C'est un film qui sortira bientôt, qui était à Cannes le printemps dernier et qui me paraît fascinant.
Les Invisibles. Le titre, déjà m'interpelle, parce que justement, je me pose en ce moment des questions sur la visibilité...Enfin...vous savez.
Je n'ai vu que la bande annonce et deux extraits.
Je me suis retrouvée, particulièrement, dans celui-ci.
CC
mercredi 14 novembre 2012
mardi 13 novembre 2012
lundi 12 novembre 2012
To be or not to be une lesbienne à la gay pride ?
Quel est le meilleur moyen de défendre les droits des personnes homosexuelles ?
C'est un peu la question que je me posais il y a quelques temps sur ce blog. Ma question n'était pas très claire et ma réponse un peu alambiquée.
Pour schématiser, je me demandais s'il fallait que je sois plus "visible", que je me transforme en camionneuse pour coller à l'image qu'on attend de moi, ou s'il fallait que je participe à la gay pride déguisée en...en je ne sais quoi d'ailleurs. Je ne suis pas vraiment "communautariste". Je vis en province et pas dans le Marais.
Coller à l'image qu'on attend de moi, pour peu que l'on sache que je suis homosexuelle, voilà une idée étrange. Mais il m'est arrivé de surprendre, lors d'une première rencontre de blogueur, parce que les gens n'attendaient pas à me voir ainsi...Le blogueur en question se reconnaîtra : la discussion fut intéressante et je crois que j'ai réussi à changer des idées reçues sur le sujet en étant moi-même, mieux qu'en étant ce qu'on attendait de moi...
Mais il n'empêche que l'idée de modèle identifiable reste une bonne idée : j'ai expliqué que si j'avais réussi, à l'adolescence, à assumer ma sexualité, c'était aussi grâce à certains de ces modèles clairement reconnaissables. Encore fallait-il que ces modèles soient positifs, bien sûr : alors au delà du look, il faut aussi une réussite sociale, être bien intégré, vivre "normalement". En fait, l'idée de norme est au cœur de ces interrogations.
D'ailleurs, lorsque nous sommes en plein cœur de ce débat pénible sur le mariage pour les personnes de même sexe, je trouve qu'il est intéressant de s'interroger sur la norme. Aujourd'hui, le texte de Virginie Despentes m'interpelle : elle répond avec beaucoup de violence à cette autre violence qui consiste à ne pas nous considérer tout à fait comme des êtres humains, en nous refusant les mêmes droits que les autres. C'est une autre manière de militer. Le rapport à la norme est toujours une question de point de vue et le point de vue qui s'exprime à travers ceux qui s'opposent au mariage pour tous, c'est la voix de l'homme. Dans le débat, les gays ne peuvent pas être considérés comme des hommes normaux et les lesbiennes n'existent presque pas, sauf quand on parle des enfants, de l'adoption et de la PMA. On réduit une fois de plus les hommes et les femmes aux rôles qu'on attend d'eux.
Je crois aussi que le lesbianisme, pour revenir à ce sujet précis, est aussi un féminisme. Et que ce que nous mettons en question, fortement et avec impudeur, c'est la femme, sa place, sa sexualité, son rôle dans la société. Ce sont encore des sujets tabous. C'est un des nœuds du problème.
Je parlais il y a peu avec un oncle que j'aime beaucoup et qui est un soutien, dans la période difficile que je vis. Il a compris, avec beaucoup de finesse et de psychologie, la corde raide sur laquelle on avance : il faut vivre sa vie, s'épanouir, être heureux et équilibré, autant que possible, pour soi, mais aussi pour ceux qui nous aiment. Mais il faut aussi juger de ce qui est utile à dire et à faire en fonction de ceux qui nous aiment, aussi : est-il vraiment nécessaire de choquer des grands-parents qui ne sont pas prêts à accepter cela ? Est-il nécessaire d'imposer son mode de vie à des gens qui ne pourraient pas le comprendre et qui s'en trouverait mal à l'aise ? Il faut savoir jongler entre tout cela avec subtilité, au quotidien et c'est un exercice difficile. Et puis est-on toujours sûr de la réaction de ceux à qui on craint de le dire ? Comment savoir ? Comment n'avoir point de regrets, ensuite ?
Beaucoup de questions, pour une réponse, n'est-ce pas, Annabel ?
CC
C'est un peu la question que je me posais il y a quelques temps sur ce blog. Ma question n'était pas très claire et ma réponse un peu alambiquée.
Pour schématiser, je me demandais s'il fallait que je sois plus "visible", que je me transforme en camionneuse pour coller à l'image qu'on attend de moi, ou s'il fallait que je participe à la gay pride déguisée en...en je ne sais quoi d'ailleurs. Je ne suis pas vraiment "communautariste". Je vis en province et pas dans le Marais.
Coller à l'image qu'on attend de moi, pour peu que l'on sache que je suis homosexuelle, voilà une idée étrange. Mais il m'est arrivé de surprendre, lors d'une première rencontre de blogueur, parce que les gens n'attendaient pas à me voir ainsi...Le blogueur en question se reconnaîtra : la discussion fut intéressante et je crois que j'ai réussi à changer des idées reçues sur le sujet en étant moi-même, mieux qu'en étant ce qu'on attendait de moi...
Mais il n'empêche que l'idée de modèle identifiable reste une bonne idée : j'ai expliqué que si j'avais réussi, à l'adolescence, à assumer ma sexualité, c'était aussi grâce à certains de ces modèles clairement reconnaissables. Encore fallait-il que ces modèles soient positifs, bien sûr : alors au delà du look, il faut aussi une réussite sociale, être bien intégré, vivre "normalement". En fait, l'idée de norme est au cœur de ces interrogations.
D'ailleurs, lorsque nous sommes en plein cœur de ce débat pénible sur le mariage pour les personnes de même sexe, je trouve qu'il est intéressant de s'interroger sur la norme. Aujourd'hui, le texte de Virginie Despentes m'interpelle : elle répond avec beaucoup de violence à cette autre violence qui consiste à ne pas nous considérer tout à fait comme des êtres humains, en nous refusant les mêmes droits que les autres. C'est une autre manière de militer. Le rapport à la norme est toujours une question de point de vue et le point de vue qui s'exprime à travers ceux qui s'opposent au mariage pour tous, c'est la voix de l'homme. Dans le débat, les gays ne peuvent pas être considérés comme des hommes normaux et les lesbiennes n'existent presque pas, sauf quand on parle des enfants, de l'adoption et de la PMA. On réduit une fois de plus les hommes et les femmes aux rôles qu'on attend d'eux.
Je crois aussi que le lesbianisme, pour revenir à ce sujet précis, est aussi un féminisme. Et que ce que nous mettons en question, fortement et avec impudeur, c'est la femme, sa place, sa sexualité, son rôle dans la société. Ce sont encore des sujets tabous. C'est un des nœuds du problème.
Je parlais il y a peu avec un oncle que j'aime beaucoup et qui est un soutien, dans la période difficile que je vis. Il a compris, avec beaucoup de finesse et de psychologie, la corde raide sur laquelle on avance : il faut vivre sa vie, s'épanouir, être heureux et équilibré, autant que possible, pour soi, mais aussi pour ceux qui nous aiment. Mais il faut aussi juger de ce qui est utile à dire et à faire en fonction de ceux qui nous aiment, aussi : est-il vraiment nécessaire de choquer des grands-parents qui ne sont pas prêts à accepter cela ? Est-il nécessaire d'imposer son mode de vie à des gens qui ne pourraient pas le comprendre et qui s'en trouverait mal à l'aise ? Il faut savoir jongler entre tout cela avec subtilité, au quotidien et c'est un exercice difficile. Et puis est-on toujours sûr de la réaction de ceux à qui on craint de le dire ? Comment savoir ? Comment n'avoir point de regrets, ensuite ?
Beaucoup de questions, pour une réponse, n'est-ce pas, Annabel ?
CC
samedi 10 novembre 2012
Elle s'appelle mademoiselle
{Un vieux texte...juste comme ça, sans prétention...}
Elle a tout d’une vieille fille du temps de mon arrière-grand-mère.
Elle est austère, sèche, vêtue de noir. Les enfants se moquent d’elle et
pourtant, elle reste impassible. Elle a vécu.
Moi, je la rencontre sur le palier ou dans l’ascenseur. Elle est
craintive. Je suis jeune, alors elle a peur de moi. C’est souvent le
cas, avec les personnes âgées. Je suis polie, pourtant, je
dis bonjour et je souris. J’ai le contact facile, on me le dit
souvent. Mais elle me résiste et ça m’intrigue. Ça m’inquiète, ça me
fascine. L’histoire des gens transparaît souvent entre les
non-dits. J’aime à m’imaginer la jeunesse et la pauvre vie des gens.
On voit bien plus de choses à travers une fenêtre fermée, comme disait
Baudelaire…
J’essayais parfois de l’imaginer jeune et belle, dans ses folles
années cinquante. Les robes évasées devaient bien lui aller…Elle était
brune, probablement, vu la blancheur immaculée de ses
cheveux de vieillard. Elle avait les traits précis, le visage
harmonieux et de grands yeux bruns avec de longs cils. Elle est toujours
belle. Elle vieillit comme un arbre. Elle s’est ridée, mais
elle a du caractère, un regard fier et fort. Ses mains sont
volontaires, ses gestes affirmés, elle n’hésite pas, ne tremble pas.
Comment peut-on imaginer qu’une si belle femme n’ait jamais séduit
d’homme. Elle s’appelle Mademoiselle. Qu’elle se retrouve seule, sans
enfant, sans soutien, à son âge, ça me laisse perplexe.
L’autre jour, je manquais de sel ou de sucre, je ne sais plus. J’ai
osé sonner chez elle. D’habitude, je sonne chez la mère de famille du
dessous ou alors je file à l’épicerie. D’habitude, je ne
prends pas vraiment de risque. Là, en fait, je ne sais même plus si
je manquais vraiment de quelque chose, à part d’une curiosité satisfaite.
Je suis rentrée chez elle. Ça ne sentait pas vraiment le vieux, la
poussière ou la lavande. C’était lumineux, aéré, le mobilier était
simple, intemporel. On se fait des idées sur les gens. Je
voulais croire qu’elle était vieille, raciste, conne, aigrie. Dans
le fond, ça collait à l’image que je voulais voir. Je me disais :
« C’est juste une vieille bigote fasciste qui va
vite voter Le Pen et qui sert son sac à main contre elle dès
qu’elle rencontre un jeune un peu bronzé… »
Ce soir-là, j’ai demandé mon sel ou mon sucre, je ne sais plus…Mais
j’ai trouvé une réponse, aussi. Pas sur la vie de cette femme, mais sur
moi-même.
Je suis bourrée de préjugés à la con.
N’empêche que cette première porte ouverte a permis de faire connaissance.
Quelques jours plus tard, c’était au tour de Mademoiselle de venir sonner à notre porte.
Je n’ai pas encore parlé de nous. Nous sommes deux filles et nous
vivons ensemble. Nous sommes encore suffisamment jeunes pour nous faire
passer pour des étudiantes en collocation. Aux voisins
indiscrets, nous disons toujours : « Il faudra que je demande à ma
colocataire. » C’est pratique, même si dans le fond, ça ne doit pas
tromper grand monde. Nous sommes lesbiennes,
voilà tout.
Nous sommes pacsées, même et nous nous aimons. Simplement, nous
tenons à notre tranquillité et nous nous faisons discrètes. Le monde qui
nous entoure n’est pas tendre. En banlieue, les gamins
nous jetteraient bien des pierres et nous pourrions bien avoir les
pneus de nos voitures crevés, si nous nous affichions officiellement
comme goudous.
En général, quand on sonne à la porte, mon amie se réfugie dans la
deuxième chambre qui nous sert de bureau. Pas question qu’on nous voit
ensemble chez nous.
Pourtant quand Mademoiselle a sonné, c’est ma compagne qui est allé
ouvrir. Et je suis restée là. Elle est entrée, elle n’a rien dit,
d’abord, elle a juste porté un long regard circulaire sur
l’appartement, elle nous a observées, ensuite, l’une après l’autre,
avec une relative bienveillance, avec le regard doux et malicieux d’une
grand-mère qui en sait long.
Elle était élégante, là, dans l’entrée de notre appart. Nous n’en menions pas large, plantées devant elle.
Elle prit enfin la parole :
« - Excusez-moi, je vous dérange à une heure un peu tardive. Mais
vous rentrez tard et je voulais absolument vous rendre visite. Je
voulais vous voir toutes les deux. »
Nous avons échangé un regard un peu inquiet. Nous avions souvent
parlé de cette impression étrange que cette demoiselle nous faisait. Le
fait que nous l’imaginions intolérante, aigrie, grenouille
de bénitier, ne nous inspirait pas vraiment confiance. Elle referma
la porte derrière elle et nous eûmes soudain l’impression d’être prises
au piège dans notre propre maison.
Avec un sourire incertain, je lui demandai si elle allait bien, je l’invitai à rentrer, à se mettre à l’aise.
Elle me rétorqua avec beaucoup d’esprit :
« - Ne faites donc pas tant de chichis ! Je ne suis pas une vieille
théière en porcelaine, vous pouvez me parler normalement. Vous êtes
marrants, vous les jeunes. Vous pensez que les
vieux, c’est comme les enfants, vous pensez qu’il faut nous
protéger, nous parler en articulant exagérément et prendre des
pincettes…Mais on a été jeunes, aussi, bon dieu ! »
Le ton était donné. Elle rentra, s’assit dans la cuisine, posa sa
veste sur la chaise et déclara qu’elle aurait bien pris un petit apéro.
C’était une vieille grincheuse, et voilà qu’on avait
Madame Sans Gêne ! Mais on commençait à bien apprécier !
Pendant que mon amie sortait des verres et que je cherchais ce qu’on
pouvait bien lui proposer, elle commença son interrogatoire.
« - Alors comme ça, vous êtes étudiantes ? C’est ce qui se dit dans
l’immeuble. Mais vous avez quel âge ? On étudie de plus en plus
longtemps de nos jours. Et du coup, on oublie de
vivre, j’ai bien l’impression. »
Les questions n’appelaient pas de réponses. A peine avions-nous le
temps de bredouiller des « Euh…oui… ! Euh… » stupéfaits, alors que nous
farfouillions dans nos placards, qu’elle
enchaînait :
« - Parce qu’il ne faudrait pas oublier de vivre, quand même. La
collocation, c’est une solution, forcément, pour le loyer, c’est moins
cher, je comprends bien. Avec le coût de la vie
actuellement, hein, on est tous pareil. Moi, je ne fais plus mes
courses dans le quartier. Je prends le bus, je vais au truc discount,
là, comme ils appellent ça…On n’avait pas ça de notre
temps… »
C’était une logorrhée. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Comme si,
seule chez elle, habituellement, elle avait retenu ses mots pendant des
années et qu’elle les livrait là, tous, d’un coup.
Ou alors, elle voulait nous dire quelque chose. Elle tournait autour du pot.
On avait enfin débouché une bouteille de Bordeaux, on était enfin
assises en face de cette femme qui nous paraissait de moins en moins
vieille. Sa voix était belle. Elle nous semblait de moins en
moins fragile, ses yeux brillaient. Elle nous racontait un peu sa
vie, elle nous dit qu’elle avait travaillé très jeune, qu’elle avait eu
une jolie vie, même si rester célibataire, à son époque,
ça n’était pas bien vu.
Elle nous posa enfin quelques questions qui attendaient des
réponses : ce qu’on voulait faire, comme métier, ce qu’on envisageait
comme vie. Est-ce qu’on avait des amoureux ? Elle en
savait plus long sur nous qu’elle n’en disait. C’était évident.
Ses yeux étaient perçants et ironiques quand elle nous demanda si on avait des amoureux.
Un blanc s’installa. Quelques secondes, à peine. On se regardait un
peu par en dessous, un sourire un peu idiot sur les lèvres. On la
regarda dans les yeux, très franchement.
« - Un amoureux ? Non, déclarai-je.
- Ça ne nous intéresse pas vraiment, en fait, ajouta mon amour…
- Ah ! Je vois, dit la demoiselle. Vous et les garçons, ça fait
deux, c’est ça ? Ne me dites pas que vous voulez rentrer dans les
ordres, ce n’est pas votre genre ! »
On était gênées, quand même. Elle avait beau avoir l’air sympa,
ouverte, pétillante, elle était âgée et dans le fond, on ne savait pas
où elle voulait en venir. Faire un coming-out, comme ça, au
milieu de notre cuisine, avec une voisine qu’on ne connaissait
presque pas, cela ne nous semblait pas si naturel.
C’est elle qui brisa le silence.
« - C’est pourtant plus facile à votre époque qu’à la mienne, bon
sang ! Je n’ai que ça à faire de ma vie, il faut dire : observer les
gens de l’immeuble, c’est ma passion !
Alors vous, je vous ai repérées tout de suite. Vous savez ce que
c’est, c’est comme un radar. Et puis vous vous aimez, ça se voit. Vous
respirez l’amour ! Vous avez beau faire comme si vous
étiez juste amies, vos gestes, vos attentions l’une envers l’autre
vous trahissent aux yeux de quelqu’un d’attentif… Je vous vois
inquiètes : il n’y a pas de raison, personne n’est vraiment
attentif, de nos jours. A part une vieille folle comme moi. »
On était scotchées, médusées, sans voix. Complètement stupides.
Elle se leva, remit sa veste, lentement, reprit son verre et aspira
la dernière goutte de vin rouge, avec des yeux gourmands.
« - Je suis une vraie bavarde, mais il faut que je vous laisse. Je
sais bien que vous travaillez. Vous partez tôt le matin, pas comme ces
étudiants qui ne font pas grand-chose ! Allez,
sans rancune. Vous savez bien que je ne parle à personne, dans
l’immeuble. Je ne vais pas aller raconter votre vie à tout le monde…Et
puis, merci pour le verre ! Ce Bordeaux est
délicieux ! »
On avait retrouvé le sourire. On la remercia d’être passée nous
voir, on lui assura que notre porte lui était ouverte, qu’elle pouvait
passer quand elle voulait, qu’elle ne nous dérangerait
jamais.
Après ces banalités d’usage, elle nous fit la bise et en nous
regarda avec gravité. Elle repoussa la porte qu’on avait déjà ouverte
pour ajouter ces mots que je n’ai jamais oubliés :
« - Vivez votre vie. Sans entrave. Ne laissez pas les autres vous
dicter vos valeurs. Ne faites pas les mêmes erreurs que moi. J’ai laissé
filer mes belles années, j’ai laissé filer mes
amours. Je suis maintenant seule, vieille et laide, je ne vis que de
regrets et de fantasmes. Je vis à travers ceux que j’observe, derrière
mes rideaux. C’est bien triste. »
Celle qu’on avait cru vieille et homophobe était en fait plus jeune
et plus ouverte que nous. Elle venait nous donner une leçon. Même si
elle n’avait pas eu le courage de vivre son amour pour les
femmes…Vraiment, avait-elle été lâche ? Non…
« - Un jour, je vous raconterai l’histoire d’amour de ma vie, je
vous parlerai de cette belle femme qui m’avait retourné les sangs, qui
m’avait fait perdre la tête. J’ai tout laissé pour
elle : mes parents, mes amis, ma ville d’origine. Malheureusement,
ça n’a pas suffit. Je vous raconterai tout ça…Mais promettez-moi de ne
pas laisser filer un si bel amour… »
Nous avons promis…
30 juin 2008.
CC
30 juin 2008.
CC
lundi 5 novembre 2012
L'amour du pays
samedi 3 novembre 2012
Femme au bord de la crise de nerfs
Ces vacances sont sans doute les moins reposantes que j'ai vécues depuis longtemps. On me dit pourtant tout le temps : "Ah ! C'est bien, vous avez 15 jours de vacances, cette année, grâce à ce gouvernement de coco..." Et pourtant, je suis épuisée.
Je suis en Savoie, j'aide ma mère. Il y a eu le notaire, les papiers, les courriers, les visites, le moral à remonter, les tracas du quotidien qui deviennent une montagne...
Je n'aime pas me plaindre, mais finalement, ce blog est là pour ça. Je n'en peux plus. C'est de la fatigue morale. Il faudrait que je dorme et sans faire des rêves tordus, il faudrait que je puisse avoir de vrais moment de vide. Heureusement, Amandine est là et elle m'aide, elle aussi.
Cependant, je me pose des questions...
Comment vraiment aider ses proches, dans le deuil ?
Est-ce qu'être trop présent est vraiment une aide ?
Est-ce que la vie doit continuer comme avant ?
J'ai peur de devenir une béquille indispensable et je ne suis pas sûre d'arriver à tenir ce rôle...
En fait, je suis sûre de ne pas pouvoir tenir ce rôle. Les réponses sont contenues dans les questions.
CC
Je suis en Savoie, j'aide ma mère. Il y a eu le notaire, les papiers, les courriers, les visites, le moral à remonter, les tracas du quotidien qui deviennent une montagne...
Je n'aime pas me plaindre, mais finalement, ce blog est là pour ça. Je n'en peux plus. C'est de la fatigue morale. Il faudrait que je dorme et sans faire des rêves tordus, il faudrait que je puisse avoir de vrais moment de vide. Heureusement, Amandine est là et elle m'aide, elle aussi.
Cependant, je me pose des questions...
Comment vraiment aider ses proches, dans le deuil ?
Est-ce qu'être trop présent est vraiment une aide ?
Est-ce que la vie doit continuer comme avant ?
J'ai peur de devenir une béquille indispensable et je ne suis pas sûre d'arriver à tenir ce rôle...
En fait, je suis sûre de ne pas pouvoir tenir ce rôle. Les réponses sont contenues dans les questions.
CC
jeudi 1 novembre 2012
L'important, ce sont les vivants
La Toussaint, c'est toujours triste.
Cette année, pour moi, c'est encore pire. Aujourd'hui, tout parle de la mort : le journal télé, la radio, les journaux, les gens.
Au cimetière, cet après-midi, il n'y avait pas grand monde. Les gens font porter des chrysanthèmes par les fleuristes. Les gens habitent loin et n'ont pas forcément des congés. On peut d'ailleurs penser aux morts autrement et ailleurs qu'au cimetière, durant un après-midi froid du mois de novembre.
La dame qui a dit la bénédiction s'est trompée dans le Notre Père. Ce n'est pas que j'ai beaucoup de religion...Mais je crois que les rites et les traditions changent et évoluent. Ce n'est pas très grave. On peut très bien ne pas oublier ses proches disparus sans avoir à se recueillir sur le marbre froid de la tombe, dans le gris d'un jeudi d'automne.
L'important, c'est la famille, les amis. L'important, ce sont les vivants, pour se souvenir, ensemble.
CC
Cette année, pour moi, c'est encore pire. Aujourd'hui, tout parle de la mort : le journal télé, la radio, les journaux, les gens.
Au cimetière, cet après-midi, il n'y avait pas grand monde. Les gens font porter des chrysanthèmes par les fleuristes. Les gens habitent loin et n'ont pas forcément des congés. On peut d'ailleurs penser aux morts autrement et ailleurs qu'au cimetière, durant un après-midi froid du mois de novembre.
La dame qui a dit la bénédiction s'est trompée dans le Notre Père. Ce n'est pas que j'ai beaucoup de religion...Mais je crois que les rites et les traditions changent et évoluent. Ce n'est pas très grave. On peut très bien ne pas oublier ses proches disparus sans avoir à se recueillir sur le marbre froid de la tombe, dans le gris d'un jeudi d'automne.
L'important, c'est la famille, les amis. L'important, ce sont les vivants, pour se souvenir, ensemble.
CC
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