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dimanche 15 novembre 2020

Il faut partager ses recettes


La recette du bonheur, parfois, c'est juste de partager ses recettes. Aujourd'hui, j'ai fait un rosbif au four. Une recette sans rien de particulier, je le masse avec amour avec un peu d'huile d'olive, de l'ail écrasé, du sel, du poivre de Madagascar, un peu de thym et je l'entoure d'un peu de beurre. Ensuite, on compte un quart d'heure par livre dans un four bien chaud et c'est prêt. 

J'ai accompagné cette belle pièce avec un gratin de fenouil. J'ai fait un roux brun à ma manière, c'est à dire que j'ai fait fondre du beurre avec de l'ail écrasé — je suis très ail écrasé, aujourd'hui, c'est bon pour la circulation du sang — j'ai saupoudré de farine, en pluie, en mélangeant le tout avec un fouet et quand la couleur était à ma convenance, joliment dorée, et que la consistance était lisse et pâteuse, alors j'ai incorporé du bouillon en continuant de mélanger pour éviter les grumeaux. Les fenouils avaient préalablement cuit à la vapeur et ils étaient tendres comme un bonbon à l'anis. Je les ai disposés dans un plat à gratin, j'ai parsemé du comté sur leur fesses rebondies et j'ai versé mon roux dessus. J'ai ensuite mis cela au four à côté du rosbif. 

C'était bon. 

Malheureusement, je n'ai pas la recette de gâteau de Savoie de la grand-mère d'Amandine. C'était une pâtissière extraordinaire. Elle a emporté avec elle les secrets et les tours de main merveilleux pour ses forêts noires et son fameux gâteau de Savoie parfumé au citron, tellement léger et délicat, tellement aérien...

jeudi 21 mai 2020

En suspens

Le déconfinement est achevé, j’ai l’impression, la vie a repris son cours. Hier soir, nous étions chez des amis, une soirée d’été, autour d’un feu, une belle soirée à rire, à chanter, à se raconter le confinement, le télétravail, les projets en suspens. Une soirée normale, même si on a failli se faire la bise dix fois, en arrivant, en repartant et que c’était difficile de ne pas céder à ce plaisir simple, à ce geste si naturel.

On aura peut-être un retour de bâton. En attendant, les projets sont en suspens et c’est cela qui nous rappelle que tout n’est pas absolument normal.

Pour la mairie, les travaux, les projets, l’urbanisme, toutes les belles idées de la campagne électorale sont comme gelés, confinés, pour l’instant. Ce qui signifie aussi que pour les entreprises, la reprise n’est pas encore là. Une chose est certaine, au moins, jusqu’au prochain aléa, le conseil municipal d’installation va enfin avoir lieu. Ce sera lundi prochain. De ce côté-là au moins, nous allons enfin pouvoir retrouver une certaine tranquillité.

Pour le collège, nous avons eu une réunion virtuelle hier, avec les collègues, pour préparer le retour en classe, début juin, progressivement. Ce sera frustrant, là aussi : nous n’aurons que quelques élèves présents physiquement, nous devrons les regrouper par niveau, nous ne retrouverons évidemment pas nos classes, nos élèves. Nous allons finir l’année de manière bâtarde, en laissant en suspens les séquences commencées virtuellement. Nous ne reverrons probablement pas une dernière fois tous les 3e que nous avons quittés précipitamment en mars et qui seront au lycée en septembre. Tout aura un goût d’inachevé. Nous avons tenté d’envisager la rentrée de septembre, aussi, mais là encore nous sommes dans l’incertitude la plus complète : les conditions sanitaires seront-elles encore les mêmes ? Devrons-nous maintenir des groupes de 15 élèves ? Faire des roulements, avoir des élèves en classe virtuelle et d’autres au collège ? Comment seront gérés les déplacements dans ce collège déjà trop petit en temps normal ? Et les toilettes ? Et les récrés ? Rien ne sera simple. Tout est flou.

Pour la vie, les vacances, la famille, c’est tout aussi frustrant : les réservations sont annulées pour certains. Les voyages, mêmes prévus de longue date ne pourront probablement pas se concrétiser. Je n’ai toujours pas vraiment pris la décision d’aller voir ma mère. J’ai toujours le sentiment d’être un risque pour elle. Me faire tester est une option. Avec le risque d’être positive et de contraindre les gens avec qui je vis et je travaille à une quarantaine.

Mais prenons les problèmes les uns après les autres. Si cette crise nous apprend à être un peu moins dans le contrôle et la planification, ce sera peut-être un bien pour notre santé mentale, non ? Alors ce midi, j’ai fait de la truite au four, avec du citron, du thym, de l’huile d’olive. Un beau filet de truite rose du Sundgau. Avec des tagliatelles, des tomates, des courgettes. On a mangé sur la terrasse, le temps est radieux.

Tout va bien.


mercredi 15 avril 2020

Journal de guerre contre un virus #31


Je n’ai pas de fièvre.

Ce soir, j’ai prévu de faire une pizza. J’en fais de très bonnes, selon la personne qui partage mes repas ! Mais en général, le mercredi soir, mais aussi parfois le jeudi, voir le mardi quand la semaine commence très fort, on va chercher une pizza chez Jacky, juste en bas de chez nous. Les pizzas de Jacky sont délicieuses, au feu de bois...J’aime bien la Toscane, avec des tomates cerises, de la mozzarella, du jambon cru et du mesclun.

Jacky habite au-dessus de son restaurant et je vois combien il tourne comme un lion en cage en attendant de pouvoir rouvrir son restaurant. Il a installé les parasols de sa terrasse le week-end dernier. Et je suis sûre que cela a fait du bien au moral de tout le quartier...

Mais j’imagine l’angoisse de tous les commerçants, de tous les restaurateurs, de tous les artisans à l’arrêt pour une durée qu’on ne connaît pas vraiment. Et qui écoutent, dubitatifs, des promesses d’aides du président de la République, plus que vagues.

Mon coiffeur, qui est aussi juste en bas de chez moi, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’a priori, il pourrait peut-être rouvrir le 11 mai. On n’en sait rien, en fait. Mais qu’il sache que je l’espère ardemment et que j’aimerais avoir un rendez-vous assez rapidement ! (comme tout le monde, je suppose)

Le moment est terrible. On ignore tout de la sauce à laquelle on va être mangés. Ma mère n'en peut plus. L'annonce de Macron l'a mise à plat. Comme nous tous. Mais tout devient une galère pour elle. Un verre de ses lunettes est tombé et il semble que c'est sa vie qui s'écroule. Même si elle a une paire de lunettes de rechange. Et j'essaie de ne pas craquer avec elle quand je l'ai au téléphone.

L’après sera terrible et j’espère que les gens consommeront en bas de chez eux, qu’ils n’auront pas dépensé tous leurs sous sur les sites internet, pendant le confinement.

Donc, je fais une pizza, pour ce soir et comme j’en fais régulièrement, il se trouve que je n’avais plus de levure de boulanger. Heureusement, en ces temps de drôle de guerre, la solidarité joue à plein. Et c’est Sylvana, qui sait que je cuisine (pas autant qu’elle et pas aussi bien…) qui m’a filé une recette de levain : 100 ml de bière (ça, on en a toujours), 1 cuillère à café de sucre, 1 cuillère à soupe de farine. Et on laisse à température ambiante pendant une nuit. Je ne suis pas sûre du résultat, mais cela vaut le coup d’essayer. D’autant que les magasins sont en rupture de stock, pour la levure de boulanger. Tout le monde s’est mis à faire du pain à la maison, paraît-il.

La pâte est jolie, elle sent bon, la recette a l'air bonne, même si elle n'est pas hyper levée. Mais il ne fait pas très chaud, ce soir, il y a cette petite bise...


La pâte, c’est simple : en temps ordinaire, 150 grammes d’eau tiède, un sachet de levure de boulanger. Là, deux cuillères à soupe de ce mélange suspect qui ne ressemble pas du tout à de la levure fraîche de boulanger... 250 grammes de farine, une cuillère à café de sel, deux cuillères à soupe d’huile d’olive. Et un bon pétrissage. Puis on laisse lever une bonne heure.

Je fais la sauce tomates, aussi. Quand ce n’est pas la saison des tomates, comme actuellement, je prends toujours des tomates pelées bio en boîtes. Un oignon qu’on fait revenir dans un peu d’huile d’olive, les tomates, du sel, du poivre, du piment d’espelette et du thym. Et on laisse mijoter tranquillement au coin du feu...l’air s’embaume d’un parfum d’Italie.

Vivement tout de même, que l’on puisse déguster les merveilleuses pizzas de Jacky.

Bon appétit !

samedi 4 avril 2020

Journal de guerre contre un virus #20

Avec un petit verre de Viré-Clessé
Je n’ai pas de fièvre.

Depuis Instagram, je poste quelques photos sur Facebook. En ce moment, sans conteste, les photos ayant le plus de succès sont les photos de nourriture.

Comme en temps normal, Amandine et moi sommes accros aux restaurants, il faut que je sois à la hauteur durant le confinement. Je ne me débrouille pas mal, très humblement. Mon seul défaut est souvent la paresse, ce qui nous pousse plus souvent qu’il faudrait dans les gargotes du coin, pour notre plus grand plaisir.

En général, les frites, par exemple, c’est un plat qu’on ne mange qu’au restaurant. Je n’ai pas de friteuse. Alors pendant cette période si difficile - déjà qu’on ne peut plus aller chez le coiffeur, déjà qu’on ne peut plus aller boire un coup au marché couvert, déjà qu’on ne peut plus aller au resto..., nous n’allons pas en plus nous priver de frites.

Recette des frites maisons sans friteuse. 

Couper des pommes de terre au format frites, après les avoir épluchées, cela va de soi.
Les enduire d’un peu d’huile d’olive, de thym, d’ail écrasé, de sel et de poivre.
Les mettre sur une plaque allant au four, matériel d’électroménager que vous aurez préalablement mis à chauffer à 200 ou 220 degrés.
Enfournez durant une trentaine de minutes, en position assez haute et pensez à mettre sur gratin en fin de cuisson pour que ce soit plus joli et plus grillotté.
Régalez-vous.

C’est simple, c’est bon, c’est gourmand et c’est presque mieux qu’au resto. Cependant, pas d’inquiétude pour nos amis restaurateurs : nous reviendons après la crise. La flemme reprendra le dessus.

Et puis il faudra soutenir l’économie locale : les commerçants, les producteurs. C’est ce que je fais depuis longtemps. Par exemple, cela fait trois ans que je fais toutes mes courses alimentaires (sauf les bananes, mais d’ailleurs, nous allons bientôt être en rupture de bananes, non ? Quel drame affreux !) sur le site placedulocal.fr 

C’est une entreprise qui va chercher tout un tas de bons produits dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de chez nous, qui les recense dans un catalogue en ligne, sur lequel on passe commande entre le jeudi et le lundi midi et qui nous sont livrés entre le mercredi soir et le samedi. Non seulement c’est un luxe d’être livré à domicile, mais tous comptes faits, ce n’est pas plus cher et bien meilleur qu’au supermarché. Des légumes, de la viande, de l’épicerie, du fromage, des oeufs, du lait, des yaourts, des boissons alcoolisées ou pas, des produits d’hygiène et de nettoyage. Beaucoup de produits bio ou du moins avec une grande attention portée à l’environnement. A peu près tout, sauf le papier toilette. Et pas mal de choix, des nouveautés régulièrement...

Leur activité a triplé pendant la crise. Ils ont embauché, ils ont dû trouver de nouveaux producteurs, ils font face admirablement. Je leur souhaite seulement que cela continue après la crise : que les gens se souviendront que les produits sont bons, que le service est excellent, que les prix sont corrects et qu’ils permettent de faire vivre une entreprise locale et des agriculteurs, des artisans du coin.

Prenez soin de vous !

mardi 31 mars 2020

Journal de guerre contre un virus #16

Je n’ai pas de fièvre.

Le soleil est là, à nouveau. Si ses rayons ne réchauffaient guère ce matin, cet après-midi, la terrasse est le spot le plus doux de la terre. Pour ma guitare et moi. Quelques familles se baladent, poussant draisienne ou poussette. Il faut aérer les petits. Si le temps reste au beau fixe, je finirai ce confinement bronzée comme si j’étais allée aux Seychelles.

Tandis que les journaux et les chaînes d’infos nous annoncent tranquillement ce qui doit changer au 1er avril, les APL en moins, les droits au chômage à la baisse, le prix du gaz à la hausse, comme si de rien était, notre vie entière est en train de changer.

La véritable question, pourtant, c’est de savoir ce qui va vraiment changer. Pour nos dirigeants, visiblement, rien ne va changer : on continue à aider en priorité banques et entreprises du CAC40. Tout en se félicitant que quelques uns de nos fleurons de l’industrie soient capables de se mobiliser pour fabriquer quelques centaines de respirateurs pour la mi-mai. Tout en se félicitant que nos grandes entreprises arrivent soudain à produire quelques millions de masques pour la fin avril. Sans avoir pensé à faire fabriquer des charlottes, des surchaussures et des blouses jetables, en même temps.

On va relocaliser, dit-on. Promesse de crise. Mais si on ne pouvait pas compter sur les productions chinoises, soyons honnêtes, notre imprévoyance nous conduirait dans le mur.

C’est le bla-bla de Macron, ce midi. 4 milliards d’Euros pour Santé Publique France. D’ici qu’on en voie la couleur, là, sur le terrain, dans mon département qui est l’un des plus touchés de France, on en sera à COVID-22. Minimum.

Les effets d’annonce sont légions depuis le début de la crise. Par exemple, la prime de 1500 Euros à laquelle les indépendants peuvent prétendre pour les pertes du mois de mars. Les conditions sont tellement contraignantes que personne n’y aura droit. A peu près comme les masques fantômes. 

Aujourd’hui, j’ai fait un plat d'épinards à la béchamel avec des oeufs durs, des croutons délicatement frottés à l'ail, vous savez...ce plat qu’on n'aimait pas quand on était petit mais qu’on aime bien, maintenant, parce qu’il nous rappelle notre enfance. Aujourd’hui, demain...ce qui change, pourquoi ça change...Je vous laisse cogiter.

 Bonne soirée.

mercredi 13 mars 2013

Un nouveau blog de cuisine !

Bonne nouvelle !

C'est un blog débutant, donc, il faut l'encourager !



Kelbim, dont j'ai déjà eu l'occasion de goûter les cannelés il y a quelques années - un délice -, est un tout jeune blogueur plein d'avenir.

Notez-le sur vos tablettes, enregistrez-le dans vos readers : http://nomnom-blog.verygames.net/

CC

dimanche 30 décembre 2012

Repas in progress : la bûche piña colada !

Il faut toujours commencer par la fin. Donc, la bûche, c'est fait.

Cette année, c'est une bûche des îles : noix de coco, ananas.

Pour le biscuit :
- 3 œufs
- 100 grammes de sucre
- 80 grammes de farine.

Préchauffez votre four à 200 °C
Battre les jaunes avec le sucre.
Battre les blancs en neige.
Ajoutez doucement la moitié de la farine aux jaunes.
Ajoutez doucement la moitié des blancs.
Ajoutez le reste de la farine. 
Ajoutez le reste des blancs.
Étalez la préparation sur une plaque qui va au four, préalablement beurrée. Cuire durant 8 à 10 minutes, en surveillant.
Au sortir du four, roulez le biscuit dans un torchon humide.

Pour la garniture : 
- 400 grammes de lait de coco
- 100 de lait
- 2 œufs entiers, deux jaunes
- 40 grammes de farine
- 1 sachet de sucre vanillé
- 70 grammes de sucre
- Un petit ananas
- Une bonne rasade de Malibu Coco.

Mélangez le lait de coco, le lait, les œufs, la farine, le sucre et le sucre vanillé dans une casserole, portez lentement à ébulition en remuant constamment. En 7 ou 8 minutes, vous devez obtenir une consistance épaisse. Retirez du feu et mettez dans un mixeur, avec l'ananas épluché et coupé en petits morceaux. Mixez. Ajoutez le Malibu.

Fourrez votre bûche.

Vous pouvez aussi la décorer avec du chocolat fondu, de la noix de coco en poudre et un petit renne ridicule.

CC