mercredi 16 décembre 2015

Blue Christmas...




Quand tu te retrouves, après une longue journée au collège, au milieu des allées d'un supermarché achalandé pour Noël, jouets, peluches, guirlandes et tête de gondoles chargées de jeux vidéos, et qu'une petite voix perfide, au fond de toi, te murmure "Tu te sens mal, hein...Mais pourquoi tu te sens si mal, dis-moi ?" et que sans même avoir à y réfléchir tu te réponds à toi-même "Peut-être parce que tu n'as pas d'enfants..." alors tu sais que tu que tu es très fatiguée...à la limite de la déprime hivernale, même.

No comment.

dimanche 22 novembre 2015

"Grammar Nazis*", mes amis...

Certes, j'ai déjà parlé de mon rapport troublé à l'orthographe...C'était ici-même, sur ce blog, le jour où je décidai d'y écrire pour la première fois. C'est dire si le sujet me tient à coeur.

Evidemment, je suis professeur de lettres modernes et je suis donc forcée de ne pas faire de fautes. Jamais - mais je ne suis pas un robot.

La faute, c'est la honte. C'est pire que la honte, même : c'est un marqueur social. La faute est le fer rouge de notre condition, de la force ou de la faiblesse de notre intégration. 

C'est ce que je tente d'expliquer à mes élèves : les fautes d'orthographe ou l'utilisation fautive du subjonctif, voilà ce qui vous classe tout de suite dans la catégorie des ploucs, des sans éducation, des pauvres. Je ne le dis pas avec ces mots...Mais c'est pourtant cela.

Cependant, mon point de vue c'est qu'en toute chose, l'excès est mauvais. La stigmatisation par l'orthographe n'a rien d'innocent et vient souvent de gens qui ont un petit complexe avec le sujet. Je le sais bien et si vous lisez le texte que j'ai mis en lien, vous comprendrez peut-être pourquoi.

Et puis je ne sais plus qui - Napoléon, peut-être - a dit que l'orthographe est la science des ânes. Il est vrai que tout le monde avec un peu de temps et d'application peut facilement corriger son orthographe.

Il est vrai aussi que c'est le début de la structuration de l'esprit et que c'est la marque d'une compréhension fine du sens, de l'origine de la langue et de la pensée. C'est aussi une politesse et  une attention particulière portée à celui qui lit.

Malgré cela, n'en faisons pas une maladie.

* Grammar Nazi est une expression née sur le net dans les années 2000. Elle désigne les internautes parcourant les sites de presse, notamment, pour corriger les fautes d'orthographe, via des commentaires souvent mouillés d'acide.  Si l'expression, à ses débuts étaient celles des victimes de ces correcteurs anonymes, très vite, eux-mêmes ont repris ces mots à leur compte, de manière ironique.

jeudi 19 novembre 2015

Cyclothymie passagère

La sidération. C'est tout.

Voilà des jours - nous sommes déjà le 19 et ça s'est passé le 13 -, le temps passe tellement vite et si lentement. J'ai l'impression idiote que le temps s'est arrêté : j'ai pourtant enchaîné les réunions et les heures de cours, j'ai couru à la mairie, j'ai même fait les courses et corrigé quelques copies. Mais à vrai dire, j'ai surtout lu des tas d'articles, des tas de commentaires, des milliers de post sur Facebook, des tweets à n'en plus finir.

Il faut chercher à comprendre : qui sont ces gamins qui décident de tuer des femmes et des hommes et qui se donnent la mort ensuite ? Les photos que l'ont voit désormais sur internet montrent des visages d'anges mal rasés. Comme si ces gamins voulaient paraître plus vieux que leur âge, comme s'ils voulaient se viriliser.

Je suis tellement choquée que je n'arrive pas à penser.

Tout se mélange : ces têtes d'ange mal rasées, les frappes en Syrie, les jeunes qui me ressemblent tellement et qui ont été fauchés pendant un concert de rock ou à la terrasse d'un resto, un vendredi soir. Les larmes qui coulent à chaque nouveau témoignage, ce texte d'un journaliste du Monde qu'on a affiché en salle des profs et qui dit "Vous n'aurez pas ma haine...", l'envie soudaine de boire des coups en terrasse, même s'il commence à faire froid par ici, l'envie de vivre encore plus intensément...

Tout se mélange : j'oscille entre la rage de remplir ma vie de rires, de partages, de culture, de mots, de gens que j'aime, de bonnes choses à manger, à boire, à fêter, et une grande dépression qui me cloue sur mon canapé devant des images de mort et de désolation, devant ces interminables textes d'analyse sur Daesh et sur la radicalisation et sur les armes lourdes qu'on retrouve dans des caves tout près de chez moi et puis ces putains de commentaires puants et haineux sous les articles des journaux en ligne, qui ne manquent pas de mettre tous musulmans dans le même panier...

Splendeur et misère humaine.

La vie nous reprend...Les élèves, les plus jeunes, nous offrent leur joie de vivre, leurs petites querelles habituelles, leurs cahiers de smileys à coller, leur joie de découvrir Ulysse et le cheval de Troie...

Et les troisièmes nous inquiètent, ils ont une vision apocalyptique du monde qui les attend. La liberté n'est pas pour eux, la fraternité a laissé place à un chacun pour soi dramatique...Et quelle égalité peut-on proposer à ces jeunes de banlieue, quand ils ont tellement une gueule de bouc émissaire, à 15 ans, déjà...?






vendredi 30 octobre 2015

J'adore les jeux de mots laids

Aujourd'hui, j'ai fait des photos d'un peuplier qui n'est même pas un peu plié.


Bonsoir !

CC

jeudi 29 octobre 2015

Les différents visages de la France - "Les gens et c'est tout".

On voit rarement les différents visages de la France. On ne voit bien, généralement, que ce qu'on connaît, notre réalité quotidienne. Et on met les gens dans des petites cases mentales...

Je vois la France, durant mes périodes ouvrées, au travers des tours moyennement hautes d'une banlieue dite sensible. Plus précisément, au travers des enfants vivants dans ces tours. C'est le panel de population le plus large que je fréquente.

Je vois donc de la pauvreté sociale et culturelle. Je vois aussi des enfants entre deux cultures, ayant du mal à assumer et tout simplement à comprendre leur identité. Des enfants un peu perdus, reflétant un vrai malaise.

J'ai parfois le malheur de généraliser. Je dis, en rentrant du travail : "Quelle misère ! J'ai des enfants qui n'ont pas autre chose à se mettre qu'un pauvre jogging alors qu'il commence à faire franchement frais le matin ! Sans compter que les trois quarts sont partis de chez eux sans prendre de petit-déjeuner...Si tu voyais l'état de leurs dents...Et 75% d'entre eux sont issus de la très grande pauvreté...Où va-t-on ?"

Je ne dramatise pas. Il y a dans ce quartier où je travaille une vraie misère. Malgré cela, il y a des aides, il y a l'école, il y a des élèves qui reviennent me voir pour me dire qu'ils ont réussi (j'ai fait ma 11e rentrée cette année). Il y a des élèves qui bénéficient des bourses, qui progressent, qui trouvent leur voie. Il y a aussi des gens qui roulent avec des voitures que je ne pourrais pas me payer, des gens qui travaillent en Suisse et qui gagnent bien leur vie, qui font grandir leurs enfants dans un environnement stimulant intellectuellement, profitant des structures culturelles riches du quartier et des villes voisines.

Bref, on peut décrire cette situation longtemps. On peut parler de communautarisme, on peut parler de religion, on peut évoquer le chômage dans l'industrie, les aides de la CAF, celles versées par l'Etat aux entreprises du CAC 40 sans contreparties, on peut se demander si le voile est une mode, si le halal est une menace pour les boucheries traditionnelles...

J'aurais tendance à répondre, un peu étroite d'esprit : "Dans mon quartier...mes élèves..."

Pendant les vacances, cependant, je change de point de vue, je m'expatrie.

Décor champêtre : petit village de moyenne montagne. Taux de chômage inférieur au taux de retraités et petites écoles qui ferment ou qui se jumellent entre elles. Economie du luxe florissante : 3 étoiles au Michelin avec vue sur la belle vallée vallonée du Rhône qui ne désemplit pas, gîtes trois épis avec piscine qui voient défiler les Mercedes...Retraités heureux qui sont toujours entre deux voyages, entre deux repas, entre deux activités récréatives. Pas de grandes richesses, hein, entendons nous. Des petits retraités, classe moyenne, classiques. Mais entre le jardin, la maison construite et payée depuis longtemps, le confort sans les crédits, la vie est douce. Mais il y a aussi une autre misère : il y a ces anciennes camarades de classe qu'on croise à la caisse de la supérette, côté caissière, divorcées, trois enfants, du mal à remplir le frigo et puis les petits vieux, vêtements râpés, vélos hors d'âge, vivant dans des masures infâmes...

On pourrait faire une thèse de sociologie, se demander pourquoi la consommation de produits bio est plus forte ici qu'ailleurs, ainsi que le vote FN, on pourrait analyser l'impact sur la dette de la Sécurité Sociale des check-up réguliers chez les cardiologues, les rhumatologues, les cancérologues, de cette population vieillissante...

Je ne sais pas vraiment où mène ce texte.

Peut-être n'est-il que le reflet de mes réflexions suite à la lecture de ce petit coup de gueule de l'artiste Joan Sfar :

"Cette idée saute aux yeux en ce moment : tous nos politiques, quel que soit leur camp, ont intérêt au communautarisme. L'objectif, quand on est journaliste et qu'on veut ratisser large, quand on se présente à une élection, quand on veut gouverner, l'objectif est le même: on voudrait des citoyens assez prévisibles, avec des "représentants de communautés" plutôt dociles. S'ils sont intégristes, s'ils terrorisent leur famille et leur quartier, ça n'a aucune importance. L'objectif est simple, vendre ses articles au plus grand nombre, faire des voix, régner. ca me saute aux yeux ce matin à la vue de la vidéo où Plenel a du mal à comprendre que certaines françaises de religion musulmane refusent de considérer le voile comme un outil émancipatoire. Je ne veux pas parler à la place des gens mais ça me frappe comme une évidence: aucun citoyen n'a intéret à ce découpage en communautés "prévisibles". je n'ai pas envie qu'on me raconte une France où chaque citoyen de religion musulmane sera a priori considéré comme croyant, pas plus que je n'accepte l'idée qu'un français de religion juive devrait être forcément inconditionnel de la politique israélienne. J'ai passé dix ans à expliquer que les gens qui parlaient au nom des musulmans, au nom des juifs, au nom de tel ou tel groupe, ne faisaient que créer des clans et empoisonnaient notre pays. pendant longtemps je me suis dit "il faut trouver des gens moins cons que les représentants actuels". Je vrille, en ce moment, j'en viens à refuser l'idée même de cette représentation. Dans la France dont je rêve chaque citoyen ne doit demander qu'une chose: qu'on le traite comme les autres et SANS A PRIORI. Les conseils représentatifs des différentes religions ne devraient se préoccuper de RIEN D AUTRE que des temples, du culte, et de ce qu'on y raconte, c'est TOUT. Les politiques devraient s'interdire absolument de spéculer sur la pratique ou l'idéologie de tel ou tel groupe. Il n'y a pas de "grands électeurs" en France et c'est tant mieux. Les gens qui parlent "au nom des musulmans" ou "au nom des juifs" vont finir par mettre ce pays à feu et à sang. Je ne sais pas quoi faire pour qu'en fin on apprenne à dire "les gens" et c'est tout."

CC

mercredi 28 octobre 2015

Un jour...

Un jour, un jour qui n'est peut-être pas si lointain, je sais que je prendrai la décision de m'asseoir devant mon clavier pendant quatre ou cinq heures par jour, pour écrire un roman. Ou une romance. Ou un récit. Avez-vous remarqué qu'aujourd'hui, on ne publie presque plus que des romans ? Mais je parle déjà de publication alors que...

Ecrire, déjà, c'est le but.

J'en finirai avec ces ébauches, avec ces quelques mots avortés en nouvelles, avec ces textes creux qui ne mènent pas loin.

J'écrirai vraiment comme on court un marathon, je tiendrai sur la longueur et je raconterai une vraie histoire, avec de vrais personnages, avec de vraies descriptions.

Mais ce n'est pas encore tout à fait mûr et je ne m'en sens pas la force et le courage. Je prends des notes, j'esquisse, je trace le croquis.

Et je publie parfois quelques uns de ces morceaux de rien, pour me rassurer...ou pas !

CC

mardi 27 octobre 2015

Meeting

C’est une salle de province qui sert habituellement aux bals du samedi soir, aux thés dansant du dimanche après-midi et aux galas de gym du club des Joyeuses du bâton de twirling.

C’est une salle qu’on a plongé dans une pénombre intime pour mieux mettre en valeur la scène repeinte de lumière républicaine. Sur chaque chaise, couleurs assorties, un petit drapeau : bleu, blanc, rouge.

Petit à petit, la salle se remplit : la moyenne d’âge est la même que d’habitude pour les thés dansant. Il y a quelques jeunes, ça et là. Peut-on encore dire jeune quand on a trente cinq ans et qu’on fait de la politique ? Il y a des cravates, il y a des écharpes et des bonnets. La salle n’est pas encore chaude, on se serre la main, on se fait la bise, mais on garde une petite distance avec l’événement et avec le lieu. On n’en parle pas encore. Dans le fond, on vient pour observer, pour se renseigner, mais on ne sait pas à quoi on s’attend…et puis, la politique, les politiques…On garde ce petit cynisme prudent : « Bah ! qu’est-ce qu’on va bien nous raconter, encore… » Faire mine de ne pas y croire, garder son manteau, attendre de voir.

Quand la salle est pleine - elle est toujours pleine, on prévoit des paravents à tirer si on attend moins de monde, mais il y a toujours des gens debout, et s’il y a vraiment peu de monde, on fera des photos serrées…- quand la salle commence à bourdonner, à s’accorder comme un orchestre, on note comme une légère modification de l’ambiance. On n’attend pas le Messie, non, on n’attend même pas Johnny à Bercy. Mais on attend quand même un type qui passe à la télé. Un type qui fait partie du gouvernement. Un de ceux qui ont le pouvoir. Un pouvoir. Une parcelle de pouvoir. En tout cas, plus de pouvoir que nous, que vous, que moi.

Et puis la musique passe du style ascenseur à la musique d’entraînement de Stallone. La politique n’est pas forcément un lieu de finesse musicale. Mais le signe est fort : les lions vont rentrer sur le ring, les boxeurs arrivent dans l’arène. C’est quand le signe est fort, en politique, que tout se joue. Mais trêve de cynisme : quand la salle, unanime, tombe le manteau, se lève de sa chaise, se saisit du drapeau et se met à applaudir comme un seul homme, on est saisi, même si l’on y croit guère.

Et puis les discours commencent. C’est un rituel, c’est une organisation bien réglée : tout d’abord, c’est le joueur local qui parle : le maire ou le conseiller général. Sur son terrain, devant son public d’administrés. Il les connaît presque tous par leur nom. Mais quand même, il est un peu plus suant que d’habitude, un peu plus tendu : il faut assurer la première partie de la star. Vient ensuite le mec au-dessus. Le député, le sénateur. Encore un type d’ici, auquel on serre la main de temps en temps. On l’a entendu cent fois, on connaît déjà un peu ses répliques, on peut dire, au fil des intonations, au gré du rythme et du phrasé, s’il est en forme ou pas, s’il a forcé un peu sur le Pomerol durant le dîner. Enfin, quand la Madame Loyale d’un soir - une dame, forcément, pour introduire tous ces messieurs - annonce le ministre, c’est l’apothéose. On se lève pour l’accueillir. On crie dans les rangs, on est bouillant, ça y est, on a tombé la veste et desserré la cravate, comme entre le digeo et l’orgasme.

Celui qui n’a jamais assisté à un meeting politique ne peut pas comprendre ces instants d’adhésion collective. Peut-être ceux qui vont à la messe. Quand le curé s’entend dire « Et avec votre esprit », peut-être cela se rapproche-t-il du vibrant cri de la foule assemblée autour du ministre qui termine son discours par un glorieux « Vive la République, vive la France ! ». Mais il n’y a plus guère de catholiques, le dimanche dans les églises. Il y a encore quelques citoyens qui croient à la politique…comme en Dieu ? Non. Comme en l’Homme.

lundi 20 juillet 2015

Les après-midis de juillet

Je me rappelle de la longueur, de la lenteur, de la langueur des après-midis d'été, quand j'étais enfant. Je me souviens du Tour de France à la télé, dans le salon aux volets à demi clos, des verres de sirop de menthe, de la cueillette des groseilles à maquereaux dans le jardin, mais seulement en fin de journée, quand le soleil commençait à décliner, mais qu'il était encore assez puissant pour révéler les odeurs d'herbe coupée...

Je me souviens aussi de l'ennui imposé : "Prends donc un livre, il ne faut pas sortir quand il fait si chaud..." Ma grand-mère, mon grand-père aux mots croisés, les chamailleries avec mon frère, les parties de Monopoly avec les cousins du midi en vacances à la montagne. "On va au lac ?"

Je n'aimais pas les vacances. Je n'aimais pas grand-chose je crois. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir mille ans et je crois que je parle d'un temps lointain qui a disparu à tout jamais. Les enfants jouent-ils encore au tarot les après-midis de canicule, dans le frais d'un salon aux persiennes fermées ? Lisent-ils encore des Picsou magazines ou des Astérix vautrés par terre ? Les jeux vidéo ont-ils gagné la bataille marketing de la société de consommation ?

Ma nostalgie me surprend moi-même...

Aujourd'hui, il faudrait déjà prendre le temps. S'arrêter. Tout va trop vite. Hier aussi, sans doute. C'est un âge de la vie. Je suis juste avant la case "senior", il faut profiter. 

Rien ne s'arrête. Même au mois de juillet, il faut courir, même par une chaleur de bête, la peau collée à la chemisette. Il faut traiter les dossiers laissés par les heureux vacanciers qui suent sur un quelconque front de mer. Il y en a quelques uns. Les aoûtiens auront-ils la pluie sur les plages de Normandie ?




mardi 23 juin 2015

Fuite du fluide

(Je hais les journaux intimes, je le rappelle : ce que j'écris là n'est pas la vérité, merci, merci, merci !)




Il ne faudrait pas que les gens pensent que je pense. Il ne faudrait pas que les gens s'imaginent que j'ai de l'imagination. Je ne suis qu'une masse de chaire informe à la recherche du moule qui fera d'elle une pièce mangeable pour le monde qui l'entoure. Je suis malléable, je suis la bonne pâte à modeler, verte, rouge, bleue.

Quand le fluide de l'autre qui pense pour moi m'abandonne, je tombe comme la robe qu'on quitte et je glisse sur le sol, patapouf, bave aux lèvres. Il faut qu'on insuffle en moi l'énergie vitale. Sans ça, mon sang fuit et les nerfs me lâchent. Les fils de la marionnettes sont coupés par une main invisible qui jette du sable dans mes yeux cerclés de noir, qui me fait lentement tomber aux pieds de Morphée. Lamentable, recroquevillée, roulée en boule, le corps cassé, trop froid, trop chaud, brisée...




jeudi 18 juin 2015

Fin d'année

Je vis chaque moment dans l'attente de la prochaine pause. Je vis chaque moment comme une épreuve interminable, minée par la fatigue, minable d'être aussi éprouvée, pire qu'une épave en vérité.

Ecrire

Voilà si longtemps que je n'ai pas écrit qu'il me semble que je suis rouillée.

Il est faux de dire que je n'ai pas écrit : j'ai écrit des cours, des mails, à foison, des comptes-rendus, des projets, des notes, des rapports, des appréciations...

Mais voilà longtemps que je ne me suis pas mise devant une page blanche avec pour seul but l'envie de faire de jolies phrases. Je ne me suis pas assise avec la tête pleine d'idées bouillonnantes sur un sujet passionnant. Cela m'est arrivé, pourtant, par le passé, sur ce blog ou ailleurs. J'ai eu, plus qu'envie même, besoin d'écrire.

J'ai écrit des choses profondes (enfin, aussi profondes que possibles pour mon petit cerveau étroit et rustique), des textes sur l'homosexualité, sur la féminité, sur la maternité...Suis-je vidée de tout ce que j'ai à dire ? Peut-être, après-tout. Il y a plus de tonneaux percés que de tonneaux sans fond. L'ivresse de "l'inspiration" ne peut pas durer toujours et je me sens Danaïdes à vouloir remplir sans cesse une page qui demeure vide.

Je suis entrain de lire un livre de Jeanette Winterson qui, à chaque page, me donne envie d'écrire, pourtant. Mais comment, mais pourquoi ?

A vrai dire, il faudrait que j'écrive sur un autre sujet : pas sur moi. Mais ce sera pour plus tard !

CC