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jeudi 7 juillet 2016

Mais je vais bien...

J'ai des tonnes de petites névroses, comme tout le monde je crois : qui peut dire qu'il est parfaitement sain d'esprit, à part un fou ?

Une photo publiée par @cycee le

J'ai toujours l'impression de souffrir des maladies dont on me parle : légère hypocondrie. La dernière fois, on m'a parlé de ménopause précoce et j'ai tous les symptômes, c'est une évidence. Je ne consulte pas pour autant, parce que je sais que la prochaine fois qu'on me parlera d'une maladie, celle-ci remplacera la précédente. J'ai eu successivement une hépatite B, des cancers pour tous les organes et à chaque petit bobo, je crains la gangrène. Mon médecin me trouve toujours en parfaite santé et je n'ai pas pris deux jours d'arrêt maladie cette année...

J'ai un complexe d'infériorité aussi : je pense toujours que toutes les personnes que je rencontre pour la première fois sont plus belles et plus intelligentes que moi. C'est souvent vrai, mais parfois, on me dit que non. Ce que je ne crois pas tellement...Ce qui m'apporte parfois des déconvenues, mais c'est la vie.

J'ai un complexe de fainéantise, aussi : je fais souvent le double de travail que les autres pour ne pas que ça se remarque. Mon épouse me dit souvent que si on me payait toutes les heures que je fais au boulot, on serait riche...Mais ce complexe me permet aussi de mettre en place des stratégies pour travailler plus vite et plus efficacement.

J'ai une légère parano aussi. J'ai toujours peur de mal faire, de décevoir, de ne pas être polie comme il faut, une sorte de culpabilité, liée à mon sentiment d'infériorité, qui me fait douter en permanence de ce qu'on pense de moi. C'est une chose étrange car dans le fond, peu importe ce qu'on pense de moi. J'ai ma conscience pour moi.

Et je suis bien assez douée pour faire mon autocritique.

La prochaine fois, je ferais bien la liste de mes qualités. Mais je crains que ma modestie maladive m'en empêche...

CC

mardi 5 juillet 2016

Où se niche la fierté...

Une photo publiée par @cycee le

Ce n'est rien, ou pas grand chose, juste quelque chose qui chiffonne, quelque chose qu'on se reproche un peu, une petite faiblesse, un moment de honte vite dilué par la vie. Mais quand même.

C'est un moment dans la conversation où l'on dit un peu vite et sans articuler "mon amie", au lieu de "mon épouse", à une collègue à qui on n'a jamais dit qu'on était lesbienne. Tout simplement parce que la situation ne s'est pas présentée, parce qu'on a la réputation d'être discrète sur sa vie privée, parce que ce n'était pas le sujet, parce qu'on parle finalement rarement de sa sexualité (et c'est tant mieux, la plupart du temps)...

Aujourd'hui, c'est simplement que ce serait tombé comme un cheveu sur la soupe, qu'il aurait fallu expliquer, peut-être, que cela aurait pris du temps, que cela aurait provoqué un malaise, allez savoir...parce que l'instant était à la fête et que l'on ne veut pas peser, soudain, quand l'atmosphère est légère...

Bref, j'ai dit, bien vite, sans m'attarder, en ayant un peu honte "mon amie", à la place de "mon épouse". Et je n'en suis pas fière...

CC

lundi 20 juin 2016

Tristesse

Il est des jours comme aujourd'hui où la vie nous rappelle combien elle est fragile et combien elle peut fuir en un instant.

Il est des jours où l'on se dit que la mort devrait faire plus de discernement, qu'elle ne devrait pas faucher les jeunes mamans alors qu'il y a tellement de vieux cons sur terre.

Ces pensées sont vaines mais on aimerait savoir prier, on aimerait pouvoir se rattacher à une croyance, à l'espoir d'un monde meilleur.

En attendant, il faut vivre avec les vivants, entourer ceux qui restent et qui sont dans la peine.

Toutes nos pensées à Benjamin, Noémie et Coraline. Toutes nos condoléances.

jeudi 19 mai 2016

Abus de confiance

Plus j'avance dans cette étrange absurdité de la vie, plus je me rends à l'évidence que nous ne pouvons nous fier qu'à l'or du soir qui tombe, qu'aux cris des martinets au petit matin et qu'aux marronniers, chaque printemps, qui tendent leur belles grappes coniques vers l'azur, érotiquement, leurs fleurs, comme des phallus fiers vers le ciel.

Nous pouvons faire confiance à la nature, elle a ses colères et ses humeurs, mais elle ne trahit pas, elle ne ment pas.

Les hommes se sont exclus de la nature.




mercredi 4 mai 2016

Bonne réunion, efficace et tout...

Un silence gênant s'est installé dans la petite salle de réunion.

Le rendez-vous était fixé à 14h00. Je suis arrivée la première à 13h59, un peu essoufflée. J'ai toujours peur d'être en retard. J'ai poussé la porte doucement. Je m'attendais à déranger. Je me fais toujours beaucoup d'illusions. Je me suis assise et j'ai sorti mon carnet et un stylo ; j'ai commencé à le faire tourner sur mes doigts.

Perdue dans mes pensée vengeresses "la prochaine fois, je serais vraiment en retard, puisque c'est ça, j'en ai marre, on n'avance pas, déjà que cette réunion..." quand, cinq bonnes minutes plus tard, une deuxième personne est arrivée.

"Salut, ça va ? Je croyais être en retard..." Tu parles !

Cinq minutes passent encore, péniblement. Le frôlement de ma jambe qui s'agite contre mon gré, nerveusement, contre la table, est le seul trouble dans ce silence pesant qui s'est installé.

Soudain, j'attrape mon téléphone et je consulte mon agenda : je me suis trompée de date ? Je me suis trompée de salle ? Je me suis trompée d'heure ? Non.

Il est 14h10. Passez dix minutes avec quelqu'un que vous aimez, cela vous semble si court. Posez dix minutes votre main sur un poêle brûlant, cela vous semble une éternité. Et attendre une réunion dans une salle avec un inconnu...

A 14h15, la dame qui apporte le café fait grincer le chariot dans le couloir. On dirait qu'elle vient de loin et qu'elle avance très lentement, comme prise dans l'épaisseur de la moquette. Le grincement remplit l'espace. Je tapote frénétiquement mon carnet avec mon stylo. Je me promets de ne pas prendre de café.

14h20. Les principaux acteurs de la réunion arrivent enfin, riant fort, avec, déjà, un café à la main. "Tiens, vous êtes déjà là ?".

Pas un mot d'excuse.

"On a pas beaucoup de temps, on doit repartir à 14h45, sans faute. On a une autre réunion à la préfecture. Le préfet n'attend pas. Alors, déjà, un petit tour de table : pas sûr que tout le monde se connaisse."

Raclements de gorge. Finalement, un café, oui, en intraveineuse. Tour de table. Ordre du jour.

"Je vous propose qu'on fasse le planning pour les prochaines réunions...Ah ! Mme Machin, bonjour, non, ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas en retard, on vient juste de commencer, installez-vous !"

Et puis planning. Pendant 20 minutes, on se prend la tête : "Soit on n'aura pas les éléments nécessaires si tôt, soit ce sera trop tard. Et le vendredi, je ne suis pas là. Il nous reste un créneau, de 10 à 12, un jeudi, ça nous va ? Non ? Ah ! Oui ! Ah ! Non ! C'est férié."

On repart, en se serrant la main. Bonne réunion, efficace et tout, comme on en a tant dans l'éducation nationale.

lundi 21 mars 2016

Sous les mots...

J'aime les gens comme j'aime les livres : le mystère qui se cache sous la couverture, lorsqu'on se promène dans une librairie, c'est fascinant.

Avant d'ouvrir un livre, on ne sait pas encore, mais le titre ouvre la porte d'une infinité de possibles : Tu ne t'aimes pas, Le Cul de Judas, Salambo...Tour à tour énigmatiques, étranges, sonores, les titres nous poussent au rêve ou font écho à nos cauchemars. Les titres nous attirent et nous choisissent.

Tant que nous ne les ouvrons pas, ils sont tout ce que nous en imaginons.

Il est rare de pouvoir plonger dans l'âme des gens comme nous pouvons plonger dans un roman. Il est rare de pouvoir s'abandonner à la lecture d'un être : souvent il faut se contenter de la couverture. Certaines personnes sont peut-être comme quelques ouvrages...De belles promesses et des pages sans intérêt, un titre aguicheur choisi par un éditeur pour masquer le creux d'une prose sans imagination. Mais certains nous attirent irrésistiblement, nous avons envie de lire en eux, à livre ouvert...

J'aime passer du temps à la librairie, à rêver sur les couvertures. J'aime essayer de deviner les mondes qui se dissimulent dans les pages que je ne lirai pas...

samedi 12 mars 2016

Quand ceux qui vont...

Est-ce parce que l'hiver se traîne encore un peu ? Ambiance quelque peu mortifère en ce moment. La vie qui vient, la vie qui s'en va...et nous restons, pour pleurer.

Je pense à vous, à ceux qui s'en sont allés dans la blonde lumière...Je pense à mon père, comme tous les jours depuis 3 ans et demi...Il y a plus de 3 ans, déjà...




Chaque jour, je me dis qu'il faut que je garde de lui le meilleur : sa force, son optimisme, sa volonté de toujours apprendre, toujours faire les choses pour un intérêt commun, toujours faire preuve de sincérité, de vérité, toujours rester intègre à ce qu'on est, fier de ce qu'on est et d'où l'on vient. 

Ambiance mortifère, mais le soleil revient...Le jour se lève encore....