lundi 20 juillet 2015

Les après-midis de juillet

Je me rappelle de la longueur, de la lenteur, de la langueur des après-midis d'été, quand j'étais enfant. Je me souviens du Tour de France à la télé, dans le salon aux volets à demi clos, des verres de sirop de menthe, de la cueillette des groseilles à maquereaux dans le jardin, mais seulement en fin de journée, quand le soleil commençait à décliner, mais qu'il était encore assez puissant pour révéler les odeurs d'herbe coupée...

Je me souviens aussi de l'ennui imposé : "Prends donc un livre, il ne faut pas sortir quand il fait si chaud..." Ma grand-mère, mon grand-père aux mots croisés, les chamailleries avec mon frère, les parties de Monopoly avec les cousins du midi en vacances à la montagne. "On va au lac ?"

Je n'aimais pas les vacances. Je n'aimais pas grand-chose je crois. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir mille ans et je crois que je parle d'un temps lointain qui a disparu à tout jamais. Les enfants jouent-ils encore au tarot les après-midis de canicule, dans le frais d'un salon aux persiennes fermées ? Lisent-ils encore des Picsou magazines ou des Astérix vautrés par terre ? Les jeux vidéo ont-ils gagné la bataille marketing de la société de consommation ?

Ma nostalgie me surprend moi-même...

Aujourd'hui, il faudrait déjà prendre le temps. S'arrêter. Tout va trop vite. Hier aussi, sans doute. C'est un âge de la vie. Je suis juste avant la case "senior", il faut profiter. 

Rien ne s'arrête. Même au mois de juillet, il faut courir, même par une chaleur de bête, la peau collée à la chemisette. Il faut traiter les dossiers laissés par les heureux vacanciers qui suent sur un quelconque front de mer. Il y en a quelques uns. Les aoûtiens auront-ils la pluie sur les plages de Normandie ?




mardi 23 juin 2015

Fuite du fluide

(Je hais les journaux intimes, je le rappelle : ce que j'écris là n'est pas la vérité, merci, merci, merci !)




Il ne faudrait pas que les gens pensent que je pense. Il ne faudrait pas que les gens s'imaginent que j'ai de l'imagination. Je ne suis qu'une masse de chaire informe à la recherche du moule qui fera d'elle une pièce mangeable pour le monde qui l'entoure. Je suis malléable, je suis la bonne pâte à modeler, verte, rouge, bleue.

Quand le fluide de l'autre qui pense pour moi m'abandonne, je tombe comme la robe qu'on quitte et je glisse sur le sol, patapouf, bave aux lèvres. Il faut qu'on insuffle en moi l'énergie vitale. Sans ça, mon sang fuit et les nerfs me lâchent. Les fils de la marionnettes sont coupés par une main invisible qui jette du sable dans mes yeux cerclés de noir, qui me fait lentement tomber aux pieds de Morphée. Lamentable, recroquevillée, roulée en boule, le corps cassé, trop froid, trop chaud, brisée...




jeudi 18 juin 2015

Fin d'année

Je vis chaque moment dans l'attente de la prochaine pause. Je vis chaque moment comme une épreuve interminable, minée par la fatigue, minable d'être aussi éprouvée, pire qu'une épave en vérité.

Ecrire

Voilà si longtemps que je n'ai pas écrit qu'il me semble que je suis rouillée.

Il est faux de dire que je n'ai pas écrit : j'ai écrit des cours, des mails, à foison, des comptes-rendus, des projets, des notes, des rapports, des appréciations...

Mais voilà longtemps que je ne me suis pas mise devant une page blanche avec pour seul but l'envie de faire de jolies phrases. Je ne me suis pas assise avec la tête pleine d'idées bouillonnantes sur un sujet passionnant. Cela m'est arrivé, pourtant, par le passé, sur ce blog ou ailleurs. J'ai eu, plus qu'envie même, besoin d'écrire.

J'ai écrit des choses profondes (enfin, aussi profondes que possibles pour mon petit cerveau étroit et rustique), des textes sur l'homosexualité, sur la féminité, sur la maternité...Suis-je vidée de tout ce que j'ai à dire ? Peut-être, après-tout. Il y a plus de tonneaux percés que de tonneaux sans fond. L'ivresse de "l'inspiration" ne peut pas durer toujours et je me sens Danaïdes à vouloir remplir sans cesse une page qui demeure vide.

Je suis entrain de lire un livre de Jeanette Winterson qui, à chaque page, me donne envie d'écrire, pourtant. Mais comment, mais pourquoi ?

A vrai dire, il faudrait que j'écrive sur un autre sujet : pas sur moi. Mais ce sera pour plus tard !

CC

jeudi 7 août 2014

C'est pas autobiographique et c'est trop sombre, je vais pas le publier.

Tu t'es vue, là, devant ce petit bout dans sa poussette, tu t'es regardée : tu es ridicule, tu ne sais pas comment faire, tu es gauche et tu ne veux pas que ce soit dit. Tu ne sais pas ce qui est mieux, en plus : te tenir là, les bras ballants, un sourire idiot, mais faux, sur les lèvres ou bien surjouer le gâtisme avancé, multiplier les "Oh ! Comme il est mignon ! Oh ! Comme il est trop chou !".

Toi, avec ton utérus qui avance en âge et qui n'a toujours pas porté d'enfant, devant les enfants des autres, tu es prise de jalousie, d'une folie soudaine qui te pousserait presque à commettre des enlèvements, des hold-up à la maternité, des braquages à la banque du sperme.

Tu le sais maintenant qu'il faut te préparer psychologiquement quand tu vas voir une copine mère de famille. Des copines mères de famille, tu n'as presque plus que ça, d'ailleurs, à ton âge. Tu le sais bien que tu vas vivre des moments de malaise, que tu vas te sentir détachée, pas à ta place devant ce tableau charmant de la petite qui vient faire un bisou à sa maman. Tu le sais que tu vas te sentir mal devant ce petit attaché au sein de sa mère.

Tu le sais, mais c'est la vie, tu ne peux pas l'éviter. Alors ce n'est pas la peine de fondre en larmes, ça ne changera rien. Ce manque qui est là, au creux de ton ventre, il faut le taire. Il faut seulement faire attention, parce que ce qui te guette, pauvre vieille, c'est l'aigreur, la rancœur, la haine, même. Tu le sais et ça te fout déjà des rides.

Et puis, quand la raison revient, quand les hormones ferment leur gueule, tu sais bien les savourer tes nuits tranquilles, tes sorties au resto, tes économies de couches et de baby-sitter. Tu es la première à sourire intérieurement quand une copine arrive le matin, des cernes jusqu'au menton parce qu'il a fallu bercer la petite et éponger le vomi du dernier.

Es-tu vraiment une femme si tu n'es pas une mère ? Cette question, ce n'est pas toi qui te la pose, c'est la société toute entière qui te la balance à la gueule, en permanence...Les pubs, les émissions de télé, les magazines, ta mère...

Et puis, que transmets-tu ? Comment occupes-tu ta vie, si tu ne donnes à personne, si ce que tu construis n'est pas destiné à quelqu'un d'autre que toi ? Si tu te complais dans cet égoïsme...

Et pourtant, ce monde est suffisamment pourri pour qu'on n'ait pas envie de le refiler comme on refilerait une chaude-pisse...C'est ce que tu te dis quand tu n'as plus d'argument...Parce que le reste du temps, tu te dis qu'il serait sans doute agréable de faire découvrir ces magnifiques paysages que tu aimes tant, que ce serait un beau moment, que de faire goûter des cerises sur un arbre à un enfant, pour la première fois...Et lui lire des contes, le soir, lui interdire des livres, pour qu'il se lève la nuit pour les lire en cachette, regarder des vieux films ensemble...

Autant oublier...

mardi 8 juillet 2014

Ecrire en été

Des fois, en été, j'écris des petites nouvelles, comme ça, sans prétention, juste parce qu'une idée me traverse l'esprit ou que j'ai envie de laisser courir mes doigts sur le clavier. C'est agréable de laisser courir ses doigts.

Je ne suis pas encore assez reposée, je crois, pour écrire. Il me faut les longues après-midi de chaleur, quand on ne sort pas, de peur de prendre une insolation. Quand on était petit, on regardait le tour de France derrière les volets tirés. Il me faut une petite dose d'ennui, aussi, il me faut être au bord de la mélancolie pour avoir envie de me prendre pour une artiste...Le reste du temps, mon cerveau est occupé par les cours à créer et cela suffit à ma créativité. Je me contente de peu !

Cet été, je ne sais pas si j'écrirai des nouvelles ou si je commencerai un roman que je finirai jamais. Allez savoir. Parfois, il suffit d'une scène observée dans la rue, sur la plage, dans un magasin pour déclencher l'envie de raconter. L'aventure, quoi !

Pour les lire les anciens trucs que j'ai écrits, c'est là. (mais c'est pas obligé...)

CC


lundi 23 juin 2014

Fatigue de fin d'année

J'ai mes deux neurones qui se touchent. C'est peut-être la chaleur, mais j'ai l'impression que les fusibles fondent dans mon crâne et que ça fait des courts-circuits.

J'ai les agendas qui se croisent, les objectifs pédagogiques qui font des larsens avec les objectifs mairie.

Je n'ai toujours pas la réponse du rectorat pour savoir si j'ai une heure ou deux de moins sur mon emploi du temps l'année prochaine. Mes collègues élus l'ont eue. J'ai l'impression que l'Education Nationale va me faire faux-bond : il faut dire que la case "conseiller délégué" n'existe pas, au rectorat. J'ai dû faire faire une attestation par mon maire en plus d'une lettre de motivation...

Il n'empêche que j'attends les vacances avec beaucoup d'impatience. J'ai eu le dernier CA, ce soir. J'ai encore deux heures de préparation au brevet avec les 3èmes "2 de tension", demain matin, et puis on commencera les heures de garderie avec les autres, on surveillera le brevet et on tâchera de préparer la rentrée 2014 dans la joie, la bonne humeur et l'odeur de sueur, parce qu'un prof transpire aussi...

Le 4 juillet me semble si loin et les heures qui m'en séparent me semblent si longues...

Je hais les fins d'année...