Il y a des moments comme ceux-là, dans la vie. Des moments où l'on aimerait être ailleurs, plus près de ceux qu'on aime. On aime ceux à côté de qui on est, là n'est pas le problème, mais ceux qui ont besoin de nous sont plus loin.
J'aimerais être en Savoie, près de mon père. Il traverse une épreuve difficile, lui qui a déjà connu tellement d'épreuves. Il y a eu les petits accidents du métier : les doigts abîmés, les coups de tronçonneuse. Il y a eu la jambe tranchée. Il y a eu le diabète qui a suivi. Malgré tout ça, mon père est un battant, un être exceptionnel. Il est toujours reparti avec des projets à foison, des idées plein la tête.
Et puis cette fois-ci, c'est une tumeur au cerveau. C'est soignable, c'est juste une bataille à mener. C'est juste une chimio à supporter. Il a toujours des projets plein la tête, il est très fort. Mais tout de même...
Aujourd'hui, je suis à 350 km. Je suis inutile. Mes appels au téléphone ne changent rien. Je ne suis pas là pour soutenir ma mère, l'aider au quotidien. Mon père est fatigué, épuisé. Et moi, je pleure bêtement. Je vais en cours, aussi, je travaille. Heureusement, dans ces moments-là, je suis à 100% avec mes élèves, je n'ai pas le choix et c'est tant mieux.
Ce billet ne sert à rien. Je ne veux pas le publier.
Je ne sais pas.
Je ne suis pas très bien.
Stop.
CC
samedi 8 septembre 2012
Ne nous fâchons pas
J'ai pris le parti de ne jamais me fâcher avec personne à cause de cette connerie de blogs. Les blogs sont une connerie. Comme toute communication via un écran et une connexion haut débit d'ailleurs.
La communication par écrit me semble avoir besoin de ce recul salvateur : nous sommes dans une ère où très peu de gens savent vraiment écrire et où bien moins encore savent lire. Je fais partie de ces ignares. Je suis une plouc du web et d'ailleurs.
Je ne me fâche pas car j'ai remarqué qu'on se fâcherait souvent avec des gens avec qui nous serions tout à fait courtois et accorte dans la vie. D'ailleurs, dans la vie, je ne me fâche pas non plus. Je suis du genre larvaire, comme fille, en fait : souriante, détendue, évitant à tout prix les conflits. Sans doute est-ce de la lâcheté...
En ce moment, mon père est à l'hôpital. Je suis inquiète et tendue. Je suis beaucoup moins zen que je le voudrais. Une preuve ? J'ai commis un commentaire chez ce brave Didier. Je n'aurais pas dû : ça ne sert à rien de dialoguer avec ces intellectuels d'une race supérieure, persuadés de leur immense culture, incapables du moindre humour.
Je suis d'autant plus déçue par moi-même que j'ai été incomprise par Suzanne, que j'aime bien, et qu'au lieu d'apaiser la situation, je l'ai envenimée, en racontant n'importe quoi. Je savais bien que la caricature et l'excès ne m'apporterait rien de bon. Cela n'apporte jamais rien de bon sur les blogs, car personne ne sait lire ça, à supposer que je sache l'écrire, ce qui est tout à fait improbable.
J'ai utilisé le terme "public" pour parler des parents d'élèves, par exemple. Je ne crois pas que le terme "service public" soit impropre à mon travail de fonctionnaire. Malgré tout, la réflexion n'est pas idiote : est-ce que je travaille en face d'un public, comme un artiste ? Car c'est ce que sous-entendent les remarques que j'ai essuyées. Public, pourtant, cela ne veut pas dire autre chose que peuple, "qui appartient au peuple", comme le trésor public. Je crois que la dérive du mot public dans le sens "public du stade de France devant la prestation de Johnny Halliday" n'a rien à voir avec le sens original de ce mot.
Mais voilà. On ne sait pas écrire, on ne sait pas lire et on perd ses nerfs. Pourtant, mes nerfs ont autre chose à faire : mon père a besoin de que je sois calme et reposée quand je vais le voir. Il n'a pas besoin que je sois tendue et au bord des larmes au moindre mot.
Désolée.
CC
La communication par écrit me semble avoir besoin de ce recul salvateur : nous sommes dans une ère où très peu de gens savent vraiment écrire et où bien moins encore savent lire. Je fais partie de ces ignares. Je suis une plouc du web et d'ailleurs.
Je ne me fâche pas car j'ai remarqué qu'on se fâcherait souvent avec des gens avec qui nous serions tout à fait courtois et accorte dans la vie. D'ailleurs, dans la vie, je ne me fâche pas non plus. Je suis du genre larvaire, comme fille, en fait : souriante, détendue, évitant à tout prix les conflits. Sans doute est-ce de la lâcheté...
En ce moment, mon père est à l'hôpital. Je suis inquiète et tendue. Je suis beaucoup moins zen que je le voudrais. Une preuve ? J'ai commis un commentaire chez ce brave Didier. Je n'aurais pas dû : ça ne sert à rien de dialoguer avec ces intellectuels d'une race supérieure, persuadés de leur immense culture, incapables du moindre humour.
Je suis d'autant plus déçue par moi-même que j'ai été incomprise par Suzanne, que j'aime bien, et qu'au lieu d'apaiser la situation, je l'ai envenimée, en racontant n'importe quoi. Je savais bien que la caricature et l'excès ne m'apporterait rien de bon. Cela n'apporte jamais rien de bon sur les blogs, car personne ne sait lire ça, à supposer que je sache l'écrire, ce qui est tout à fait improbable.
J'ai utilisé le terme "public" pour parler des parents d'élèves, par exemple. Je ne crois pas que le terme "service public" soit impropre à mon travail de fonctionnaire. Malgré tout, la réflexion n'est pas idiote : est-ce que je travaille en face d'un public, comme un artiste ? Car c'est ce que sous-entendent les remarques que j'ai essuyées. Public, pourtant, cela ne veut pas dire autre chose que peuple, "qui appartient au peuple", comme le trésor public. Je crois que la dérive du mot public dans le sens "public du stade de France devant la prestation de Johnny Halliday" n'a rien à voir avec le sens original de ce mot.
Mais voilà. On ne sait pas écrire, on ne sait pas lire et on perd ses nerfs. Pourtant, mes nerfs ont autre chose à faire : mon père a besoin de que je sois calme et reposée quand je vais le voir. Il n'a pas besoin que je sois tendue et au bord des larmes au moindre mot.
Désolée.
CC
jeudi 17 mai 2012
Je suis celle qui écoute...
Je suis celle qui écoute. Sans me lasser, j'écoute. Je suis une oreille, un réceptacle. On peut me dire ce qu'on a sur le cœur. Ma patience est grande, ma discrétion l'est encore plus.
Je suis la confidente.
Je suis celle qui trouve les mots pour réconforter, pour soutenir. Sans me lasser, je cherche les points forts, je console et j'aime de tout mon cœur. Ma sincérité est grande, mon énergie l'est encore plus.
Je peux faire cela parce que je suis heureuse. Parce qu'on m'aime et parce que j'ai la chance d'avoir un certain équilibre.
Mais qui m'écoute, moi ? D'ailleurs, ai-je quelque chose à dire, moi ? Est-ce que je serais susceptible de parler des heures durant, moi ?
Je ne sais pas parler de moi. C'est pour cela que je hais les journaux intimes.
Je suis celle qui écoute.
CC
Je suis la confidente.
Je suis celle qui trouve les mots pour réconforter, pour soutenir. Sans me lasser, je cherche les points forts, je console et j'aime de tout mon cœur. Ma sincérité est grande, mon énergie l'est encore plus.
Je peux faire cela parce que je suis heureuse. Parce qu'on m'aime et parce que j'ai la chance d'avoir un certain équilibre.
Mais qui m'écoute, moi ? D'ailleurs, ai-je quelque chose à dire, moi ? Est-ce que je serais susceptible de parler des heures durant, moi ?
Je ne sais pas parler de moi. C'est pour cela que je hais les journaux intimes.
Je suis celle qui écoute.
CC
dimanche 18 décembre 2011
Goux m'a tuer.
Évidemment, un troll sert à ça : à faire du mal, à appuyer là où ça fait mal.
Didier Goux est le roi des trolls. Didier Goux m'a tuer.
"Tu ne t'aimes pas" disait Sarraute.
Pas Claude. J'ai des lettres, un peu...trop peu. Je suis professeur de lettres. Les 26 de l'alphabet.
J'ai un gros complexe d'infériorité.
Je suis mauvaise en orthographe. Je ne comprends pas rapidement. J'ai le cerveau lent.
Depuis toujours, imaginez : je suis née à la campagne, enfant solitaire et sauvage. Je suis entrée à l'école l'année de sa réouverture, dans ce petit village frappé par la désertification rurale. J'étais la seule de mon âge, l'instituteur me donnait vaguement des trucs à colorier en début de matinée et m'abandonnait à mon sort.
Quand je rentrais, certes ma mère était étonnée : elle ne pensait pas qu'on étudiait l'histoire de France dès la maternelle. Mais je préférais écouter ce qui se disait dans les cours de "grands".
Livrée à moi même, j'ai appris à lire toute seule, aidée de maman, qui, Dieu merci, a utilisé la méthode du B.A BA, alors que l'instituteur était un fanatique de la méthode globale.
J'ai lu tout le manuel de CP, j'ai dévoré celui de CE1 et celui de CE2 durant la même année. L'année suivante, malheureusement, j'ai changé de maîtresse. Celle-ci n'a rien voulu entendre : j'ai dû relire ce que j'avais déjà lu. C'est là que ma régression intellectuelle a commencé. Avant même que je commence à progresser.
A partir du CE1, donc, j'ai changé d'enseignant plusieurs fois par an. Personne ne voulait rester dans ce trou paumé de Savoie, où les routes étaient mauvaises en hiver, sans que l'on puisse pour autant faire du ski. Chacun de ces jeunes remplaçants avait sa lubie. Je me souviens d'un passionné de biologie. Durant son passage, nous n'avons fait que des herbiers et des ballades en forêts. Une autre ne jurait que par le sport et une troisième était la spécialiste de la présence en pointillé.
Et durant tout ce temps, j'étais seule. Première et dernière de la classe.
L'école primaire a été un vrai calvaire. Un purgatoire interminable.
Et puis, je suis allée au collège. J'ai redoublé ma sixième. J'ai découvert que je n'avais pas fait une seule fois de la grammaire sérieusement, en primaire. Je savais à peine mes tables de multiplication. J'étais une enfant-sauvage. En plus, j'étais maigre comme un clou et je me suis mise à somatiser à la moindre interrogation écrite. J'étais plus souvent absente que mon ancienne institutrice.
Après ce redoublement plutôt profitable, car une fois sur les rails, j'ai compris ce que l'on me voulait, j'ai fait une scolarité correcte. Jamais je n'ai pu rattraper les bases qui me manquaient dans les matières scientifiques, mais mon expression était claire, en lettres et j'avais un goût prononcé pour la lecture et l'histoire.
Dans le fond, je me suis toujours vue comme médiocre, alors qu'objectivement, je suis revenue de loin. Complexe d'infériorité absolu. En plus, je suis une fille de la glèbe. Ma culture, c'est l'agriculture. J'ai pourtant étudié Flaubert, j'ai fait une maîtrise et un DEA. Je me suis même lancée (sans conviction) dans une thèse. Mais je sais, je sens qu'il manque une base solide à mon savoir. J'ai construit vite, mais mal. Sur du sable.
Désolée...
CC
Didier Goux est le roi des trolls. Didier Goux m'a tuer.
"Tu ne t'aimes pas" disait Sarraute.
Pas Claude. J'ai des lettres, un peu...trop peu. Je suis professeur de lettres. Les 26 de l'alphabet.
J'ai un gros complexe d'infériorité.
Je suis mauvaise en orthographe. Je ne comprends pas rapidement. J'ai le cerveau lent.
Depuis toujours, imaginez : je suis née à la campagne, enfant solitaire et sauvage. Je suis entrée à l'école l'année de sa réouverture, dans ce petit village frappé par la désertification rurale. J'étais la seule de mon âge, l'instituteur me donnait vaguement des trucs à colorier en début de matinée et m'abandonnait à mon sort.
Quand je rentrais, certes ma mère était étonnée : elle ne pensait pas qu'on étudiait l'histoire de France dès la maternelle. Mais je préférais écouter ce qui se disait dans les cours de "grands".
Livrée à moi même, j'ai appris à lire toute seule, aidée de maman, qui, Dieu merci, a utilisé la méthode du B.A BA, alors que l'instituteur était un fanatique de la méthode globale.
J'ai lu tout le manuel de CP, j'ai dévoré celui de CE1 et celui de CE2 durant la même année. L'année suivante, malheureusement, j'ai changé de maîtresse. Celle-ci n'a rien voulu entendre : j'ai dû relire ce que j'avais déjà lu. C'est là que ma régression intellectuelle a commencé. Avant même que je commence à progresser.
A partir du CE1, donc, j'ai changé d'enseignant plusieurs fois par an. Personne ne voulait rester dans ce trou paumé de Savoie, où les routes étaient mauvaises en hiver, sans que l'on puisse pour autant faire du ski. Chacun de ces jeunes remplaçants avait sa lubie. Je me souviens d'un passionné de biologie. Durant son passage, nous n'avons fait que des herbiers et des ballades en forêts. Une autre ne jurait que par le sport et une troisième était la spécialiste de la présence en pointillé.
Et durant tout ce temps, j'étais seule. Première et dernière de la classe.
L'école primaire a été un vrai calvaire. Un purgatoire interminable.
Et puis, je suis allée au collège. J'ai redoublé ma sixième. J'ai découvert que je n'avais pas fait une seule fois de la grammaire sérieusement, en primaire. Je savais à peine mes tables de multiplication. J'étais une enfant-sauvage. En plus, j'étais maigre comme un clou et je me suis mise à somatiser à la moindre interrogation écrite. J'étais plus souvent absente que mon ancienne institutrice.
Après ce redoublement plutôt profitable, car une fois sur les rails, j'ai compris ce que l'on me voulait, j'ai fait une scolarité correcte. Jamais je n'ai pu rattraper les bases qui me manquaient dans les matières scientifiques, mais mon expression était claire, en lettres et j'avais un goût prononcé pour la lecture et l'histoire.
Dans le fond, je me suis toujours vue comme médiocre, alors qu'objectivement, je suis revenue de loin. Complexe d'infériorité absolu. En plus, je suis une fille de la glèbe. Ma culture, c'est l'agriculture. J'ai pourtant étudié Flaubert, j'ai fait une maîtrise et un DEA. Je me suis même lancée (sans conviction) dans une thèse. Mais je sais, je sens qu'il manque une base solide à mon savoir. J'ai construit vite, mais mal. Sur du sable.
Désolée...
CC
dimanche 27 novembre 2011
Le dire ou pas
Par exemple, vous avez un secret. Disons que vous aimez vous déguiser en femme, comme dans le film de Woody Allen,"Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander".
Cela peut être gênant dans la vie quotidienne.
Faut-il en parler ou pas ?
Moi, je crois que oui. C'est difficile sur le moment. Mais ça peut tirer de l'embarras.
Alors voilà. J'aime la soupe violette.
En vrai, j'évoque autre chose. Mais parfois, je me demande si internet est le lieu où l'on peut tout dire. Je ne suis pas sûre. Je hais les journaux extimes.
CC
Cela peut être gênant dans la vie quotidienne.
Faut-il en parler ou pas ?
Moi, je crois que oui. C'est difficile sur le moment. Mais ça peut tirer de l'embarras.
Alors voilà. J'aime la soupe violette.
En vrai, j'évoque autre chose. Mais parfois, je me demande si internet est le lieu où l'on peut tout dire. Je ne suis pas sûre. Je hais les journaux extimes.
CC
dimanche 20 novembre 2011
Un weekend de novembre
Ce weekend, c'était le salon des vins et du goût à Audincourt. C'est un salon des vins, mais pas un grand machin dans une halle des expositions froide et impersonnelle. C'était sympa. On a vu plein de monde qu'on aime, on a bien mangé et bien bu. On a acheté des bonnes choses, en songeant déjà un peu à Noël.
Et puis il a fait beau. Vous savez qu'il y a encore des tomates sur notre balcon et que l'arum est encore en fleur ? En plein mois de novembre, dans le Doubs. Il n'y a plus de saison, ma bonne dame.
Des bises,
CC
Et puis il a fait beau. Vous savez qu'il y a encore des tomates sur notre balcon et que l'arum est encore en fleur ? En plein mois de novembre, dans le Doubs. Il n'y a plus de saison, ma bonne dame.
Des bises,
CC
mardi 15 novembre 2011
Portrait chinois
C'est Nicolas qui me tague : le principe est de répondre à un portrait chinois, puis de taguer des gens et de créer à son tour 10 questions pour eux.
1. Une guitare :
2. Un film :
3. Une musique :
4. Un tableau célèbre :
5. Une marque de voiture :
6. Une plage :
7. Un chien :
8. Un vin :
9. Un siège :
10. Un sport :
Quelques copines et copains : Krine, Zette, Shaya, Nicolas, Eric, FalconHill.
Si tu étais ?
- un objet sexuel : si j'étais un objet, je ne pourrais pas en parler...Coin, coin !
- un plat cuisiné : des endives au jambon.
- un moyen de transport : la télétransportation. Quand est-ce que les scientifiques l'inventent ?
- un lieu de culte : le temple de la nature, aux vivants piliers...
- un bistro : la Comète, bien sûr...Magique !
- une marque de bière : Leffe. Leffe bien descendu ? Leffe tes mains sur mes hanches...
- un sous-vêtement : un shorty en coton, le plus confortable possible. C'est pas sexy, mais c'est moi qui le porte...
- un matériel électroménager : le thermonix de vorwek. (billet non sponsorisé)
- une île : l'île de la Cité. Ou Lille dans le Nord.
- une autoroute : l'A36. Celle qui ne sert qu'aux camions qui emmène des tomates hollandaises en Espagne, des Peugeot aux Allemands, des Fiat aux Belges...Toutes l'économie européenne passe par là...
1. Une guitare :
2. Un film :
3. Une musique :
4. Un tableau célèbre :
5. Une marque de voiture :
6. Une plage :
7. Un chien :
8. Un vin :
9. Un siège :
10. Un sport :
Quelques copines et copains : Krine, Zette, Shaya, Nicolas, Eric, FalconHill.
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