mercredi 23 novembre 2016

Commencements

J'ai encore commencé un autre roman, hier soir, avant de m’endormir.

Ce roman débutait par les mots de quelques romans autrement plus célèbres que les miens :

« Longtemps je me suis couché de bonne heure. » De bonheur. Et le personnage disait : « Il y a les romans qui commencent par « je ». On rentre dans l’intimité de quelqu’un, on est est happé par notre propre curiosité. On est intrigué.
Autre je, autre jeu : « Aujourd’hui, maman est morte. » Maman, si proche. Le ton, si distant. Intrigue, mystère.
Et puis « C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. » Plus de je, au contraire. Nous sommes loin, nous voyageons dès les premiers mots. Et on a envie de partir. »

Moi, si je devais écrire un roman, j’attraperais le début avant de m’endormir.

Avant hier soir, virtuellement, j’écrivais le début d'un autre roman qui ne verra jamais le jour :

« Alors qu’elle se démaquillait machinalement devant son miroir, comme chaque soir, alors qu’elle ne retirait pas tout à fait la totalité de ce noir qui lui cernait les yeux, elle se disait qu’elle n’était jamais vraiment elle-même avec ce maquillage. Elle ment avec son visage. Elle ment sur son âge. Sur ses rides qu’elle appelle affectueusement « rides d’expression, rides d’émotion ». Ce sont pourtant les marques de son expérience. Elle ne sait plus qui elle est. Chaque matin, elle remet sur les restes de maquillage de la veille, une couche de mensonge, de crayon noir et de rouge aux joues. »

Quand le sommeil m’a prise, l’héroïne sortait de la salle de bain.

 C’était un autre soir, que je commençais mes divagations littéraires. Mes contes d’enfant pour m’endormir. Mes sornettes remplaçant les moutons. Mes pensées positives, mes visualisations optimistes ayant pour but de détendre mes épaules et de délasser mon esprit.

 « Elle jeta ses clés sur la tablette de l’entrée. Elle était lasse de la journée, elle n’espérait que son canapé, elle n’aspirait qu’à retirer ses chaussures. Elle avait oublié de faire les courses, elle avait oublié de faire la lessive, elle avait oublié de payer l’électricité. Elle oubliait tellement en ce moment. La fatigue, sans doute. Il fallait pourtant bien qu’elle aille se chercher à manger. Elle devait ressortir, mais où avait-elle mis ses clés ?

Au même moment, de l’autre côté de Paris, une vieille dame somnolait devant Questions pour un champion. « - Question géographie : quelle est la capitale du Brésil ? » Elle ouvre un oeil. Elle dit « Brazilia » et semble se rendormir. Elle n’a pas oublié. Mais en ouvrant l’oeil, elle a été effarée, un bref instant : où était-elle ? Elle avait oublié, elle ne reconnaissait pas cette télé plate, cette tapisserie à fleurs, ce napperon et ce petit vase. Et qui pouvait bien être cette jeune femme s’activant dans la cuisine ? »

C'est vrai, plus on lit, plus on se rend à l’évidence bête et méchante que tout a été écrit, tout, absolument tout a été imaginé, inventé, rapporté. La page blanche, c’est surtout la page trop pleine de tout ce qui existe déjà. Mais il est un moment magique où l’on pense réinventer le monde et la littérature. C’est le moment où l’on se berce avant de sombrer dans les bras de Morphée. L’autre soir, par exemple…

« Alors que le monde semblait courir à sa perte, que la Syrie brulait et qu’Alep était détruite, une jeune fille découvrait l’amour, et il lui semblait que le monde était neuf comme un oeuf du jour. Les fleurs étaient plus belles que la veille, l’herbe était plus brillante de rosée, les passants semblaient esquisser des pas de danse pour éviter les flaques et la lumière qui baignait la ville n’était rien moins que de l’or. Pour chacun d’entre nous, l’amour réinvente le monde, c’est une banalité et un événement intime extraordinaire, tout à la fois.

Alors que le monde courait à sa perte, un vieil homme décidait de prendre une balle dans son tiroir, un revolver dans son armoire, une corde dans son grenier. Un vieil homme décidait qu’il avait assez vécu, assez vu de sang, de misère et de bêtise, assez de vice et de guerre pour sa pauvre vie. C’est le lot de chacun, peut-être, mais que dieu - ou la boisson - nous en préserve, de désespérer du monde et des hommes lorsqu’on vieillit. Ce n’est pas que le monde change ou que les hommes sont pires. C’est juste que l’on vieillit. C’est que l’on en a trop vu, qu’on a perdu la naïveté qui nous tenait chaud, qui était un vernis fragile, mais assez beau qui nous empêchait de voir les craquelures du tableau. C’est aussi que l’on prend du ventre et de l’arthrose, que ce qui nous paraissait simple - monter trois marches, changer une ampoule, manger une choucroute - devient un enfer, une épreuve insurmontable. Alors on accuse les choses : ce n’est pas moi qui ai changé, ce sont les choses, c’est le monde qui se ligue contre moi. »

 Paupières lourdes…

« Dans toutes les rédactions de la presse quotidienne régionale, la PQR, pour les intimes, il y a un type préposé aux métaphores marines éculées. C’est dans son bureau qu’on trouve les tourmentes, les tempêtes, les gros vents et les naufrages. L’intensité dramatique va du coup de vent à l’ouragan et ne se limite pas aux Dernières nouvelles de Brest. Ne croyez pas que l’on soit épargné si l’on vit loin de la mer. La Dépêche de Nancy n’y coupe pas : le moindre fait divers comporte, selon l’histoire, un insubmersible ou une épave échouée, c’est toujours peu ou prou la même histoire de voyage au long court, de grain en haute mer ou de départ en solitaire et sans escale. La mer, la mer toujours recommencée. Il faut que ça claque comme une marée haute sur l’île d’Ouessant, il faut qu’on sente les embruns du scandale. Dans toutes les rédactions de province, on pense à l’affichette qui fera mouche dans la vitrine des boulangeries le lendemain matin. On sait bien ce qui fera vendre du papier. Alors on ne lésine pas sur l’hyperbole. Le moindre souci de voisinage se transforme en tir de bordée et si les commerçants rencontrent le maire pour se plaindre, ils montent à l’abordage de la mairie, rien de moins. »

lundi 21 novembre 2016

Du pouvoir et de l'ambition...

Moi qui n'ai de pouvoir que celui sur ma soupe, et seulement quand je l'ai digérée, parce qu'il arrive qu'elle se rebelle une fois bue, comme ce soir, d'ailleurs, car j'ai bien envie de vomir, ce soir, moi qui n'ai donc pas l'once d'un début de pouvoir, même avec la télécommande ou même avec cet ordinateur qui décide souvent de se mettre à ramer quand je travaille sur un tableau de compétences de troisième cycle, ce soir, alors que je sors d'un conseil municipal épouvantable, je dois dire que si je savais prier Dieu, je l'implorerais de ne jamais éprouver l'envie d'avoir du Pouvoir. Qu'on me protège aussi de l'Ambition car ce duo, Pouvoir et Ambition, sont la cause de bien des métamorphoses, de bien des névroses, de trop de drames.

Il y en a qui aiment la querelle politique, la bataille et la stratégie. Je n'aime que le calme et la tendresse, la douceur et la paix. La loyauté et l'amitié.

Cependant, j'aime aussi explorer les tréfonds de l'âme humaine.

Je suis servie.

CC


mardi 11 octobre 2016

Une petite minute

Depuis que je suis toute petite, depuis le catéchisme et la messe, en fait, depuis qu'on me conseille de faire des prières, alors que je ne sais pas faire de prière, je me dis parfois que modestement, déjà, s'il ne pouvait rien se produire de dramatique pendant une minute, une seule petite minute de répit, sans mort, sans violence, sans traumatisme crânien, sans même que quelqu'un se retourne un ongle ou marche sur un lego, alors, déjà, nous aurions beaucoup de chance.

Mais chaque minute, des drames et des catastrophes, inexorables, comme le va et le vient d'un balancier d'horloge, font le bruit de fond de nos vies. Tic ! Un tremblement de terre...Tac ! Une ville rasée par des bombes...Tic ! Un ami a le cancer...Tac ! Un bus de collégiens tombe dans un ravin...

Pas de sommeil possible, pas de rêve, pas de rose. La misère s'abat sur le monde, la violence, la guerre, la souffrance. Et quand on prend une pause, quand on croit qu'on peut tourner les yeux, un instant, vers quelque chose de beau, de léger, de frais, on se prend en pleine face le malheur, encore et encore. 




dimanche 9 octobre 2016

Acteur en série

« Mon chéri,

 Je t’ai vu, hier soir, dans l’épisode #12 de la saison #26 des Experts Miami. Tu étais mort, ton corps se décomposait déjà, on t’avait sorti de l’eau après une noyade. Tu avais été tabassé, ton visage était tuméfié et ton bras droit pendait bizarrement démantibulé le long de ton torse nu et défoncé.

Je sais que c’est de la télé, que ce métier d’acteur te conduit à faire des choses insensées et que ce n’est qu’un jeu et un métier. Je sais que les gens qui font les maquillages et les effets spéciaux sont extras. Mais cette image continue de me hanter.

Heureusement, ce soir, je viens de t’apercevoir dans le dernier épisode d’Esprits criminels. Tu faisais un témoin très concerné, très attristé, très sincère. Ta mère venait d’être assassinée et gisait dans la cuisine, dans une mare de sang. Mais toi, tu étais parfait, très convaincant. Tu avais l’air de tellement aimer ta mère, tellement la regretter. J’ai versé une larme, crois-moi ! Mais quand les inspecteurs finissaient par découvrir que tu étais finalement le criminel, l’odieux criminel, - ah ! mais quelle idiote, je n’aurais jamais dû regarder ça jusqu’au bout ! - tu as eu ce regard torve, faux, malsain…Tant de haine envers ta mère…

Je sais bien que c’est ton métier et que tu dois faire de ton mieux, jouer la comédie avec conviction. Mais bon sang ! J’y pense encore avec des frissons d’horreur.

Dans quelle série vas-tu travailler la prochaine fois ? Tu m’avais parlé de Sex and the city…Je regarde cette série…Mais par pitié, si tu as des scènes de nu, des scènes de sexe, s’il te plait, dis-le moi. Je ne voudrais pas encore faire des cauchemars.

Bises, mon chéri,
Ta maman. »

jeudi 6 octobre 2016

Conversation d'ascenseur

L'automne est arrivé par surprise. Celui qui n'aurait pas eu l'idée de sortir le bout de son nez ou celle qui n'aurait pas jeté un oeil à la page météo du journal, derrière ses carreaux, aurait pu penser qu'il faisait encore beau et assez chaud.

Aujourd'hui, dans la rue, j'ai même aperçu une jeune femme en petite robe alors que tout le monde avait déjà sorti la doudoune et l'écharpe.

Mais le vent s'est levé et a apporté les frimas qui font roussir les feuilles et tourbillonner la poussière. Les passereaux se rassemblent sur les fils pour se tenir chaud. Et la forêt qui a doucement grillé tout l'été commence à s'effeuiller, sexy, pour faire pousser à ses pieds des champignons, si la rosée est assez généreuse.

Le ciel est si clair le soir, accrochant un peu de barba papa toute rose à l'ouest, traversée de reflet de caramel...

Si la nuit est limpide, bientôt au matin elle aura déposé un peu de givre sur les paysages de Franche-Comté.

Vous avez rallumé le chauffage ?

mercredi 14 septembre 2016

Des papillons devant les yeux

Cet été, en Savoie, une chenille a envahi les buis, les a dévoré, les a laissé secs et cassants. De cette chenille naquit un papillon, un joli papillon blanc et beige, qui vit la nuit et qui a gâché les soirées en terrasse de tout le monde.



C'est une variété endémique, exotique, arrivée ici à cause de la mondialisation, transportée dans la soute d'un avion japonais ou dans le bagage à mains d'un homme d'affaire chinois. Une belle histoire, que celle de ce papillon voyageur !

Il n'empêche qu'en France, ce papillon n'a pas de prédateur. Il peut donc pulluler en toute liberté et il ne se gêne pas.

Plus je pense à cette histoire, plus je me dis que l'Homme est un papillon envahisseur, une chenille dévoreuse. Nous mangeons tout ce que nous pouvons, quitte à en être malade, quitte à n'avoir plus rien à manger dans peu de temps. Nous sommes imprévoyants, inconséquents, mus par nos seuls instincts de survie. Et nous n'avons pas de prédateurs...sauf nous-même.

Cela finira mal.


lundi 18 juillet 2016

Organisation Guerre Civile Totale

Tout s'affole au QG de l'organisation. C'est le milieu de la nuit, au siège de l'OGCT : l'Organisation Guerre Civile Totale. On s'agite devant les écrans, dans les bureaux sombres.

Il y a plusieurs sections contradictoires, forcément, mais coordonnées : on travaille donc dans un open space géant. C'est plus simple pour communiquer.

Dans la première tranche, il y a la Collecte d'Informations en Tout Genre. Service capital dans lequel, 24h/24h, un staff qui travaille en 3/8 parcourt internet pour ne rien manquer de l'actualité, pour capter le moindre fait divers pouvant servir un autre service. Cela va du fait divers sanglant au gros événement international - plus c'est sanglant, mieux c'est - qui peut servir, selon les coupables, selon les victimes, à l'un ou l'autre des services. Si c'est un maghrébin ou un noir qui commet le crime, alors on envoie cela directement au service Identité Nationale. Si c'est un noir ou un arabe qui se fait salement dégommer, on dirige vers le service Touche pas à mon pote. Si c'est un homo qu'on assassine, c'est le service Lobby Gay qui prend l'info en charge.

Vous avez compris le système.

Ce soir-là, grosse actualité : attentat sur la plage. Tous les services sont sur le coup.

Identité Nationale ne chôme pas, évidemment. C'est un dénommé "Mohamed" qui a perpétré le crime. Il faut lancer des rumeurs, il faut répondre à des commentaires sur les sites d'actualité, il faut trouver des informations sur le tueur pour aller dans le sens des racistes de tout poil. Entre le journaliste et le troll, pour bosser dans ce service, il faut être réactif et penser toujours à mal. Pas grave si l'on est un peu dans la caricature, au contraire. Toutes les forces sont lancées dans la bataille : le petit service (mais très efficace) Catho extrême, les branches anti-sionnistes du web, pilotées par le service Les Juifs sont partout, les très efficaces complotistes à tendance raciste du service FrançaisRacines.

Cette action ne serait rien si elle n'était pas coordonnée avec celle du service Touche pas à mon pote. Il faut répondre aux commentaires des premiers, s'indigner, lancer des articles de blogs intitulés "Pas d'amalgames", chercher à démontrer que des attentats peuvent être perpétrés par des Blancs aussi, qu'un déséquilibré n'a pas de couleur. Le travail se fait en coordination étroite avec le service Droits de l'Homme et paix sur terre, évidemment.

On découvre assez rapidement que le type ayant commandité le massacre était gay. Une fois l'info balancé par le service de collecte, tous s'en emparent : le Lobby gay, évidemment, qui en profite pour balancer des commentaires sur l'homosexualité refoulée, pire déclencheur de haine contre soi et contre les autres, mais aussi les trois services communautaires des trois grandes religions qui pour une fois sont en accord pour dire que l'homosexualité est le pire des vices et que le diable est bien évidemment derrière tout ça.

Le web est pris d'assaut, on s'invective par commentaires interposés. Twitter est le centre de toutes les batailles. On peut y écrire n'importe quoi. Chaque service dispose de centaines de profils différents pour pouvoir inonder le réseau social de messages de 140 caractères tour à tour haineux, émus, agressifs, sarcastiques, diffamants, homophobes, antisémites, racistes, droit de l'hommiste, désespérés, désespérants, nihilistes, apocalyptiques, éthyliques...

A chaque fois le scénario est renouvelé. On ne cherche qu'à envenimer la situation. A tour de rôle chaque service envoie un comédien, préalablement grimé pour correspondre au cliché qu'il va défendre, dans une petite cabine à fond vert dans laquelle il pourra enregistrer une vidéo très réaliste, et la diffuser sur Périscope ou sur Youtube. Le plus trash possible. Tout ça est hébergé au Kazakstan pour pouvoir tourner sur le net et échapper aux lois du pays.

Revenons à notre attentat. Les premiers à avoir dégainé, ce soir-là, ce furent les politiques de droite et d'extrême droite. Ils ont même été beaucoup plus rapides que les gars de l'OGCT. Quand Guaino sort une phrase comme "Si on avait mis un lance roquette à l'entrée de la Promenade des Anglais, on aurait pu stopper le camion", c'est plus que du pain béni. Le travail est mâché. Il suffit d'enchaîner : les pro, les anti, les ni pour ni contre, bien au contraire. Les polémiques sont faciles à créer.

Certains responsables musulmans appellent à la prudence avant de qualifier le criminel d'islamiste. Ni une, ni deux, les pour, les contre, les autres, tout le monde est sur le pont : islamiste, détraqué, tout le monde s'étripe.

Cette première nuit a été fructueuse : les premières discussions houleuses sur internet vont bon train. Cette fois-ci, même les politiques sont tombés dans le panneau et en rajoutent dans l'indécence. Dans les bureaux, on se sent tout puissant. On en rajoute dans les sites de complot : le criminel aurait été pris vivant. Le maire de la ville aurait posté un tweet prévenant de la catastrophe 6 heures avant le drame. Il n'y avait pas de policier du tout sur la plage ce soir là.

Et puis on cherche les coupables à peu de frais, on pose des questions : n'aurait-on pas dû annuler le 14 juillet ? Comment se fait-il qu'un camion roulait un jour férié ? Finalement, on aurait dû aller au bout de la loi sur la déchéance de nationalité, on aurait pu lui retirer, il était bi-national...Oui, il est mort, et alors ? Tiens, d'ailleurs, il faut rétablir la peine de mort.

On apprend que l'homme était bi national et bi sexuel. Lien de cause à effet ? Tout est bon pour mettre le trouble dans l'esprit d'un maximum de monde.

Et bingo ! Quatre jours plus tard, lors de la minute de silence en hommage aux victimes, les altercations ont éclaté : des personnes influencées par la cellule Identité Nationale tendance Français Racines ont insulté des jeunes très marqués "Pas d'amalgame", issus de la 2e génération d'immigrés nord-africains. Des tas de Démocrates de la branche universaliste ont pleuré en visionnant les images sur Facebook.

Et peu de temps après, ce sont les politiques qui se sont fait huer. Les politiques du gouvernement, dans un premier temps. Minute de silence, dignité, recueillement, puis sifflets et insultes. Il est vrai que certains, très influencés par les groupes Facebook "Président va-t-en !" et "Les Politichiens sont tous des chiens" avaient du slogan de haut niveau tout prêt depuis des mois.

Un journaliste d'Arte, un peu plus curieux que celui de BFM, a essayé d'en savoir un peu plus, auprès des siffleurs : qu'auraient dû faire les politiciens pour empêcher le drame ? Après quelques secondes d'hésitation ballotte, l'interrogé répliqua : "Ben chépas, c'est à eux de faire c'qui faut ! Mais c'qu'est sûr c'est qu'ils l'ont pas fait, c'qui faut ! Et ça, c'est une honte, pis y devraient démissionner, quoi !"

Le journaliste insista : "Sarkozy aurait-il fait mieux ?" A nouveau, un instant d'hésitation béate et puis une réponse d'anthologie : "Ah ben, c'est c'qui dit, en tout cas !"

Finalement, le journaliste d'Arte a revendu l'interview à BFM qui l'a fait tourner en boucle pendant une demi-journée, mais en coupant la dernière réplique du gars d'Arte : "Il ne faut pas oublier que Sarkozy a supprimé 70 500 emplois dans la police, la gendarmerie et l'armée..." Ce n'était pas dans la ligne de BFM...

Il en ressortait donc, après quatre ou cinq jours que tout le monde se méfiait de tout le monde, que les femmes portant un foulard se firent admonester dans la rue, que des personnes ayant gardé un drapeau à leur fenêtre depuis la coupe d'Europe se firent jeter des oeufs et qu'on fit des descentes dans une boîte bisexuelle de Paris pour "casser du PD terroriste".

On était mal...

(À suivre...ou pas. Ce récit ressemble à une théorie du complot. Mais c'est à peu près ce qui s'est passé sans qu'aucune agence n'ait eu besoin de faire le boulot, non ?) 

CC


jeudi 7 juillet 2016

Mais je vais bien...

J'ai des tonnes de petites névroses, comme tout le monde je crois : qui peut dire qu'il est parfaitement sain d'esprit, à part un fou ?

Une photo publiée par @cycee le

J'ai toujours l'impression de souffrir des maladies dont on me parle : légère hypocondrie. La dernière fois, on m'a parlé de ménopause précoce et j'ai tous les symptômes, c'est une évidence. Je ne consulte pas pour autant, parce que je sais que la prochaine fois qu'on me parlera d'une maladie, celle-ci remplacera la précédente. J'ai eu successivement une hépatite B, des cancers pour tous les organes et à chaque petit bobo, je crains la gangrène. Mon médecin me trouve toujours en parfaite santé et je n'ai pas pris deux jours d'arrêt maladie cette année...

J'ai un complexe d'infériorité aussi : je pense toujours que toutes les personnes que je rencontre pour la première fois sont plus belles et plus intelligentes que moi. C'est souvent vrai, mais parfois, on me dit que non. Ce que je ne crois pas tellement...Ce qui m'apporte parfois des déconvenues, mais c'est la vie.

J'ai un complexe de fainéantise, aussi : je fais souvent le double de travail que les autres pour ne pas que ça se remarque. Mon épouse me dit souvent que si on me payait toutes les heures que je fais au boulot, on serait riche...Mais ce complexe me permet aussi de mettre en place des stratégies pour travailler plus vite et plus efficacement.

J'ai une légère parano aussi. J'ai toujours peur de mal faire, de décevoir, de ne pas être polie comme il faut, une sorte de culpabilité, liée à mon sentiment d'infériorité, qui me fait douter en permanence de ce qu'on pense de moi. C'est une chose étrange car dans le fond, peu importe ce qu'on pense de moi. J'ai ma conscience pour moi.

Et je suis bien assez douée pour faire mon autocritique.

La prochaine fois, je ferais bien la liste de mes qualités. Mais je crains que ma modestie maladive m'en empêche...

CC

mardi 5 juillet 2016

Où se niche la fierté...

Une photo publiée par @cycee le

Ce n'est rien, ou pas grand chose, juste quelque chose qui chiffonne, quelque chose qu'on se reproche un peu, une petite faiblesse, un moment de honte vite dilué par la vie. Mais quand même.

C'est un moment dans la conversation où l'on dit un peu vite et sans articuler "mon amie", au lieu de "mon épouse", à une collègue à qui on n'a jamais dit qu'on était lesbienne. Tout simplement parce que la situation ne s'est pas présentée, parce qu'on a la réputation d'être discrète sur sa vie privée, parce que ce n'était pas le sujet, parce qu'on parle finalement rarement de sa sexualité (et c'est tant mieux, la plupart du temps)...

Aujourd'hui, c'est simplement que ce serait tombé comme un cheveu sur la soupe, qu'il aurait fallu expliquer, peut-être, que cela aurait pris du temps, que cela aurait provoqué un malaise, allez savoir...parce que l'instant était à la fête et que l'on ne veut pas peser, soudain, quand l'atmosphère est légère...

Bref, j'ai dit, bien vite, sans m'attarder, en ayant un peu honte "mon amie", à la place de "mon épouse". Et je n'en suis pas fière...

CC

lundi 20 juin 2016

Tristesse

Il est des jours comme aujourd'hui où la vie nous rappelle combien elle est fragile et combien elle peut fuir en un instant.

Il est des jours où l'on se dit que la mort devrait faire plus de discernement, qu'elle ne devrait pas faucher les jeunes mamans alors qu'il y a tellement de vieux cons sur terre.

Ces pensées sont vaines mais on aimerait savoir prier, on aimerait pouvoir se rattacher à une croyance, à l'espoir d'un monde meilleur.

En attendant, il faut vivre avec les vivants, entourer ceux qui restent et qui sont dans la peine.

Toutes nos pensées à Benjamin, Noémie et Coraline. Toutes nos condoléances.

jeudi 19 mai 2016

Abus de confiance

Plus j'avance dans cette étrange absurdité de la vie, plus je me rends à l'évidence que nous ne pouvons nous fier qu'à l'or du soir qui tombe, qu'aux cris des martinets au petit matin et qu'aux marronniers, chaque printemps, qui tendent leur belles grappes coniques vers l'azur, érotiquement, leurs fleurs, comme des phallus fiers vers le ciel.

Nous pouvons faire confiance à la nature, elle a ses colères et ses humeurs, mais elle ne trahit pas, elle ne ment pas.

Les hommes se sont exclus de la nature.




mercredi 4 mai 2016

Bonne réunion, efficace et tout...

Un silence gênant s'est installé dans la petite salle de réunion.

Le rendez-vous était fixé à 14h00. Je suis arrivée la première à 13h59, un peu essoufflée. J'ai toujours peur d'être en retard. J'ai poussé la porte doucement. Je m'attendais à déranger. Je me fais toujours beaucoup d'illusions. Je me suis assise et j'ai sorti mon carnet et un stylo ; j'ai commencé à le faire tourner sur mes doigts.

Perdue dans mes pensée vengeresses "la prochaine fois, je serais vraiment en retard, puisque c'est ça, j'en ai marre, on n'avance pas, déjà que cette réunion..." quand, cinq bonnes minutes plus tard, une deuxième personne est arrivée.

"Salut, ça va ? Je croyais être en retard..." Tu parles !

Cinq minutes passent encore, péniblement. Le frôlement de ma jambe qui s'agite contre mon gré, nerveusement, contre la table, est le seul trouble dans ce silence pesant qui s'est installé.

Soudain, j'attrape mon téléphone et je consulte mon agenda : je me suis trompée de date ? Je me suis trompée de salle ? Je me suis trompée d'heure ? Non.

Il est 14h10. Passez dix minutes avec quelqu'un que vous aimez, cela vous semble si court. Posez dix minutes votre main sur un poêle brûlant, cela vous semble une éternité. Et attendre une réunion dans une salle avec un inconnu...

A 14h15, la dame qui apporte le café fait grincer le chariot dans le couloir. On dirait qu'elle vient de loin et qu'elle avance très lentement, comme prise dans l'épaisseur de la moquette. Le grincement remplit l'espace. Je tapote frénétiquement mon carnet avec mon stylo. Je me promets de ne pas prendre de café.

14h20. Les principaux acteurs de la réunion arrivent enfin, riant fort, avec, déjà, un café à la main. "Tiens, vous êtes déjà là ?".

Pas un mot d'excuse.

"On a pas beaucoup de temps, on doit repartir à 14h45, sans faute. On a une autre réunion à la préfecture. Le préfet n'attend pas. Alors, déjà, un petit tour de table : pas sûr que tout le monde se connaisse."

Raclements de gorge. Finalement, un café, oui, en intraveineuse. Tour de table. Ordre du jour.

"Je vous propose qu'on fasse le planning pour les prochaines réunions...Ah ! Mme Machin, bonjour, non, ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas en retard, on vient juste de commencer, installez-vous !"

Et puis planning. Pendant 20 minutes, on se prend la tête : "Soit on n'aura pas les éléments nécessaires si tôt, soit ce sera trop tard. Et le vendredi, je ne suis pas là. Il nous reste un créneau, de 10 à 12, un jeudi, ça nous va ? Non ? Ah ! Oui ! Ah ! Non ! C'est férié."

On repart, en se serrant la main. Bonne réunion, efficace et tout, comme on en a tant dans l'éducation nationale.

lundi 21 mars 2016

Sous les mots...

J'aime les gens comme j'aime les livres : le mystère qui se cache sous la couverture, lorsqu'on se promène dans une librairie, c'est fascinant.

Avant d'ouvrir un livre, on ne sait pas encore, mais le titre ouvre la porte d'une infinité de possibles : Tu ne t'aimes pas, Le Cul de Judas, Salambo...Tour à tour énigmatiques, étranges, sonores, les titres nous poussent au rêve ou font écho à nos cauchemars. Les titres nous attirent et nous choisissent.

Tant que nous ne les ouvrons pas, ils sont tout ce que nous en imaginons.

Il est rare de pouvoir plonger dans l'âme des gens comme nous pouvons plonger dans un roman. Il est rare de pouvoir s'abandonner à la lecture d'un être : souvent il faut se contenter de la couverture. Certaines personnes sont peut-être comme quelques ouvrages...De belles promesses et des pages sans intérêt, un titre aguicheur choisi par un éditeur pour masquer le creux d'une prose sans imagination. Mais certains nous attirent irrésistiblement, nous avons envie de lire en eux, à livre ouvert...

J'aime passer du temps à la librairie, à rêver sur les couvertures. J'aime essayer de deviner les mondes qui se dissimulent dans les pages que je ne lirai pas...

samedi 12 mars 2016

Quand ceux qui vont...

Est-ce parce que l'hiver se traîne encore un peu ? Ambiance quelque peu mortifère en ce moment. La vie qui vient, la vie qui s'en va...et nous restons, pour pleurer.

Je pense à vous, à ceux qui s'en sont allés dans la blonde lumière...Je pense à mon père, comme tous les jours depuis 3 ans et demi...Il y a plus de 3 ans, déjà...




Chaque jour, je me dis qu'il faut que je garde de lui le meilleur : sa force, son optimisme, sa volonté de toujours apprendre, toujours faire les choses pour un intérêt commun, toujours faire preuve de sincérité, de vérité, toujours rester intègre à ce qu'on est, fier de ce qu'on est et d'où l'on vient. 

Ambiance mortifère, mais le soleil revient...Le jour se lève encore....




mardi 16 février 2016

Thérèse Clerc

Image : +Yagg 
C'était pour moi une femme inspirante. Une de ces femmes fortes, à poigne, sûrement pas une marrante dans la vie de tous les jours, sans doute une sacrée chieuse, même. J'adore les chieuses.

Elle était une féministe en acte. Elle le racontait dans le film "Les Invisibles" dont j'ai déjà parlé de nombreuses fois sur ce blog : dans les années 60, elle pratiquait des avortements clandestins dans sa cuisine, pour aider ces femmes qui étaient enceintes encore et encore et qui passaient leur vie dans les couches. Elle a d'ailleurs commencé sa vie prise dans le carcan classique de la femme mariée. Et puis elle a réalisé que son existence ne pouvait pas se résumer aux biberons et à la cuisine.

Mai 68 l'a libérée, elle a dû se mettre à faire les marchés parce qu'elle a divorcé et qu'elle a découvert l'amour lesbien. Sa vie a commencé. Mais elle racontait ça mieux que moi...

Et puis, quand l'âge est venu, elle s'est occupée de sa vieille mère et s'est rendu compte que la vie des femmes était souvent jalonnée par les couches : celles des gosses, puis celles des vieux. Elle n'a pas voulu imposer ça à ses enfants. Elle a créé la maison Babayaga...Une maison pour les femmes, auto-gérée, solidaire, écologique...

Elle a aussi crée la première Université populaire traitant des savoirs sur la vieillesse. Elle a été combative jusqu'au bout.

Toutes mes condoléances à ses proches...Et que ses combats ne meurent pas : ils sont d'actualité pour bien longtemps encore, hélas...

mercredi 10 février 2016

Vivement les vacances

La période scolaire qui se termine cette semaine a été courte mais intense. J'ai eu l'impression de passer mon temps à corriger des copies. C'est le gros du deuxième trimestre qui vient de s'écouler. Autant dire la vraie année scolaire. Car le premier trimestre est une mise en jambe et le troisième n'existe pas. Nous courrons après le temps. Je crois que nous avons l'année scolaire la plus concentrée, la plus dense d'Europe. Nous avons aussi les enseignants les moins bien payés et presque les résultats les plus médiocres. Mais les lobbys du tourisme sont heureux du nouveau découpage des académies.

Tout va bien.


mardi 19 janvier 2016

Carol...et moi.

Si j'avais vécu dans les années 50, j'aurais été une paysanne savoyarde. Je ne me serais probablement pas mariée.

Ou bien, comme j'étais une frêle adolescente, à la santé fragile, comme je n'étais pas très forte à l'école, comme j'aurais sans doute peiné à avoir le certificat d'étude, j'aurais peut-être été placée à la ville, pour être...je ne sais pas...cuisinière, dans une famille bourgeoise. J'aime bien cuisiner.

A la ville...les villes savoyardes ne sont pas très grandes. Les villes où l'on peut se perdre dans la foule...il faut aller plus loin. Il faut aller au moins à Lyon. Est-ce que dans les années cinquante, j'aurais pu vivre à Lyon ? Je ne sais pas.

Non. Tout cela, c'est déjà de la romance.

Je ne me serais sans doute pas éloignée de beaucoup de la ferme familiale.

Comme aujourd'hui, moi qui vous parle, j'ai eu très tôt conscience que j'étais lesbienne, il en aurait probablement été de même dans les années cinquante. Je n'ai pas eu besoin d'un modèle. J'ai su, avant même de savoir que l'homosexualité existait, que je n'étais pas attirée par les garçons et qu'il m'était naturel de lorgner sur mes copines. C'est à peu près en même temps que j'ai eu conscience que c'était mal.

Bref. Si cela avait été pareil en 1950, j'aurais été malheureuse, je pense. Enfin qui sait...? J'aurais peut-être eu la volonté de m'affirmer. Mais je repense à ma famille. Du côté de ma mère. Son père avait 7 ou 8 frères et soeurs. Ils étaient deux à s'être mariés. La fratrie, statistiquement, devaient bien comporter un ou une homo. Cette tante, dont la chanson préférée était "N'avoue jamais" ? Cet oncle qui a fini alcoolique ? Je ne sais pas.

Tout ça pour dire que j'ai beaucoup aimé le film Carol de Todd Haynes. C'est une histoire d'amour entre deux femmes dans le New York des années cinquante. New York, ce n'est pas la campagne savoyarde. Mais évidemment, je suis une midinette et je m'identifie. Les romances lesbiennes sont rares. Les actrices sont brillantes : Cate Blanchett et Rooney Mara ont interprété avec justesse les regards, les non-dits, les interdits à braver. Elles sont habillées comme l'était ma grand-mère, celle qui a vécu à Paris : jupe en dessous du genoux, tellement élégante, rouge à lèvres impeccable, manteau trois quarts...L'expression même de la féminité.

Même s'il est idiot de vouloir transposer ce récit à notre monde, à 2016, ce film me parle. Il évoque quand même la difficulté de se dire, à soi-même d'abord, puis de dire aux autres, que l'on est homosexuelle. Même en 2016.

dimanche 17 janvier 2016

Rêve d'écriture

Je ne suis pas au top de ma forme en ce moment. Je suis nerveuse, fatiguée, j'ai un peu mal partout. Rien de grave, un peu de surmenage, les soucis, le travail, la mairie...Rien de grave, je vous dis.

Mais il y a aussi que j'ai arrêté ma thérapie. Je n'écris presque pas. C'est mal. Je dirais même que c'est beaucoup plus grave qu'un peu de stress. C'est comme si un cardiaque arrêtait de prendre ses anti-coagulants.

Le soir, avant de trouver le sommeil - j'ai toujours du mal à trouver le sommeil, légère insomnie - je m'écris pourtant des romans dans la tête. Avez-vous remarqué combien nos pensées sont claires, le soir avant de s'endormir ? Combien nous avons d'idées géniales ?

Les phrases de mes romans sont ciselées. Elles sonnent dans mon cerveau comateux comme dans le "gueuloir" de Flaubert. Elles sont harmonieuses et percutantes.

Les histoires que j'ébauche sont belles, originales, inédites. Forcément.

Dans ces moments-là, je suis digne du prix Nobel de littérature. Et puis mes propres contes alourdissent mes paupières et me saoulent très vite. Je tombe finalement endormie.

Mes histoires sont assommantes, mes phrases pompeuses, longues, ennuyeuses.

Mais je me dis quand même qu'il faut que je reprenne un peu le clavier et que j'essaie d'écrire : ça me soigne - le sommeil, c'est important pour la santé -, ça me permet de m'évader - c'est quand on dort que l'on rêve le mieux -...

 CC

mardi 12 janvier 2016

Journée ordinaire



 J'ai écrit 10 000 mails, des pros, des mairies, des perso. J'ai fait le plein, je suis passée au 8e échelon au grand choix. J'ai rangé la maison pour que l'aspirateur puisse passer tout seul, sans se prendre dans une chaussette. J'ai rempli le cahier de texte de mes classes, préparé mes cours, corrigé les rapports de stage, relu la revue municipale, j'ai veillé à ne pas mélanger les deux, j'ai participé une réunion, j'ai donné des cours, j'ai fait une soupe. Elle était bonne, cette soupe : un oignon, deux carottes, quatre patates, de la salade, du persil et même quelques feuilles de basilic. Et j'ai ajouté quelques graines de coriandre.

Et puis je me suis écroulée sur le canapé. J'ai envoyé encore quelques mails et j'avais encore un cours à finir de préparer. Mais je n'ai pas eu le courage. Alors j'ai mis un casque sur mes oreilles et j'ai lancé des chansons d'Elvis Presley. Quand j'écoute le king, c'est que je suis fatiguée. Au bord de la migraine. Sa voix soigne la migraine. Si, je vous jure !

J'ai éternué trois fois. Mauvais signe.

J'ai perdu le feu, j'ai perdu la foi. Je ne suis pas faite pour ça, je pense sérieusement à la reconversion : ermite, gardienne de phare, bergère en alpage.

Loin, seule, libre.

Allez...Demain, ça ira mieux...