'ai saupoudré de farine, en pluie, en mélangeant le tout avec un fouet et quand la couleur était à ma convenance, joliment dorée, et que la consistance était lisse et pâteuse, alors j'ai incorporé du bouillon en continuant de mélanger pour éviter les grumeaux. Les fenouils avaient préalablement cuit à la vapeur et ils étaient tendres comme un bonbon à l'anis. Je les ai disposés dans un plat à gratin, j'ai parsemé du comté sur leur fesses rebondies et j'ai versé mon roux dessus. J'ai ensuite mis cela au four à côté du rosbif. 

C'était bon. 

Malheureusement, je n'ai pas la recette de gâteau de Savoie de la grand-mère d'Amandine. C'était une pâtissière extraordinaire. Elle a emporté avec elle les secrets et les tours de main merveilleux pour ses forêts noires et son fameux gâteau de Savoie parfumé au citron, tellement léger et délicat, tellement aérien...

mercredi 11 novembre 2020

Quelques moments...

Moment poétique pendant la promenade sous le pâle soleil de novembre : 

C’est un trou de verdure où chante une rivière, 
Accrochant follement aux herbes des masques jetés à terre. 

Moment insolite du jour : 

Pour pouvoir cocher la case “Sortir mon animal de compagnie” sur l’attestation dérogatoire, un couple de charmants monsieur dame a décidé de balader sa perruche, dans sa cage. Petit effet surréaliste très mignon. 

Moment émouvant : 

Cérémonie du 11 novembre avec un public clairsemé. La Marseillaise jouée sur l'orgue du Temple par Madame M. était particulièrement émouvante. Merci...

Un grand-père est venu me saluer à la fin du trop court dépôt de gerbe. “Je me souviens, les années précédentes, la foule, les militaires en grande tenue...C’est triste, cette année. Ah ! Il y a un ou deux ans, il y avait l'harmonie et ils avaient joué La Madelon...Mon petit-fils avait adoré, il avait chanté ça tout l’après-midi, ensuite…” 

Moment méthode Coué : 

Je vais bien. Il fait beau. Je me détends, sans trop me prendre la tête. Je ne crois pas être malade. Je pense que je ne suis jamais malade. J’éloigne le mal avec la superstition du mal. Avec l’hypocondrie schizophrène qui consiste à dire que je suis malade sans y croire une seconde. A la vérité, je me pense invincible. Exactement comme entre deux crises de migraine : quand cela fait quelques semaines que je n’ai pas eu de crise de migraine, je pense que je n’en aurai plus jamais. Que je suis devenue résistante, que je suis guérie. Quand elle revient, d’ailleurs, je ne crois pas en elle, je ne prends pas le médicament de crise à temps, pensant toujours que ce n’est pas possible, qu’elle ne reviendra plus. J’ai une confiance démesurée en mon corps. Je suis persuadée qu’il ne me lâchera pas. Je suis exactement dans cet état d’esprit pour le COVID. Il ne passera pas par moi. Je coche toutes les cases qui permettent de ne pas l’avoir : je suis une femme sans co-morbidité, sans symptôme agravant, sans asthme, sans diabète (je n’ai pas fait de prise de sang depuis si longtemps…), sans cholestérol, sans obésité. Je ne fume pas, je suis relativement active. Je mange sainement. Je suis du groupe sanguin O. Je n’ai aucune chance de l’attraper, sinon, ce serait déjà fait, entre les élections en mars ou le retour en classe dès le mois de mai, ou encore cette rentrée au collège dans des conditions pas sanitaires du tout...n’est-ce pas ? Je suis même un cas d’étude pour la médecine, soyons honnête. Mais mes intestins sont bel et bien patraques, mon estomac, pas terrible. J’ai pris des cachets, mais j’ai eu mal à la tête une bonne partie de la journée et je ne peux pas nier une certaine fatigue, des cernes immenses sous les yeux alors que cela fait maintenant une semaine que je suis au repos le plus strict, que j’ai plutôt bien dormi et bien mangé...Je devrais avoir une pêche d’enfer. On verra demain matin.