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samedi 30 juillet 2011

Au revoir, @LeCoucou...

Pieter CLAESZ (1597-1661), Vanitas Still-Life, 1630.
C'est tellement difficile...

Un blogueur est mort.

Les relations que nous tissons ici, sur ces écrans immatériels et tellement froids, sont incroyables.

Je n'avais jamais rencontré Le Coucou. Jean-Louis. Pourtant, il me semblait familier. Nos échanges, très brefs, à travers un commentaire, à l'occasion d'une connivence d'idées ou de sentiment étaient toujours plein de chaleur, d'élégance, de douceur.

C'est étrange, ces sentiments qui passent à travers les mots. C'était son métier, les mots. Il écrivait très bien et j'avais eu l'occasion, d'ailleurs, de lui dire, une fois, qu'il était une des plus belles plumes, parmi les blogueurs. Cela l'avait touché, je crois.

C'est un personnage qui va me manquer et que je regrette de n'avoir pas rencontré.

On ne dit pas assez aux gens qu'on les apprécie. On pense que c'est une évidence. Pourtant...

Mais si les pensées s'envolent, les écrits restent, comme on lit souvent sur les tombes...

CC

mardi 19 juillet 2011

En avoir ou pas

Vinci - La Vierge et l'Enfant avec Sainte Anne
Il y a des moments, dans la vie d'une femme ou la question se pose avec douleur : avoir des enfants...ou pas.

Cette question s'impose à moi, avec plus ou moins d'insistance, parce que les filles de mon âge, les copines, les amies, les collègues, les cousines, tout le monde, me semble-t-il, a des enfants.

Les femmes de mon âge ont parfois cette tendance épouvantable à porter leurs enfants comme des oriflammes, comme des blasons, des sujets de fierté et de satisfaction, qui les rend insupportables.

Combien de soirées, de déjeuners, de discussions deviennent pesantes, lorsque le sujet s'engage sur les interminables maladies infantiles ou sur les réussites scolaires, sur les petites phrases tellement mignonnes, sur les progrès et sur les talents des petits des autres...

Et combien je me sens triste, inutile, stérile.

Je crois que j'en souffre trop pour en parler vraiment.

Mais je me sens en dehors de la société. Il m'apparaît alors qu'une femme doit être une mère pour être vraiment une femme.

Et pourtant ? Est-ce vraiment le cas, ou est-ce juste imposé par la société ?

CC

mercredi 25 mai 2011

J'adoooore faire des photos

Départ en Savoie
Des cerises















En fait, j'aime bien ça, mais je n'en fais jamais. Tout ça parce que l'appareil n'est jamais à portée de main quand il faut, parce que, mince, on a encore oublié de recharger la batterie, ou encore, parce que, ptain, on a oublié la carte mémoire dans l'ordi...

Mais là, j'ai trouvé la parade !!! Je fais des photos avec mon smartphone. De très chouettes photos, surtout depuis que j'ai découvert l'application instagram...C'est top, ce truc.

Résultat ? Je prends en photo tout et n'importe quoi...Vous en faites pas, ça me passera...ou pas...Peut-être que je passerai à la vidéo, plus tard...

Tommy, le chien qui a peur de l'orage


Une rose
Une rose fanée

Un village au bord de l'eau

Un dîner sur l'eau

Quelques nuages pour faire joli

 CC
Un coucher de soleil romantique : "Ô temps suspend ton vol..."

samedi 14 mai 2011

L'insignifiance du métier de prof

Vermeer - La Leçon
On est bien peu de chose. On a devant soi des élèves, trois ou quatre heures par semaine.

On les garde pendant une année scolaire. Parfois deux ou trois.

On a l'impression de les connaître. On les observe - mais moins qu'ils nous observent.

On les conseille, on les guide, on essaye de leur apprendre quelques petites choses. Des connaissances, des règles de grammaire, des fables de La Fontaine.

On leur parle, on leur dit "Bonjour, enlève ta casquette."

On leur sourit, on convoque leurs parents, on écrit des pages et des pages de commentaires sur eux, on fait des rapports, des conseils de classe, des concertations avec les collègues.

On s'en occupe. On les admire, on les déteste. On les maudit quand ils n'ont rien retenu de ce qu'on a raconté en classe.

Et puis ils s'en vont.

Quelques années plus tard, on a oublié le nom de la plupart d'entre eux. Mais parfois, on en croise un dans la rue et tout nous revient, comme par miracle. Comme si on avait relu tout le dossier scolaire la veille.

Souvent, je me souviens de mes années d'élève. J'étais une de ces jeunes filles discrètes, un peu rêveuse, je crois. Je ne sais pas si j'ai marqué mes profs.

Et aujourd'hui, je suis prof et je me demande si je marque mes élèves. Ce sont des questions idiotes. Il n'empêche que pour ma classe de 6ème, à vie, je serai leur prof principale, je serai leur prof de français de 6ème, la seule et l'unique qu'ils auront eue.

Moi, j'ai eu quelques profs inoubliables. Je me rends compte qu'ils ne sont pas si nombreux. Mais j'aimerais leur rendre hommage.

J'ai eu Mlle Broisin, en 6ème, deux ans de suite, parce que j'ai redoublé et encore en 4ème. C'était ma prof d'histoire-géographie. Elle me captivait. Je voulais être prof d'histoire-géographie, pour être comme elle. Pour connaître autant de choses, pour comprendre le monde, pour être engagée. Je ne sais pas bien expliquer la fascination que cette prof exerçait sur moi. Elle est sans doute à l'origine de mon intérêt pour la politique et pour le monde comme il va...Merci...

J'ai eu M. Bajard en 3ème. Un professeur de lettres classiques qui, le premier, m'a fait découvrir de grands textes, m'a donné le goût de la littérature. Il était aussi mon prof de théâtre. Le club théâtre, entre midi et deux, le spectacle de fin d'année...Des étapes essentielles pour ma construction personnelle. J'étais timide, introvertie. Grâce à lui, je me suis affirmée. Et puis, longtemps après, il a été mon maître de stage. Je me souviens qu'il m'avait dit : "Ne fais pas ce métier." Il avait raison. Et tort...

J'ai eu Mme Falquet en 1èreL. Professeur de lettres. J'ai découvert Baudelaire, Flaubert, Rousseau, j'ai appris à lire un poème, avec elle..."La rue assourdissante autour de moi, hurlait..." J'ai appris la beauté des mots, leur passion. Elle nous bousculait. Je pense que je ne lui pas laissé de souvenir. Cette classe de 1ère L, quel calvaire...Toutes ces blondes évaporées aux préoccupations tellement éloignées de la littérature...

J'ai eu Mlle Bauduin, à la fac. Une vieille prof comme on en faisait déjà plus depuis longtemps. Une professeur rigoureuse et amoureuse de la langue française. J'espère qu'elle ne lira pas ce blog, elle le trouverait tellement mal écrit...Mais elle m'a tant appris. Avec elle, en un an, j'ai fait mes humanités. Les autres étudiants la craignaient ou la détestaient. Je m'entendais plutôt bien avec elle...

M. Juillard était de la même génération. Il nous méprisait. Nous ne savions rien et il avait raison. Lui aussi m'a fait progresser à une vitesse folle, grâce à son intransigeance.

Enfin, toujours à la fac, j'ai eu M. Longuet. Lui, c'est autre chose. C'est un génie. Il parlait deux heures sans note, faisait des explications de textes magistrales, des lectures époustouflantes. C'est un séducteur. Il m'a fait aimer Louis-Ferdinand Céline...

Les professeurs sont parfois des modèles et j'ai encore bien des progrès à faire...

CC

dimanche 24 avril 2011

Ecrire

Le processus d'écriture d'un article sur mon blog peut être assez long et complexe.



La plupart du temps, il commence bien avant que je me mette devant le clavier. Il faut d'abord trouver un sujet. Le sujet, c'est l'actu qui me le donne : ce que j'entends à la radio, le matin, ce que je lis en parcourant le net, ce que j'aperçois à la une des journaux, ce que j'entrevois à la télé.

Ensuite, il faut trouver un angle d'attaque. Il faut tenter de l'aborder d'une manière, non originale, mais qui me soit propre. Ce n'est pas le plus simple. C'est véritablement une idée qu'il faut trouver, pour le coup. Pour cela, je me pose des questions : pourquoi ce sujet m'intéresse, pourquoi m'a-t-il interpelé, pourquoi j'ai envie d'écrire là-dessus.

Une indignation, un sourire, un tristesse, une incompréhension...

Ensuite, il faut structurer l'article, trouver une progression, faire en sorte que ça parte de quelque part et que ça arrive à quelque chose. Un début, une fin. Quelque chose de logique et de compréhensible.

Tout ce processus se fait mentalement, sans prendre de note.

Dans ma tête, bizarrement, mes phrases sonnent mieux que sur le papier. Quand je me mets à écrire, je suis toujours un peu déçue.

La rédaction me demande de la concentration. Pas question qu'on m'adresse la parole, je ne répondrais que distraitement.

Et puis il faut mettre des liens, une image, pour égayer et étayer le propos. Il faut choisir quelques tags, pour classer l'article dans des catégories.

Souvent, j'oublie de relire avant de cliquer sur "Publier le message". C'est un tort : ça m'oblige à éditer plein de fois mon billet. Et surtout j'ai honte de voir ces fautes en ligne.

Dernière chose à faire : publier la Bonne Nouvelle sur twitter.

Voilà...

Ce soir, j'ai écrit comment écrire, faute de savoir quoi écrire. Un peu comme une certaine littérature moderne...

CC

lundi 11 avril 2011

Religions

J'ai un vrai problème avec la religion.



J'ai eu une éducation religieuse : messe tous les dimanches, catéchisme, communions, confirmation...

J'avais une Grand-mère pour qui cela comptait. Quand on est enfant, s'ennuyer à la messe le dimanche n'est pas sans laisser un goût pour le mystique, pour le silence, pour l'odeur de l'encens et pour les jolis contes de la Bible.

Quand j'étais petite, je crois bien que la soeur Germaine qui nous faisait le catéchisme m'avait convaincue de rentrer dans les ordres, par sa douceur et la façon si ronde qu'elle avait de raconter les mystères et les miracles de Jésus. Je m'étais persuadée d'être une appelée, d'avoir la vocation.

Et puis le temps a passé. Les belles histoires perdent de leur charme quand on les raconte chaque année. Et lorsqu'on se met à les entendre d'une oreille raisonnable, on se demande pourquoi il faudrait plus y croire qu'au Père-Noël, à la fée Clochette ou au marquis de Carabas.

On voit soudain les failles. On voit soudain que tout cela est liberticide. Que tout cela va à l'encontre de la loi des êtres humains.

Je ne crois pas en Dieu. Ou alors un Dieu cruel comme dans l'Ancien Testament. Ou encore un Dieu qui nous a abandonné, il y a longtemps, lorsqu'il a vu que son jouet était cassé.

A la fac, j'ai étudié la Bible et je me suis penchée aussi sur le Coran. Force est de constater que ce sont les mêmes contes et légendes qui composent ces deux livres magistraux. Car oui, c'est de la belle littérature. On a repris les mêmes personnages, dans le Coran, les mêmes situations. On a interpréter l'histoire un peu différemment, on a fait de Jésus un prophète.

En tout cas, je vois le danger de la religion qui affirme sa vérité comme la Vérité. C'est le cas des trois religions monothéistes les plus répandues. Difficile de cohabiter quand on est trois à prétendre détenir la Vérité absolue...

Et puis il y a les fameux principes qu'imposent chaque religion : ne pas manger ceci, ne pas boire cela, ne pas coucher avec celui-là, encore moins avec celle-là...Ne pas s'habiller comme ci ou revêtir cet affreux chapeau...

Bref, tout cela est absurde.

La religion a produit de belles choses, cependant : elle a permis aux hommes de se surpasser. De produire des œuvres d'art. J'admire cela. Mais je n'oublie pas que c'est le fait des hommes. Les plus beaux livres ont été écrit pour parler de Dieu. Mais toujours les auteurs évoquent le doute. Sans le doute, pas de mysticisme. On est jamais sûr de rien. On connaît bien peu de St Paul...

En tout cas, aujourd'hui qu'a été voté cette loi sur la burqa, je suis partagée entre plusieurs sentiments : cette loi devrait être inutile, l'infâme devrait être écrasé depuis longtemps, cette loi ne concerne que quelques folles ou que quelques maris tyranniques qui imposent cette horreur à leur femme...

En même temps, il me semble important de dire et de redire que la religion ne doit pas gêner la vie et les lois de la République. Toujours la loi des hommes, lorsqu'elle est démocratique, doit prévaloir sur la loi d'un Dieu présupposé.

Mais dans le fond, je ne suis pas profondément choquée par ces femmes qui décident de se cacher ainsi. J'ai eu quelques élèves tentées par ce déguisement. Je me souviens d'une en particulier : elle était convertie. Elle s'appelait...Jennifer ou Brenda, vous voyez...Elle était en pleine crise d'adolescence. Et ses parents ne voulaient pas entendre parler de ça. Mais elle a pris le voile, elle a arrêté de manger du porc et s'est affirmée comme convertie.

Au niveau des idées à la con, c'était la pire. La plus extrême : du genre à regarder la composition des bonbons avant de les manger, à ne pas manger à côté d'un non musulman...

Bref, du grand n'importe quoi. Comme s'il fallait qu'elle prouve qu'elle était encore plus musulmane que les musulmans.

Aujourd'hui, ça lui a peut-être passé. Allez savoir, elle est peut-être gothique, maintenant. L'adolescence a de ces mystères...Et de ces provocations...

N'empêche que dans les reportages télé que j'ai vu ce soir (sur France 2 et sur M6), j'ai repéré au moins deux "converties" parmi les emburquées interviewées...

Rien d'étonnant...

CC

dimanche 3 avril 2011

Complexes ?

Toujours, j'ai préféré les grosses dames des tableaux de Rubens aux figures infernales d'un Jérôme Bosch.



Comme nous l'apprend Goya, les femmes maigres vieillissent mal.



Au delà de la peinture, qui n'a rien à voir là-dedans, les filles de ma génération me donnent souvent l'impression d'entretenir avec leur corps un commerce étrange.

Dès le collège, il m'a semblé croiser beaucoup d'anorexiques et de boulimiques. Beaucoup de gens ayant un rapport difficile avec leurs formes et avec la nourriture.

Moi la première, d'ailleurs.

Certes, je n'ai jamais souffert d'anorexie ou de boulimie. Mais dès mon plus jeune âge, j'ai connu des moqueries sur mon physique : "squelettor", "maigresse" ou encore "grignette", comme disait ma grand-mère, qui pensait qu'il valait mieux faire envie que pitié, voilà mon péché : j'étais trop maigre.

Je n'y pouvais pas grand chose, je mangeais normalement. J'ai des parents agriculteurs qui font une cuisine équilibrée, qui ne nous ont jamais acheté des cochonneries, qui mangent à heures fixes...

J'ai passé mon enfance à courir dans la nature aussi, à me dépenser physiquement.

A l'âge de l'indépendance, en entrant à la fac, j'ai décidé qu'il me fallait des formes un peu plus féminines, alors j'ai tenté de manger plus et plus mal...Bof...Jusqu'à 25 ans, je suis restée très fine. Ce n'est qu'à partir de cet âge que j'ai attrapé, enfin, quelques bourrelets et des nichons. Je suis heureuse comme ça.

Mais il est vrai que la société nous pousse à n'être jamais satisfait de ce que l'on a.

Ce ne serait pas grand chose, si les maux n'étaient pas aussi profonds...

CC