Il y a de la menthe, des vignes et des bois de sapins, rien de bien malin. Il y a des chemins aux odeurs d'automne dans les sous-bois, une jolie petite église, nichée dans la verdure, entourée de vaches paisibles qui font tinter leur cloches doucement.
Il y a une petite école où je n'ai presque rien appris. Il y de belles amitiés, nouées autour de parties de pétanque et d'apéritif animés, il y a le vin de la vigne, les diots des cochons bio de la ferme, il y a les tomates et les figues. Il y a une nature abondante qui donne autant que les habitants.
Je suis un peu aveuglée, sans doute, par mon absence, par le fait que je ne reviens que pour les vacances. Je ne vois que le beau côté.
Il y a aussi des querelles de voisinage, parfois, il y a le maire qui décrète des âneries et les routes qui sont mal déneigées en hiver. Il y a aussi des ennemis de toujours, les corbeaux occasionnels, les lettres anonymes rigolotes qui nous tiennent bien en haleine tout un été.
Mais il y a surtout ce paysage superbe, grandiose, époustouflant. Justement parce que je ne reviens pas souvent, je reste à chaque fois émerveillée par ces montagnes aux couleurs variant selon les saisons.
Aujourd'hui, les arbres ont pris de belles couleurs. Ce soir, quand on est arrivées, il y avait le soleil couchant qui chauffait les falaises calcaires, leur donnant une belle couleur rose. Ici, on appelle ça le "soleil des lièvres". Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c'est beau.
mardi 30 octobre 2012
lundi 29 octobre 2012
Il y a toujours un coin qui me rappelle...
Il y avait cette chanson des années soixante, je crois, qui faisait "Il y a toujours un coin qui me rappelle..."
Je pensais que c'était une chanson d'amour. C'était peut-être une chanson sur le deuil et sur la mort. Peut-être. Il ne faut pas prêter des intentions à Eddy Mitchell. Mais tout de même. Alors que ma mère passe du temps avec nous, à 350 km de notre terre natale, il y a toujours un coin qui nous rappelle mon père. Toujours un resto, une odeur, un mot qui évoque un moment passé, une ambiance particulière, une conversation...Tout nous revient en mémoire, sans cesse.
Et c'est douloureux.
CC
Je pensais que c'était une chanson d'amour. C'était peut-être une chanson sur le deuil et sur la mort. Peut-être. Il ne faut pas prêter des intentions à Eddy Mitchell. Mais tout de même. Alors que ma mère passe du temps avec nous, à 350 km de notre terre natale, il y a toujours un coin qui nous rappelle mon père. Toujours un resto, une odeur, un mot qui évoque un moment passé, une ambiance particulière, une conversation...Tout nous revient en mémoire, sans cesse.
Et c'est douloureux.
CC
dimanche 28 octobre 2012
Etapes
Choc.
Refus.
Colère.
Tristesse.
Résignation.
Compréhension.
Reconstruction.
Je ne sais pas tellement où j'en suis. Cela dépend un peu des jours, je crois.
Ce week-end, ma mère est là. Il neige. La vie continue, entre tristesse et résignation.
Les vieux souvenirs des quelques cours de psycho que j'ai suivis à la fac me reviennent. Est-ce que je dois absolument vivre mon deuil comme tout le monde ?
CC
Refus.
Colère.
Tristesse.
Résignation.
Compréhension.
Reconstruction.
Je ne sais pas tellement où j'en suis. Cela dépend un peu des jours, je crois.
Ce week-end, ma mère est là. Il neige. La vie continue, entre tristesse et résignation.
Les vieux souvenirs des quelques cours de psycho que j'ai suivis à la fac me reviennent. Est-ce que je dois absolument vivre mon deuil comme tout le monde ?
CC
jeudi 25 octobre 2012
Tout ce qui restait à partager
Voilà ce qui est difficile. C'est ce qui restait à partager.
Tout n'a pas toujours été simple avec mon père. Il n'était pas un grand bavard. Il parlait rarement de ses sentiments. Il n'était pas non plus démonstratif, en baisers ou en câlins...
Quand je lui ai annoncé mon homosexualité, cela a été difficile. Il a eu du mal à l'accepter, ce qui est normal, pour un père. Il y a forcément plusieurs sentiments qui se mêlent : la déception, la peur de ne pas avoir de petits-enfants, la peur que sa fille soit malheureuse...La peur du qu'en dira t-on...
Je suis la fille de mon père : dans le genre obstinée. Pas question de faire des concessions là-dessus, c'était une évidence...Nos relations ont été un peu tendues quelques temps et puis il a fait connaissance avec ma compagne et il a accepté la situation.
Ces derniers temps, il était beaucoup plus émotif et il osait le montrer. Je crois qu'il était passé outre les considérations de peur ou de jugement. Il aimait beaucoup mon amie et il était fier de moi, je crois.
Il lisait chaque matin mon blog, il discutait souvent avec moi. Je crois que j'allais enfin pouvoir parler avec lui de choses profondes.
Cette mort subite est un gâchis.
CC
Tout n'a pas toujours été simple avec mon père. Il n'était pas un grand bavard. Il parlait rarement de ses sentiments. Il n'était pas non plus démonstratif, en baisers ou en câlins...
Quand je lui ai annoncé mon homosexualité, cela a été difficile. Il a eu du mal à l'accepter, ce qui est normal, pour un père. Il y a forcément plusieurs sentiments qui se mêlent : la déception, la peur de ne pas avoir de petits-enfants, la peur que sa fille soit malheureuse...La peur du qu'en dira t-on...
Je suis la fille de mon père : dans le genre obstinée. Pas question de faire des concessions là-dessus, c'était une évidence...Nos relations ont été un peu tendues quelques temps et puis il a fait connaissance avec ma compagne et il a accepté la situation.
Ces derniers temps, il était beaucoup plus émotif et il osait le montrer. Je crois qu'il était passé outre les considérations de peur ou de jugement. Il aimait beaucoup mon amie et il était fier de moi, je crois.
Il lisait chaque matin mon blog, il discutait souvent avec moi. Je crois que j'allais enfin pouvoir parler avec lui de choses profondes.
Cette mort subite est un gâchis.
CC
Toutes mes confuses
Comme je le disais en préambule de ce blog, je n'aime pas tellement parler de moi. C'est prétentieux, égoïste. Ma petite personne n'intéresse pas grand monde et je n'ai pas l'habitude de m'épancher. Si j'essaie, c'est parce qu'on me dit de parler, de m'exprimer. Que si je reste muette, je finirai par exploser, comme une vieille cocotte minute.
En ce moment, je vis un moment particulier de mon existence. Le besoin de m'exprimer est encore plus pressant, mais je ne suis pas tellement douée avec la parole. Je n'ai pas le verbe facile. Je suis comme ce Rousseau qui n'avait jamais la bonne réplique au bon moment, j'ai peur de dire des âneries, de ne pas parvenir à structurer ma pensée. D'ailleurs, je bégaye, pire qu'un Modiano en interview.
Cependant, si je ne parle pas maintenant, si je ne cherche pas, d'une manière ou d'une autre à me sortir les pensées de la tête, j'ai bien conscience que je vais aller très mal. C'est une question de survie.
Il reste quand même une sensation de culpabilité, à tant parler de moi, de mes soucis d'identité, de mon manque de sommeil, alors que mon père est mort. Elle est bête, cette phrase. Mais le sentiment de culpabilité est là quand même.
Après tout, pourquoi est-ce que je ne parlerais pas de moi ?
Souvent, alors que je passe du temps à écouter d'autres personnes, Amandine me pose la question "Et qui t'écoute, toi ?"
Elle a raison, c'est à mon tour, et il y a des gens prêts à m'écouter...Mais je suis tellement confuse...
CC
En ce moment, je vis un moment particulier de mon existence. Le besoin de m'exprimer est encore plus pressant, mais je ne suis pas tellement douée avec la parole. Je n'ai pas le verbe facile. Je suis comme ce Rousseau qui n'avait jamais la bonne réplique au bon moment, j'ai peur de dire des âneries, de ne pas parvenir à structurer ma pensée. D'ailleurs, je bégaye, pire qu'un Modiano en interview.
Cependant, si je ne parle pas maintenant, si je ne cherche pas, d'une manière ou d'une autre à me sortir les pensées de la tête, j'ai bien conscience que je vais aller très mal. C'est une question de survie.
Il reste quand même une sensation de culpabilité, à tant parler de moi, de mes soucis d'identité, de mon manque de sommeil, alors que mon père est mort. Elle est bête, cette phrase. Mais le sentiment de culpabilité est là quand même.
Après tout, pourquoi est-ce que je ne parlerais pas de moi ?
Souvent, alors que je passe du temps à écouter d'autres personnes, Amandine me pose la question "Et qui t'écoute, toi ?"
Elle a raison, c'est à mon tour, et il y a des gens prêts à m'écouter...Mais je suis tellement confuse...
CC
mercredi 24 octobre 2012
Tant que j'écris
J'ai commencé à prendre du Sédatif PC. Je ne sais pas si ça me fera du bien, mais ça ne pourra pas me faire de mal.
J'ai toujours le cœur qui s'emballe. Mais tant que j'écris ici, pas de problème. Je m'exprime, je réfléchis, j'expulse. Je suis plus forte que je le pensais moi-même. Même si je suis toujours fatiguée.
Je m'interroge toujours sur mon rôle et ma place au sein de la famille maintenant que Papa n'est plus là. Il occupait une place telle...Le Pater Familias, quoi.
Je suis l'aînée. Je ne suis pas le garçon. Mais peut-être que je suis maintenant, un peu, quoi ? La Mater Familias ? Peut-être.
Je suis bien entourée, merci pour tous les commentaires et les témoignages de sympathie que je reçois, ici et ailleurs. Je suis soutenue, aussi, à la maison. Merci Amandine.
Il faut juste continuer de réfléchir, de chercher un sens à tout ça, trouver la voie, comprendre. C'est ce que je fais : tant que le cerveau mouline, rien n'est perdu. Tant que j'écris...
CC
J'ai toujours le cœur qui s'emballe. Mais tant que j'écris ici, pas de problème. Je m'exprime, je réfléchis, j'expulse. Je suis plus forte que je le pensais moi-même. Même si je suis toujours fatiguée.
Je m'interroge toujours sur mon rôle et ma place au sein de la famille maintenant que Papa n'est plus là. Il occupait une place telle...Le Pater Familias, quoi.
Je suis l'aînée. Je ne suis pas le garçon. Mais peut-être que je suis maintenant, un peu, quoi ? La Mater Familias ? Peut-être.
Je suis bien entourée, merci pour tous les commentaires et les témoignages de sympathie que je reçois, ici et ailleurs. Je suis soutenue, aussi, à la maison. Merci Amandine.
Il faut juste continuer de réfléchir, de chercher un sens à tout ça, trouver la voie, comprendre. C'est ce que je fais : tant que le cerveau mouline, rien n'est perdu. Tant que j'écris...
CC
mardi 23 octobre 2012
La photo qui fait du bien
C'était à une manifestation organisée par Christine Boutin. Une manifestation étrange, pour la légalisation des drogues dures, visiblement, vu les agissements des participants, même pas appréhendés par la police...
Bref, il n'y a plus de vieillesse...
Heureusement, il y a une belle jeunesse. C'est beau, l'amour, non ?
CC
Bref, il n'y a plus de vieillesse...
Heureusement, il y a une belle jeunesse. C'est beau, l'amour, non ?
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CC
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