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lundi 10 janvier 2022

Un peu de politique (ça nous changera du virus)

Dormons tranquille...

Fut un temps où je caracolais en tête des classements nationaux en matière de blogs politiques. C’était il y a longtemps. C’était avant Hollande. En ces temps immémoriaux (on oublie si vite, en politique), il y avait une certaine jouissance, au moins une réjouissance, à parler de politique. On s’amusait des saillies quelque peu fleuries d’un Sarkozy qui ruait dans les brancards, on s’indignait, on caricaturait, on râlait, on croyait encore, un peu, un tout petit peu, aux idées, si ce n’était aux idéaux. 

On croyait encore un peu qu’après la pluie, le beau temps, qu’après des années de droite sécuritaire et capitaliste, viendrait une gauche sociale et solidaire, pour rééquilibrer le jeu. 

On s’est vite rendu compte que la gauche avait perdu ce qui faisait son honneur, la défense des plus fragiles, au profit de combats sociétaux menés sans panache : on se souvient avec douleur de la lâcheté de Hollande pendant le débat sur le mariage pour tous, alors que l'histoire aurait dû être réglée en deux semaines. 

Il s’en suivit un long chemin de souffrance vers le macronisme, pavé de pas de deux, en avant et en arrière, le tout, sur un air de Valls. 

C’est à ce moment-là que je décidai d’un commun accord avec moi-même d’arrêter de commenter la vie politique. C’était devenu sinistre : la gauche s’évertuait à ressembler à la droite, la droite n’avait plus grand chose à dire. Que dire en effet, quand on est un Ciotti, devant la proposition de déchoir de leur nationalité les terroristes ? Rien de plus désarmant, pour une opposition, que d’être confrontée à ses propres idées dans le camp d’en face : plus de riposte possible. 

Le boulevard était tracé pour Macron et pour son fameux ni gauche ni droite, qui permet de naviguer à vue, dans le brouillard et de compter sur l’amnésie collective, ainsi que sur le manque de culture politique, pour dire tout et son contraire selon les circonstances. 

Bref, je ne suis pas la seule a avoir arrêté de parler de politique. Plus personne ne croit en rien, les anciens camps crient dans le désert…et pour finir, un virus phagocyte tout le débat… 

Et pourtant, il paraît que dans trois mois, on doit élire un président de la République et dans la foulée, des députés. 

Pour l’instant, le débat de fond est inexistant. Il y a de grande chance que le Karcher de Sarkozy que Pécresse a récupéré à la cave ait souffert de l’obsolescence programmée et la gauche est tellement inaudible qu’on dirait bien qu’elle a été dissoute au Karcher. 

Certes, les extrêmes jouent un peu le rôle poil à gratter : tout le monde joue à se faire peur, un peu, avec Zemmour. Mais personne n’y croit vraiment. On sait bien que cet olibrius ne peut pas parvenir à renverser Macron. Il ne peut sans doute même pas parvenir au second tour. Il n’a pas les épaules, l’expérience et ses idées sont beaucoup trop farfelues pour les gens raisonnables que sont les Français au moment de glisser un bulletin dans une enveloppe. Le Pen s’agite en vain, et puis Zemmour la ringardise… Et Mélenchon, même s’il a une certaine culture politique de gauche qu’il reste le seul à défendre, fait peur à tout le monde. 

Macron peut dire ce qu’il veut. Il peut emmerder tout le monde, il est le seul dans le game. Il fanfaronne à merci et il a raison car finalement, dans la morosité du paysage politique actuel, il est le seul à sortir du lot. Il sort du lot en parlant à son électorat et on ne peut pas le lui reprocher. Il ne parle pas à ceux qui ne voteront pas pour lui, quoi qu’il fasse. C’est quelque chose que la gauche de Hollande n’a jamais compris. Pour reprendre l’exemple du débat sur le mariage pour tous, souvenez-vous, Hollande louvoyait : en plein milieu de la polémique, alors que les catho extrémistes manifestaient dans les rues en déversant leur haine homophobe, il prétendait qu’il laisserait les maires choisir. Il ne donnait pas l’image d’un type sûr de ses convictions…et c’est bien ce qui peut déstabiliser un électorat. 

Macron, il parle à ceux qui votent pour lui : ceux qui réussissent, les premiers de cordées, ceux qui payent des impôts, qui veulent des résultats, ceux qui n’ont qu’à traverser la rue pour trouver du travail, ceux qui ne sont pas rien. Ceux qui disent très probablement : “Les non-vaccinés, on les emmerde !” 

Je ne dis pas que je suis d’accord avec lui. Mais sa stratégie est évidemment la bonne. On a plutôt tendance à vouloir des winners, pour diriger le pays, non ? 

Et c’est triste, mais on n’en a pas d’autre… 

Demain, peut-être, si j’ai le courage, je vous parlerai de Taubira.

 

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