samedi 17 novembre 2012

Trouble et transgression vs mariage pour tous ?

Tout est permis, nous sommes en démocratie et il y a donc des homos qui sont contre le mariage pour les personnes du même sexe. Il y a aussi beaucoup de gens qui se disent "gay friendly" qui sont contre l'égalité des droits pour les homos.

Pour moi, c'est étrange. L'argument développé, c'est que les homosexuels sont des gens subversifs, sulfureux, créatifs, révolutionnaires et que le modèle petit bourgeois n'est pas pour eux. J'ai même lu cela, sous la plume d'un Renaud Camus très lyrique :
"Le parti de l’In-nocence a trop de considération pour toutes les expressions in-nocentes du désir et de l’attachement au monde sensible ; il éprouve trop de respect pour l’amour des hommes entre eux, des femmes entre elles ; il est trop conscient de la grandeur, de la poésie, du souffle de liberté et de défi qui ont été attachés à travers les siècles à ces passions-là, constamment traduites malgré la répression et la tragédie en de grandes œuvres et de grands bonheur ;"

C'est une vision de l'homosexualité qui m'est étrangère, mais que je peux comprendre : quand on tombe amoureux, on est troublé, on est souvent happé par un sentiment de transgression. Mais est-ce réservé à l'amour homosexuel ? Frédéric Moreau est pris par ces sentiments pour Mme Arnoux, tout autant qu'Aragon pour Aurélien. Cela n'a rien à voir avec l'orientation sexuelle.

Et surtout, cela n'a rien à voir avec l'amour qui dure, qui s'installe, qui se construit, dans la tendresse du quotidien et des rêves partagés et réalisés ensemble. La romance et la passion sont de bien belles choses, mais il se peut aussi que l'on décide de vieillir ensemble. L'égalité des droits devient alors nécessaire, pour la transmission d'un patrimoine commun, par exemple, pour ne pas se retrouver à la rue, jeté d'une maison que l'on aurait pourtant payée aussi, pour des choses bassement matérielles, bien sûr, mais on parle là de vie réelle, pas d'art et de romance.

Je sais qu'une blague lesbienne fameuse dit que ce qu'une lesbienne apporte lors d'un deuxième rendez-vous amoureux, c'est un camion de déménagement, et je suppose qu'il s'agit d'une différence fondamentale entre les gays et les lesbiennes...Du moins, certains gays...

Derrière cela, il y a beaucoup de choses : le trouble et la transgression de l'interdit est pis qu'un alcool fort en amour. C'est grisant. Mais pour l'entretenir, il faut maintenir l'interdit. Il faut donc que les sentiments de peur et de honte soient un peu présents. Il faut que le placard reste fermé...Et il faut renouveler les expériences, les multiplier, pour qu'aucune habitude s'installe...

A mon sens, cela va aussi avec de la souffrance. Et il est évident que pour la création, c'est un terrain fertile. Je peux le comprendre. Mais j'aspire au bonheur, pourtant. Je ne dis pas que je n'ai pas connu tout cela durant l'adolescence et j'avoue même que je me suis complu dans ces sentiments troubles. Mais je ne crois pas que cela puisse durer toute la vie...

Je ne sais pas si ce que je raconte est bien compréhensible...Désolée...

CC

9 commentaires:

  1. Tiens bah pour la peine ,tu as gagné un link dans mon billet.
    Beau billet que celui-ci d'ailleurs!

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  2. Mais la question n'est pas là, si je puis dire ; vous mélangez des choses (pas seulement vous, évidemment) n'ayant à peu près rien à voir entre elles. Toutes les affaires d'égalité des droits, de transmission de patrimoine, etc., qui sont en effet légitimes et nécessaires, peuvent très facilement être réglées par une amélioration ou une extension du Pacs. Le mariage, c'est tout autre chose : l'union d'un homme et d'une femme dans le but d'établir une filiation reconnue et stable.

    Dès lors, il ne peut lus être question d'inégalité des droits, dans la mesure où les homosexuels des deux sexes ont parfaitement le droit de se marier et de faire des enfants avec leur conjoint… à condition que ce conjoint soit du sexe opposé, détail indispensable pour la filiation.

    Quant au “droit à l'enfant” que brandissent certains, c'est une aberration anthropologique, rien de plus. Et, encore une fois, les homosexuels peuvent parfaitement faire des enfants, mais avec une personne de sexe opposé.

    Accorder le droit au mariage aux homosexuels entre eux revient à offrir une paire de patins à roulettes à un enfant cul-de-jatte sous prétexte qu'il y a droit tout comme les autres enfants.

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    1. Ce n'est pas de cela que parle le texte de Renaud Camus...Mais certes, si vous voulez aller sur ce terrain, je vais répondre : je peux très bien faire un enfant avec du sperme et vouloir ensuite élever cet enfant, seule, ou avec qui je veux. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les hommes se font faire des enfants dans le dos, si je puis dire...
      Ce qui est aberrant c'est que celle qui l'élèvera avec moi, qui le nourrira, le vêtira, l'éduquera et le logera autant que moi, ne pourra pas être reconnue légalement si elle doit l'emmener aux urgences, par exemple. Je parle de choses concrètes quand Renaud Camus évoque les arts et les sentiments...

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    2. J'ai dit ailleurs ce que je pensais de ce communiqué de Camus, qui se trouve, là, un peu coincé entre le marteau et l'enclume, tiraillé entre la solidarité qu'il estime devoir à ses “frères” et ce qu'il pense réellement du mariage homo et encore plus de l'adoption.

      Pour revenir aux choses concrètes, comme vous dites, ce qui semble aberrant aux opposants, c'est précisément que vous puissiez élever un enfant avec une autre femme, en faisant “comme si” (comme si elle était un homme, comme si elle était son père, etc.).

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    3. La réalité est souvent différente de l'idéal qu'on espère : celui-là est élevé par une mère seule, cet autre par une un oncle et une tante après la mort de ses parents, ce troisième vit chez son père et sa marâtre un week-end sur deux, ce dernier est en foyer parce que ses parents sont alcooliques et/ou en prison...
      La vie, quoi...

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    4. Arrête de citer Camus, après t'as le vieux qui débarque. Sans compter que je me demande si Camus n'est pas un peu pédé. ;-)

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    5. Oui, je prends des risques ! Pour Camus, c'est bien ce que je dis dans mon article...;)

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