jeudi 25 octobre 2012

Toutes mes confuses

Comme je le disais en préambule de ce blog, je n'aime pas tellement parler de moi. C'est prétentieux, égoïste. Ma petite personne n'intéresse pas grand monde et je n'ai pas l'habitude de m'épancher. Si j'essaie, c'est parce qu'on me dit de parler, de m'exprimer. Que si je reste muette, je finirai par exploser, comme une vieille cocotte minute.

En ce moment, je vis un moment particulier de mon existence. Le besoin de m'exprimer est encore plus pressant, mais je ne suis pas tellement douée avec la parole. Je n'ai pas le verbe facile. Je suis comme ce Rousseau qui n'avait jamais la bonne réplique au bon moment, j'ai peur de dire des âneries, de ne pas parvenir à structurer ma pensée. D'ailleurs, je bégaye, pire qu'un Modiano en interview.

Cependant, si je ne parle pas maintenant, si je ne cherche pas, d'une manière ou d'une autre à me sortir les pensées de la tête, j'ai bien conscience que je vais aller très mal. C'est une question de survie.

Il reste quand même une sensation de culpabilité, à tant parler de moi, de mes soucis d'identité, de mon manque de sommeil, alors que mon père est mort. Elle est bête, cette phrase. Mais le sentiment de culpabilité est là quand même.

Après tout, pourquoi est-ce que je ne parlerais pas de moi ?

Souvent, alors que je passe du temps à écouter d'autres personnes, Amandine me pose la question "Et qui t'écoute, toi ?"

Elle a raison, c'est à mon tour, et il y a des gens prêts à m'écouter...Mais je suis tellement confuse...

CC


6 commentaires:

  1. faut pas. Tu sais qu'en fait quand tu parles de toi aux gens c'est, sauf si ils ont eux mêmes des soucis plus graves, gratifiant pour eux. Une façon de leur dire que tu leur fais confiance, qu'ils servent à quelque chose, que leurs paroles comptent pour toi.
    Après, tout est une question de dosage. Mais là tu vis un processus long et douloureux de deuil et c'est un signe de maturité de reconnaitre que tu as besoin des autres. Depuis la nuit des temps les humains se soutiennent pour s'aider dans les moments difficiles.
    A charge de réciprocité quand tu iras mieux

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    1. Merci, Olympe. Je sais que je peux parler...Mais je suis toujours empêtrée dans une sorte d'éducation psychorigide et judéo-chrétienne faite de culpabilité idiote...Je me soigne...

      :)

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  2. Je suis désolé de t'embêter à chaque fois avec la mort de mon père, mais, à l'époque, il n'y avait pas Internet.

    Par contre, le Coucou est mort il y a 18 mois mais il y avait une relation entre nous que les copains ne pouvaient pas savoir. En gros, j'étais comme un fils pour lui, presque à égalité avec ses autres enfants (je ne suis pas prêt à en dire plus dans un blog, par mail si ça vous intéresse).

    Nos situations ne sont certes pas comparables : le Coucou n'est pas mon père et je n'ai pas eu de "processus long et douloureux de deuil" comme dit Olympe mais, surtout, tous les copains connaissaient le Coucou à travers son blog et étaient naturellement affectés alors que nous ne connaissions pas ton père. Notre tristesse ne va que pour toi, te savoir dans la peine, la tourmente ou que sais-je.

    Toujours est-il qu'il m'était indispensable d'en parler dans mon blog (même si je ne pouvais pas en dire plus) et il me revient encore, occasionnellement, l'envie d'en parler. Tiens ! Quand nous avons fait le machin à propos d'Ebuzzing, j'aurais pu écrire : arrêtez donc de raconter des conneries au sujet de ce machin, je m'en fous réellement, il y a réellement, dans les blogs, autre chose que ça, notamment de l'amitié entre les gens et des peines, des très grosses peines...

    Continue à parler si tu as envie ou besoin de parler. Tu sais qu'il y a quelques copains, comme Olympe ou moi, qui te lisons...

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    1. Merci de ton témoignage, Nicolas. Tu sais que ce n'est pas simple de parler, tu sais aussi qu'on ne peut pas tout dire sur internet...Mais parfois, les commentaires font un bien fou...

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  3. Olympe et le Baron de la Comète ont déjà écrit ce que je souhaitais te dire ... je suis là aussi

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