samedi 8 septembre 2012

Ne nous fâchons pas

J'ai pris le parti de ne jamais me fâcher avec personne à cause de cette connerie de blogs. Les blogs sont une connerie. Comme toute communication via un écran et une connexion haut débit d'ailleurs. 

La communication par écrit me semble avoir besoin de ce recul salvateur : nous sommes dans une ère où très peu de gens savent vraiment écrire et où bien moins encore savent lire. Je fais partie de ces ignares. Je suis une plouc du web et d'ailleurs.

Je ne me fâche pas car j'ai remarqué qu'on se fâcherait souvent avec des gens avec qui nous serions tout à fait courtois et accorte dans la vie. D'ailleurs, dans la vie, je ne me fâche pas non plus. Je suis du genre larvaire, comme fille, en fait : souriante, détendue, évitant à tout prix les conflits. Sans doute est-ce de la lâcheté...

En ce moment, mon père est à l'hôpital. Je suis inquiète et tendue. Je suis beaucoup moins zen que je le voudrais. Une preuve ? J'ai commis un commentaire chez ce brave Didier. Je n'aurais pas dû : ça ne sert à rien de dialoguer avec ces intellectuels d'une race supérieure, persuadés de leur immense culture, incapables du moindre humour.

Je suis d'autant plus déçue par moi-même que j'ai été incomprise par Suzanne, que j'aime bien, et qu'au lieu d'apaiser la situation, je l'ai envenimée, en racontant n'importe quoi. Je savais bien que la caricature et l'excès ne m'apporterait rien de bon. Cela n'apporte jamais rien de bon sur les blogs, car personne ne sait lire ça, à supposer que je sache l'écrire, ce qui est tout à fait improbable.

J'ai utilisé le terme "public" pour parler des parents d'élèves, par exemple. Je ne crois pas que le terme "service public" soit impropre à mon travail de fonctionnaire. Malgré tout, la réflexion n'est pas idiote : est-ce que je travaille en face d'un public, comme un artiste ? Car c'est ce que sous-entendent les remarques que j'ai essuyées. Public, pourtant, cela ne veut pas dire autre chose que peuple, "qui appartient au peuple", comme le trésor public. Je crois que la dérive du mot public dans le sens "public du stade de France devant la prestation de Johnny Halliday" n'a rien à voir avec le sens original de ce mot.

Mais voilà. On ne sait pas écrire, on ne sait pas lire et on perd ses nerfs. Pourtant, mes nerfs ont autre chose à faire : mon père a besoin de que je sois calme et reposée quand je vais le voir. Il n'a pas besoin que je sois tendue et au bord des larmes au moindre mot.

Désolée.

CC

11 commentaires:

  1. Bonjour Cycee

    Un bon ange du Net m'a envoyé un lien vers ce billet.

    Bon. Gueulons un p'tit coup franchement.
    Ce n'est pas la première fois que vous écrivez quelque chose qui m'énerve, toujours dans le domaine des rapports enseignants(vous, donc)-non enseignants(moi, donc). Et toujours sur le ton de "mais de quoi se mêle-t-il, pourquoi a-t-il un avis, il ne peut pas du tout évaluer notre travail (si délicat, si difficile).

    Il va sans dire que je ne suis pas d'accord du TOUT, mais passons.
    J'ai réagi au mot "public" avec un léger fond de mauvaise foi, car je ne pensais pas sincèrement que vous aviez employé ce mot dans un sens dépréciatif. Il n'empêche que déplore son utilisation dans ce cas, pour les raisons que j'ai expliquées chez Didier.
    Si je disais, par exemple, que les réunions parents profs sont une épreuve abominable que je redoute personnellement, parce que, quand on est parents, on a affaire à des publics divers, profs parfois avachis, aux ongles sales, à l'haleine douteuse, aux piercings auréolés de rouge, à l'expression orale défectueuse, au vocabulaire pauvre, ou pincés, au regard méprisant, regardant ostentatoirement leurs montres, incapables de se souvenir du prénom de l'enfant et quand à son travail n'en parlons pas, qu'en penseriez-vous ? C'est peu ou prou ce que vous dites des parents.
    Je trouve, pour résumer, que vous exprimez dans vos commentaires du mépris pour les parents, pour les familles, et donc, à fortiori, pour vos élèves. Que vous avez tendance à les considérer en bloc comme un outil de travail indifférencié (enfin, là, j'exagère, vous dites qu'il y a aussi des parents d'élèves charmants, mais ça me fait penser au noir ou au juif charmant que connaissent tous les racistes). Pensez cela si vous le voulez, mais ne vous étonnez pas qu'on vous vole dans les plumes si vous l'exprimez aussi crûment (et/ou aussi maladroitement).
    Ce qui me fait bouillir, c'est ce que vous exprimez à propos des pauvres. (Alcoos, incultes et Front National) C'est toujours dangereux de réduire ainsi les Ethan et Priscilla (ça me fait rire, parce que je connais une Mélinda et un Jérémy trentenaires qui ont une Priscilla et un Nathan de trois et quatre ans et votent Mélenchon à donf). Et si c'est le cas, pourquoi ne pas avoir pour des enfants du quart monde petit-blanc-facho-par-atavisme la même préoccupation que pour les enfants "d'autres cultures pas tout à fait à notre diapason question droits de la femme et des homos, par exemple ?"
    Z'êtes pas cool avec les pauvres gosses et leurs familles.

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  2. Bonjour Suzanne,
    Que voulez-vous ? Que je ne sois pas cool non plus avec mes collègues ? Pas de problème ! J'ai des collègues complétement cons, des bavards insupportables, des neuneus, des incapables, des racistes en milieu hostile qui finiront par se faire trucider sur le parking un soir de conseil de classe. Certains, évidemment, pas tous. Comme les parents d'élèves. Mais il me semble a contrario que vous faites de l'angélisme à propos des parents : ils ne sont pas tous sérieux sérieux dans l'éducation de leurs enfants. C'est une réalité.

    Ensuite, vous avez du mal avec la notion de caricature. C'est dommage, c'est quelque chose qui m'amuse et dont j'abuse. C'est pour ça que j'aime bien lire Didier Goux d'ailleurs : lui aussi il caricature les modernoeuds, comme il dit. C'est amusant. Ce n'est pas méchant, ou pas trop. Et ça détend. Essayez donc.

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  3. Non non, j'en reste à ce que j'ai écrit plus haut.
    Vous pirouettez, invoquez la caricature ou le second degré, C'est trop facile a posteriori, moi je n'en vois pas trace dans cette discussion chez Didier, et c'est une façon un p'tit peu cavalière de se justifier en disant que l'autre ne comprend rien aux subtilités de la langue. Pour ce qui est des parents qui passent tout à leur gosse et pourrissent la vie de leurs professeurs, j'avais écrit un merveilleux petit billet, ironique et très drôle. SI, si (smiley).

    http://merle-moqueur.blogspot.fr/2010/03/t-out-le-monde-fait-des-petitions-cest.html

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    1. Supposer que mes commentaires chez Goux sont sérieux, ce serait supposer que le billet de Goux était sérieux...Un billet dans lequel il se dit attendri par un enfant...Franchement...C'est vous qui n'êtes pas sérieuse...

      Et vous continuez de défendre en un bloc les parents d'élèves qui ne sont pas à mettre dans le même panier. Vous vous identifiez à TOUS les parents d'élèves, ce qui n'est pas raisonnable...Sérieusement, cette fois-ci, il est de mon droit de dire que CERTAINS de mes parents d'élèves sont bourrés quand ils viennent aux réunions. CERTAINS de mes parents d'élèves m'ont demandé à mettre leurs enfants dans une classe sans arabes. CERTAINS de mes parents d'élèves ne viennent jamais à aucune réunion, à aucune convocation. CERTAINS parents d'élèves justifient absolument toutes les absences répétées de leurs enfants, avec des motifs incroyables. CERTAINS. Cela arrive et assez régulièrement dans le quartier dans lequel j'enseigne et c'est un fait statistique, souvent les prénoms des élèves sont de ceux moqués par Goux. Je ne pense pas que vous soyez de ceux-là et que vous vouliez vous identifier à ceux-là.

      Là je sors de la caricature et de la généralisation, je rentre dans le cas particulier. C'est ma réalité et en aucun cas vous pouvez la remettre en cause (sauf si vous jugez que je mens...)

      Heureusement, à côté de cela, il y a des parents normaux. Ils sont nombreux. Mais dans la vie, souvent, on retient ce qui ne va pas. C'est dommage...Mais en parler permet aussi de l'évacuer, de s'en libérer, pour garder le meilleur.

      Ce matin, par exemple, j'ai croisé dans le quartier la mère d'une ancienne élève, Amélia, qui est maintenant en fac de droit. J'étais ravie d'avoir de ses nouvelles et tellement heureuse qu'elle réussisse que là aussi, j'étais aux bords des larmes. Mais en ce moment, c'est toujours le cas...

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    2. Ah...et sérieusement, aussi...90% de ce que je raconte sur le net se veut de l'ironie ou de l'humour. En tout cas, c'est mon souhait. Mais comme je l'écris au début du billet ci-dessus, c'est souvent mal écrit et souvent mal lu...

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  4. Pour répondre au dernier commentaire: c'était de l'ironie et de l'humour, votre petite tirade sur les prénoms d'enfants qui ne pouvaient qu'appartenir à des parents FN débiles et alcoos ?
    Je ne l'ai pas lu ainsi. Par contre, je crois Didier sincère quand il dit qu'il a été attendri par ce petit enfant. Comme il n'en a pas eu, il a parfois des petites pointes de regrets quand il en rencontre un charmant, alors que les trois-quarts du temps il regrette qu'il n'y ait pas de bombe répulsive ou momicide qui les pulvérise à trente mètres, je ne vois pas ce qu'il peut y avoir d'étonnant là-dedans. Même un vieux nazi peut avoir un petit cœur attendrissable :-).
    Mais vous allez répondre que le premier paragraphe de votre dernier commentaire était aussi de l'humour, que vous savez bien tout delà, et que je ne suis pas sérieuse d'avoir, une fois de plus, répondu sérieusement.... et on n'en sortira pas....

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  5. Bof. On se rencontrera un jour. Et sans doute on s'entendra plutôt bien. Même si je suis d'une timidité crasse et que j'aurai l'air coincée et idiote...
    Bises.

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  6. Je viendrai avec un Gaffiot dans mon sac de gauche et les Mémoires de Saint-Simon dans le coffre de la voiture. Et à la première agression, paf, boum ! Proficide en vue !

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    1. Baissez la garde, je ne suis pas une méchante...

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  7. Bon bon... en tout cas, je sais pour l'avoir éprouvé, qu'une discussion serrée où l'on a répondu en ping pong à quelqu'un qui vous parle, comme je l'ai fait, sur un ton énergiquement réprobateur sans essayer de lire entre les lignes, peut rentre triste, surtout si on a déjà des motifs de tristesse.
    Hum. Comment conclure... take it easy ? Prenez soin de votre père ? Vivement notre prochaine engueulade ? tout ça, quoi...

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    1. Merci. Je n'ai pas l'énergie nécessaire à ce genre d'échange, en ce moment. Je n'aurais jamais dû commettre un commentaire chez Didier...
      Je n'aime pas tellement les engueulades, en plus...ça ne se voit pas ?

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