jeudi 19 février 2026

Il n'y a rien - Les Autres - Épisode 17


Peu importe les détails du chemin, quand tout va bien. J’ai dormi, j’ai trouvé dans une maison de quoi faire cuire mon paquet de coquillettes, j’ai reconstitué quelques vivres, un sac à dos… et j’ai avancé à un bon rythme, me donnant parfois du courage avec une lampée de vieux marc qui me brûle la gorge. 

Me voilà aux portes de Lyon, près de l’aéroport qui s’appelait autrefois Saint-Exupéry. Je découvre qu’il est toujours en fonction et qu’il est protégé comme une forteresse. 

J’arrive par le sud. Je suis surprise par l’absence soudaine de haie, de taillis, de cette folle végétation qui a repris le dessus partout ailleurs. Ma machette, soudain m’est inutile. Mais je suis à découvert. Je fais marche arrière, le plus discrètement possible. Dans l’air, des drones, comme une barrière infranchissable. Des miradors aussi, avec des caméras et des hommes en armes. 

L’aéroport est devenu un camp militaire. Ou une prison de haute sécurité. Ou…Je ne sais pas. En tout cas, c’est un lieu hostile et j’ai encore 4 bonnes heures de marche avant de rejoindre le centre de Lyon. 

 Je n’ai plus ma carte et je dois fournir un effort de concentration intense pour visualiser les lieux, pour retrouver la bonne direction, pour de diriger. Je dois aller… 

J’ai encore pris un coup sur la tête. Ou un coup de taser, je ne sais pas. Un drone, peut-être m’a repéré, aux abords de l’aéroport. En tout cas, je me retrouve encore une fois captive de cette bonne vieille copine : l’iA. 

« Bonjour Charlotte. Nous vous avions prévenue : vous ne deviez pas partir. Vous deviez rester avec Nicolas. C’était votre destinée. » 

Et c’est tout. Et je reste attachée, dans un espace sans lumière. Noir. Comment faire pour rallumer les couleurs, cette fois ? Comment m’échapper de là et poursuivre mon but ? La destinée que m’attribue l’iA n’est pas celle que j’ai choisi. Je veux comprendre, je veux aller au bout de mon périple, je veux voir comment la société évolue, comment les autres hommes vivent. 

Je sombre dans le sommeil rapidement. Un sommeil sans rêve, lourd, douloureux, torturé par la faim. Quand j’ouvre les yeux, il n’y a rien. Le sol sous mes doigts s’effrite. Le sol est meuble, humide. Je m’imagine dans une cave, sur de la terre battue. Je n’ai pas d’autres solutions que d’appeler l’iA à ma rescousse, malgré mes réticences.

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